CHAPITRE XV
Conséquences de Vexistence de Dieu par rapport à l'origine et à la certitude de nos connotssances.
En entrant dans l'immense carrière que nous nous proposons de parcourir, l'homme est le premier objet qui a dû fixer nos regards. Placé en tète de la création qu'il domine par sa pensée, nous ne pouvions alors chercher plus haut la lumière. Cependant, chose étrange, tandis que nous l'avons considéré seul, il ne nous a offert que ténèbres et contradictions. Incapable naturellement de parvenir à la certitude, contraint de douter de tout et de lui-même, sa raison l'entraîne invinciblement dans le pyrrhonisme absolu ; de sorte que la plus noble de ses facultés lui seroit une cause de mort , s'il n'existoit en lui je ne sais quel principe énergique de foi qui le conserve , en le forçant de déférer à l'autorité générale, règle immuable de ses croyances, et loi universelle du monde moral , comme l'attraction , ou l'autorité du Créateur agissant par sa volonté sur la matière, est la loi du monde physique.
Or, puisque les êtres intelligens ne sont unis que par cette loi , ne subsistent qu'en vertu de cette loi , donc elle est conforme à leur nature : car il est dans la nature des êtres qu'ils subsistent et qu'ils soient unis ; et
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à cause de leurs rapports réciproques , leur existence même dépend de leur union. Donc toute philosophie qui , au lieu d'étahlir les droits de l'autorité et de recueillir docilement ses décisions , les soumet à la raison individuelle , est contraire à la nature des êtres intelligens, et tend à les détruire en détruisant toute croyance, et en ramenant, si je puis le dire, l'homme intellectuel à cet état de nature où l'on a voulu ramener l'homme social ; état d'isolement , de foiblesse , d'indépendance et de guerre de chacun contre tous , où l'homme physique même ne peut vivre , parce que l'homme moral ne peut ni s'y développer ni s'y conserver.
Et ceci nous explique l'apparente contradiction que nous avons remarquée entre la raison de l'homme qui l'arrête dans le doute , et le penchant irrésistible qui le force de croire. Certes la raison ^ qui est aussi dans la nature , ou plutôt qui est la nature même de l'homme , ne sauroit être naturellement opposée à ce penchant, ne sauroit tendre naturellement à la destruction de l'homme, ou à sa propre destruction; et si néanmoins nous avons observé en elle cette tendance , c'est que , sitôt qu'elle s'isole , elle est dans un état contre nature, et manque d'une condition nécessaire à son existence.
Aussi le développement de la raison, nul dans l'individu séparé dès le premier âge de la société de ses semblables, extrêmement borné dans les sauvages, parmi lesquels on remarque à peine quelques grossiers élémens de société , se proportionne toujours
aux développemens de l'ordre social ; et la raison de l'homme n'est que la raison de la société dont il fait partie , comme la raison de la société n'est que sa civilisation, d'où résulte l'union plus ou moins parfaite de ses membres^ et voilà pourquoi, quand l'homme, rompant cet accord, principe de sa force et de sa vie, veut refaire la société avec sa raison individuelle , tout périt, et la société, et l'homme même.
Et comment s'étonner de cette dépendance mutuelle des esprits, lorsque nous apercevons partout dans l'univers une pareille dépendance , lorsque nous n'y découvrons aucun être qui ne soit en rapport avec les êtres de même espèce et avec tous les êtres , aucun être qui pût vivre seul, et que partout la loi générale de l'autorité , ou de la nécessité , qui est l'autorité des brutes, les conserve en les unissant selon les lois particulières qui dérivent de leur nature ?
Loin donc d'être surpris que notre raison, reléguée en elle-même , n'y trouve qu'incertitude et que doute , nous devons voir dans cette extinction de la vérité et de la vie la suite nécessaire d'un grand désordre , et l'effrayante exécution de la sentence de mort prononcée par la nature contre tout être qui , se flattant d'une totale indépendance, se sépare de la société à laquelle il doit appartenir. Mais rétablissez l'ordre, mettez les intelligences en rapport , la loi de leur existence se manifeste aussitôt : car, pour elles, vivre c'est croire ; et le premier phénomène de la vie inteOectuelle chez tous les peuples, le plus général, le plus constant,
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est la croyance d'un Dieu, cause universelle et dernière raison de tout ce qui est.
Après cela délibérer seulement si l'on croira qu'il existe, tenir en suspens cette haute vérité, s'en faire juge , c'est s*élever au-dessus de toutes les sociétés et de tous les siècles , c'est récuser la raison humaine , au moment même où l'on en appelle au raisonnement.
Dieu est , parce que tous les peuples attestent qu'il est ; Dieu est , parce qu'il n'est pas même possible à l'homme de prononcer qu'il n'est pas , puisqu'en refusant d'y croire sur le témoignage universel , il perd le droit de rien affirmer.
