‹ OEuvres complètes de F. de la Mennais (volume 4)Chapitre 44 sur 89 · PRÉFACE. LIX · texte numérisé non relu

PRÉFACE. LIX

France (1). Nous sommes persuadés qu'il y a trente ans l'Espagne étoit le pays de l'Europe où il y en avoit le moins ; ils s'y multiplieront,

(1) Cela est si marqué, qu'en beaucoup de lieux les conseils de département demandent qu'on forme de nouveaux établissemens pour les recevoir. La note suivante , qu'un des plus habiles médecins de Paris à bien voulu nous communiquer , confirme d'une manière frappante ce que nous disons de la folie. Il est si vrai qu'elle consiste à refuser obstinément de reconnoître une autorité supérieure à notre raison individuelle, que le seul moyen de guérir le fou est de le forcer de se soumettre à cette autorité qu'il méconnoît.

« L'insuffisance de tous les moyens tirés de l'hygiène et de la » thérapeutique pour la guérison de la folie , est depuis long-temps » reconnue des médecins. La saignée , les vomitifs , les purgatifs > » les bains , les douches font bien quelquefois cesser des acci- » dens purement physiques qui accompagnent l'aliénation de l'es- » prit et qui troublent la santé corporelle de l'aliéné , ou le ren - » dent plus difficile à contenir. Mais ces remèdes ne produisent i> que bien rarement une amélioration réelle dans les fonctions « de l'intelligence. Aussi les médecins qui s'occupent avec le » plus de succès du traitement de la folie n'emploient-ils ces » sortes de moyens que comme accessoires. Leur moyen princi- » pal est ce qu'ils appellent le traitement moral.

» Ce traitement moral consiste à contraindre le malade, par un » juste mélange de fermeté et de persuasion, à reconnoître l'au- 3) torité, à lui soumettre ses actions, sa volonté et son propre ju- » gement. Lorsque ce dernier point est obtenu, le malade agit et » raisonne comme un autre homme; il est guéri. Les moyens que « l'on emploie pour arriver à ce but, sont de séparer le malade de

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