‹ OEuvres complètes de F. de la Mennais (volume 4)Chapitre 47 sur 89 · LXII PRÉFACE · texte numérisé non relu

LXII PRÉFACE

une suite nécessaire de leur nature , liées entre elles dans l'ordre inverse de celui qu'on supposoit. Les déistes ont étrangement abusé de ce faux principe : les athées mêmes s'en accommodent ; et ils en ont tiré une espèce de religion où tout entre , excepté Dieu.

Nous montrons que tout sentiment suppose une vérité ou une idée préexistante dans l'entendement : car il faut connoître avant d'aimer ; et l'homme aime naturellement la vérité, qui est le bien des intelligences. Ainsi la foi précède l'amour ; et l'amour n'est que le mouvement de l'âme , qui se porte vers l'objet de sa foi. Le bon croit à la vertu ; il la regarde comme son véritable bien, et il l'aime. Le méchant, qu'elle fatigue, la hait, parce que, dans l'erreur de son esprit offusqué par les passions , elle est à ses yeux un mal. Le bien , pour lui , c'est ce qui flatte ses penchans corrompus ; il croit au plaisir, et cette foi aveugle et déraisonnable détermine un amour désordonné. Chaque croyance, vraie ou fausse, produit ainsi un sentiment analogue ; et si l'on observe chez tous les peuples des sentimens généraux inaltérables

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