Qu'ils ne nous parlent donc plus d'objections , ces esprits superbes qui ne savent qu'arracher de ses fondemens la raison humaine , pour se faire de ses débris un rempart contre Dieu. Des objections, là où il n'existe pas, je ne dis point de vérité certaine, mais de pensée assurée d'elle-même ! Des objections ! et d'où les tirer oient-ils ! comment les énonceroient-ils ? Les insensés ! à nous seuls appartient la parole , parce que nous possédons la foi : à eux le silence, sous les ruines de leur intelligence écroulée.
Mais si nous sommes parvenus à cette foi sublime , comme nous parvenons à la vie même, par des voies inexplicables, et comme par une puissante nécessité d'être , tout va maintenant s'éclaircir^ et nous découvrirons avec évidence la raison de l'ordre auquel la nature nous forçoit de nous conformer sans le comprendre. Et c'est ici qu'au lieu de prostituer notre
esprit à une solitaire contemplation de lui-même, qui l'énervé et le tue, il faut nous élever à cette haute philosophie qui, unissant ce qu'on ne doit jamais séparer^ la première cause et ses effets. Dieu et Thomme, semble , dans sa simplicité féconde , n'être que l'expansion d'une seule idée.
Quoi que l'orgueil puisse prétendre, nous ne possédons point en nous la lumière (1) : aussi quiconque s'obstine à la trouver en soi tombe aussitôt, comme nous l'avons vu, ou dans un scepticisme désespérant , ou dans les pitoyables rêveries d'une science idiote , qui détruit l'entendement afin de le connoître, et cherche dans la mort la raison de la vie. Plongé dans une vaste ignorance , dont il ne sort que par la foi , l'homme a des sensations, des pensées, et, tandis qu'il se renferme en lui-même, il n'est certain ni de ses sensations, ni de ses pensées; l'homme existe, et il n'est pas certain de son être (2) : c'est qu'il n'en est pas lui-même la cause, et que chercher la certitude de notre existence, c'est en chercher la raison, qui n'est pas en nous. De l'idée d'un être contingent, on ne déduira jamais son existence actuelle ; et tous les êtres finis ensemble ne pourroient , séparés de la première cause, acquérir la certitude rationnelle de leur existence, parce que la vérité est l'être, et que dès lors il n'existe de vérité nécessaire que dans l'être né-
(1) Die quia lu Hbi lumen non es ; Ne dites pas que vous soyez à vous même votre lumière, dit saint Augustin. Serm. 8, de verbis Domini,
(2) Voyez la Défense de l'Essai sur l'Indifférence en matière de Religion,chaL^,lIl klX.
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cessaire. Olez Dieu de l'univers, et l'univers n'est plus qu'une grande illusion, un songe immense, et comme une vague manifestation d'un doute infini.
Mais Dieu connu, tout change ; et l'univers, expliqué par sa volonté et sa toute-puissance , s'attache , pour ainsi dire, à sa cause, et s'affermit sur cette base inébranlable. On aperçoit clairement la raison première de tous les effets et de toutes les existences; et les intelligences créées, remontant à leur source, se rencontrent et se reconnoissent dans l'intelligence éternelle d'où elles sont toutes émanées.
C'est là^ c'est dans le principe même de la vérité et de la vie , que l'homme découvre la raison de la loi générale de l'autorité, fondement de la vie intellectuelle, et l'unique moyen par lequel elle puisse et commencer et se transmettre.
La vie , c'est la vérité , c'est Dieu ; et il n'est pas plus possible de concevoir une intelligence sans vérité qu'une intelligence non pensante, puisqu'on ne pense qu'à ce qui est, ou à ce qui peut être. Pour les créatures intelligentes, vivre, c'est donc participer à l'être de Dieu ou à sa vérité , et elles reçoivent ensemble la vérité et l'être, puisque l'être et la vérité ne sont qu'une même chose ; et si elles pouvoient se donner la vérité, elles se donneroient l'être. Purement passives lorsque la parole les féconde au sein du néant , lorsqu'elle verse en elles leurs premières pensées ou les vérités premières , elles ne peuvent ni les inventer, ni les juger , ni refuser de les recevoir , parce que la
vie , à son origine , est indépendante de la volonté , et qu'il ne sauroit même y avoir de volonté là où il nV a pas encore de vie.
Il existe donc nécessairement, pour toutes les intelligences , un ordre de vérités ou de connoissances primitivement révélées , c'est-à-dire reçues originairement de Dieu comme les conditions de la vie, ou plutôt comme la vie même; et ces vérités de foi sont le fonds immuable de tous les esprits , le lien de leur société, et la raison de leur existence.
