LXX PRÉFACE
inébranlablement. La vie de chaque individu^ ainsi que la vie de la société , ne dépend pas du degré de lumière qui fait que Tesprit conçoit plus ou moins la vérité, d'ailleurs certaine, mais de la foi du cœur qui réalise au dehors cette vérité par les œuvres de justice (1). L'autorité légitime, en promulguant les lois, leur imprime par son témoignage le caractère de certitude qui les fait reconnoître par ceux qui doivent y obéir : de ce moment on ne peut plus en douter sans folie , ni les violer sans encourir justement la peine attachée à leur violation; et jamais personne n^ fut admi-^; à justifier sa désobéissance à aucune loi, sous prétexte qu'il ne l'avoit pas comprise. Ni la certitude de la loi , ni l'obligation de s'y soumettre , ne reposent sur notre jugement individuel , sur la clarté avec laquelle notre entendement la conçoit. Cela est vrai dans l'ordre physique, comme dans l'ordre civil et religieux : et les peuples, aussi bien que l'homme , ne vivent que de foi ; ils n'existent que parce qu'ils croient ce qu'ils ne sauroient comprendre.
(0 Cordé enim crédit 11 r ad juslitiam. Ep. ad. Rom. X, 10.