‹ OEuvres complètes de F. de la Mennais (volume 4)Chapitre 46 sur 89 · PRÉFACE. LXI · texte numérisé non relu

PRÉFACE. LXI

le dernier siècle, qu'il existoit en Italie, proportionnellement à sa population, dix-sept fois moins de fous que dans les contrées protestantes. Ces faits, sous plus d'un rapport , méritent d'être remarqués. Nous sommes loin de nier que la folie ne soit fréquemment produite par des causes particulières , des émotions vives, de profondes douleurs ; mais cela n'empêche pas de reconnoître une cause générale de folie, dont l'action se manifeste uniformément chez tous les peuples , à mesure que cette cause s'y développe , c'est-à-dire à mesure que les esprits s'affranchissent davantage de l'obéissance à l'autorité.

En cherchant par quelles voies l'homme parvient à la connoissance certaine de la vérité , nous avons été conduits à examiner une question peu éclaircie jusqu'à ce jour, et qui a fait naître un grand nombre d'erreurs. On s'est imaginé qu'il existoit des vérités indépendantes de la raison , des vérités senties avant d'être conçues , et qu'à cause de cela l'on nomme vérités de sentiment. On ne pouvoit confondre plus dangereusement des facultés distinctes, et, par

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