Si nous pouvions changer nos idées essentielles, les perdre entièrement, nous en former d'autres, nous changerions notre nature. Aussi l'homme qui a le pouvoir de rapprocher , de combiner les idées ou les vérités qu'il a reçues , et d'en découvrir les rapports, est dans une telle impuissance d'inventer une vérité nouvelle , que le genre humain lui-même , depuis son origine, n'en inventa jamais aucune. Elles sont les mêmes chez tous les peuples , et ne varient que par le degré de leur développement. Les uns voient plus, les autres moins, mais tous voient, tous sans exception , et ne voient que ce qui est partout , que ce qui a été et sera vu perpétuellement par tous les hommes. Dissiper l'ignorance , ce n'est pas créer la lumière , mais abaisser le voile qui la cachoit en partie. Que le soleil brille dans un ciel serein, ou que des nuages le couvrent , c'est toujours lui qui nous éclaire ,• aucune région n'est privée de son heureust' influence; jamais il n'est totalement obscurci. Les ténèbres ne sont que dans l'œil malade , ou qui se
ferme volontairement. Dieu a bien fait toutes choses (1); et le mal, comme l'erreur, ne vient que de la volonté corrompue de la créature, de sa rébellion contre les lois par lesquelles seules elle existe.
De même que la vérité est la vie, l'autorité, ou la raison générale manifestée par le témoignage ou par la parole f est le moyen nécessaire pour parvenir à la connoissance de la vérité, ou à la vie de l'intelligence (2); et Vhomme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu (3) ;
(1) Mare. VII, 37
(2) Les Pères des premiers siècles insistent beaucoup sur ce point, en combattant les philosophes ennemis du christianisme. Ils font voir, avec une grande force, l'impuissance de la raison abandonnée à elle-même, et la nécessité d'une révélation qui est le fondement de nos connoissances, et sans laquelle nous n'aurions pas même l'idée de Dieu. Qu'on écoute Origène : « Nous le disons donc ; oui , la na- » ture humaine ne peut, livrée à elle seule, ni chercher Dieu comme » il faut, ni le trouver. Il faut qu'elle soit aidée dans ses recherches
j) par celui même qui en est l'objet Comme vous, philosophes,
» nous reconnoissons que l'essence de Dieu est ineffable. Comme vous, » nous savons qu'il est difficile aux foibles regards de l'homme de
, » découvrir le Créateur de ce monde qui nous environne. Mais si » nous ne disons pas avec vous que l'on peut former dans son esprit >> ridée de Dieu, des idées de tous les autres objets qui sont la matière » de nos connoissances , et s'approcher en quelque sorte du souve- » rain bien, nous adorons le Verbe de Dieu, qui a dit : Personne ne » peut connoître le Père , si ce n'est le Fiis , et celui à qui le Fils » aura voulu le révéler (Matth. XI, 27). Ainsi, Dieu, selon nous, » ne peut être connu sans un bienfait spécial de Dieu. Sans ce se- » cours surnaturel, nous le disons, et nous le disons sans restriction, » la connoissance de Dieu surpasse infiniment les forces de notre na- » ture ; et non seulement nous ne pouvons arriver à cette connois - » sance parfaite que nous en donne le Verbe, mais nous ne pouvons » pas même trouver dans nos idées rien qui puisse nous en donner la » moindre notion, » Origen. contr. Cels., lib. VI, n. 42 et seq.
(3) Non in solo pane vivit homo, sed in omni verbo quod procedit de ore Dei. Matlh. IV, 4.
donc (le sa vérité, qu'il lui communique en se rendant réellement présent à son esprit, et le nourrissant de sa substance : don prodigieux , véritable sacrifice d'amour, accompli aussi par la parole, et dans lequel nous découvrons l'origine, la base, l'indispensable condition de toute société; et Dieu en effet n'a pu parler à l'homme sans entrer en société avec lui, sans lui révéler son être , car le langage même n'est que l'expression générale de l'être, ou de l'Etre universel ; et l'on ne sauroit parler sans nommer Dieu, puisqu'on ne sauroit parler sans prononcer ou sans concevoir le moi^st; et ce mot merveilleux, le verbe, raison du langage comme le Verbe substantiel est la raison de l'Etre infini, est dans le discours ce que Dieu même est dans l'univers, le fonds dont tout émane (1), le lien qui unit tout, la lumière , la vie, et l'expression propre de la certitude, puisqu'il n'y a même pas d'autre affirmation.
Ainsi l'homme n'a pu exister comme être intelligent, n'a pu parler sans connoître Dieu, et ne l'a pu connoître que par la parole. Donc il est impossible que la parole soit une invention de l'homme (2). Et
(1) Les païens mêmes l'ont remarqué. «Tant que le verbe ne paroît » pas dans la phrase , l'homme ne parle pas ; il bruit. » Plutarque, Questions platoniques, ch. IX; trad. d'Amyot.
