PRÉFACE. LXIX
contredisent point; le second, au contraire, suppose le premier , et ils se prêtent une force mutuelle. La vérité n'est pas autre , seulement on connoît plus de vérités; Dieu s'est manifesté davantage.
Tout, dans la société comme dans la religion, nous rappelle à la loi de l'autorité, sans laquelle rien ne subsisteroit, parce qu'il n'y auroit point d'union possible entre les hommes. Ce qui les unit, ce sont les devoirs, l'obéissance de l'esprit, du cœur et des sens, à un même pouvoir. Actifs par leur nature, il faut qu'ils croient pour agir; pour que leurs actions concourent au même but, il faut que leurs croyances soient uniformes ; il faut qu'elles soient vraies, pour conserver l'ordre général et les êtres eux-mêmes, dont le désordre ou la violation des lois naturelles amène infailliblement la destruction. Considérés soit comme êtres physiques, soit comme membres de la société civile et de la société religieuse , il n'est nullement nécessaire que les hommes comprennent les lois auxquelles ils sont assujettis ; mais il est indispensable qu'ils les connoissent avec certitude, et qu'ils y eroienf