TOME
178 ESSAI SUR l'indifférence
On luiavoit dit, Examinez; et nulle doctrine ne résistoit à cet examen. On marchoit rapidement dans une route couverte de débris pour arriver à la dernière ruine, celle de Dieu même. La Réforme alors s'effraya des conséquences de ses maximes , et l'on vit ses chefs enseigner que la discussion n'est nécessaire ni à ceux qui sont déjà dans l'Eglise, ni à ceux qui veulent y entrer ; et quûs ne peuvent la conseiller ni aux uns ni auxautres (1). Jurieu ajoute même en termes formels, qu'un simple nen est pas capable (2); et encore plus expressément : Celte voie de trouver la vérité n est pas celle de V examen ; car je suppose avec M. Nicole quelle est absurde , impossible y ridicule y et quelle surpasse entièrement la portée des simples (3).
On retrouve le même aveu dans un grand nombre àe théologiens protestans. Nous ne citerons que le docteur Balguy, archidiacre de Winchester, et l'un des écrivains les plus distingués que l'Eglise anglicane ait produits dans ces derniers temps, (c Les opinions » du peuple , dit-il , sont et doivent être fondées sur » l'autorité plus que sur la raison. Les parens, les » maîtres, les supérieurs déterminent, en grande » partie, ce qu'il doit croire et ce qu'il doit prati- » quer. Les mêmes doctrines enseignées uniformé- )) ment, les mêmes rites constamment observés, font » une telle impression sur son esprit, qu'il hésite aussi » peu à admettre les articles de sa foi, qu'à recevoir
(1) Le vrai Syst. de l'Église , lib. II, chap. xxii, pag. 401 , 403 et