(2) C'est le sentiment de Platon ; et il est aisé de voir qu'il l'avoit puisé dans les traditions anciennes, dont généralement il s'écarloit moins que les autres philosophes grecs. « La puissance qui a im- » posé les premiers noms, dit-il, est au-dessus de la puissance hu-
» maine Les dieux ont imposé les premiers noms, et c'est ce
» qui fait qu'ils sont véritables. » Mst'Çw nvà Sôva/iiv sfvai >j avôpfo-
TZSLOC-J Tïjy 6siXS)>Y}V roc Ttp&TOC Ôv6fJ.KTCX. tOÏÇ 7lp(X.y/J,CC7tV.... Ozt TOC TZp&TOC
èyôfio.7ocoi(S)eoi è'ds'jocv xoù âioc tocutoc Spd&ç é'xei. Plat, in Cratyl. Les
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si l'on en veut une autre preuve puisée dans sa nature particulière , qu'on observe qu'attendu la liaison intime des deux substances, la pensée, comme toutes les autres opérations bumaines, a ses organes propres; en sorte qu'à cbaque pensée correspond une certaine modification du cerveau , par conséquent quelque chose de sensible , tel que la parole, qui, soit orale, soit écrite, a rapport à plusieurs de nos sens. Une idée donc sans expression seroit une idée qui ne formeroit point de trace dans le cerveau, qui n'afFecteroit point l'organe de la pensée ; ce qui est contradictoire. Nous nous représentons les objets sensibles, à l'aide de leurs images; les mots sont les images des idées.
Donc, par une suite de sa nature , l'homme, être corporel et intelligent, ne peut pas plus penser sans mots que voir sans lumière (1); donc il n'a pu inventer la
langues n'ont pu être inventées progre ssivement , et , pour ainsi dire, pièce à pièce. Toutes les parties essentielles du discours ont dû exister simultanément ; sans quoi ces langues incomplètes n'auroient pu être parlées, ni par conséquent perfectionnées. Aussi les plus anciennes langues connues ne sont-elles nullement inférieures à celles qui se sont formées depuis. Il nous semble même difficile de n'y pas reconnoître une véritable supériorité. Aucun idiome moderne, ni le latin, ni le grec même ne sauroit être comparé à l'hébreu , la plus concise des langues, et la plus féconde comme la plus claire dans la concision. Quel nombre prodigieux de combinaisons ne suppose point le seul mécanisme des élémens nécessaires du langage ! Or, avant de les combiner , il failoit qu'ils existassent, il falloit qu'ils fussent inventés ; et comment les auroit-on jamais inventés, si l'on ri'avoit pas auparavant aperçu les rapports ou les combinaisons par lesquelles seules ils deviennent l'expression de la pensée ? Aussi Rousseau avoue-t-il que la parole lui paraît avoir été bien nécessaire pour inventer la parole. Au fond l'inventeur du langage auroit inventé la raison humaine.
(1) Sur l'impossibilité que l'homme ait inventé le langage , voyez
parole , puisque cette invention suppose des idées préexistantes , et le besoin^ et même le moyen de les communiquer. Donc il a fallu qu'il reçût à la fois les idées et les mots; car les mots, étant d'institution arbitraire, ne réveillent nécessairement par eux-mêmes aucune idée , comme cela se voit tous les jours de peuple à peuple par la diversité des langues.
Ainsi la pensée, la parole, ont été révélées simultanément; et comme toutes vérités sont en Dieu, qui les connoît ou se connoît lui-même , par sa pensée , son intelligence, dont la parole substantielle, le Verbe , est l'éternelle manifestation , la parole extérieure n'est que le moyen dont se sert la parole divine, ou la vérité essentielle, pour se communiquer à notre intelligence , au degré qu'il lui plaît ; et soit que nous remontions à l'origine de la race humaine , soit que nous en considérions à part chaque individu , la parole, le Verbe est véritablement, et en tous sens , la lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde (1 )^ et ce souffle de vie qui anime son intelligence (2).
Mais, pour mettre en sa pleine évidence la grande loi de l'autorité, et la réduire à un fait palpable, qui doute que l'homme ait reçu, au moment où il sortit des mains du Créateur, tout ce qui lui étoit nécessaire pour se conserver et se perpétuer comme être intelli-
l'excellente dissertation de M. de Bonald : Recherches philosophiques, etc., tom. I.
(1) Eratlux vera, quae illuminât oranem hominem venientem in hune mundum. Joan. 1,9.
(2) Et inspiravit in faciem ejus spiraculum vitae, et factus est homo in animam viventera. Gen. 11,7.