PAR M. GENOUDE
La religion fut d'abord toute la philosophie des chrétiens , comme elle avoit été la philosophie des Hébreux. Parmi les premiers peuples aucun ne sentit le besoin d'une philosophie pour découvrir les vérités nécessaires, qui étoient toutes renfermées dans les traditions qui remontoient à Dieu même. Ils n'en appelèrent ni au témoignage des sens, ni au sens intime, ni au raisonnement, de ce qu'ils dévoient croire. Nos pères nous ont dû, parce que nos pères ont reçu la vérité de Dieu même ; voilà sur quel fondement reposa d'abord la vérité. Les traditions furent ensuite altérées par l'orgueil et par les passions. Alors parurent les systèmes des philosophes. Quand le christianisme eut converti le monde, et même les philosophes, ceux-ci voulurent retenir leurs vains systèmes, et les concilier avec la religion. Bientôt mille sectes déchirèrent l'Église. L'invasion des Barbares arrêta ce mouvement inquiet des esprits. Durant plusieurs siècles les peuples
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se reposèrent dans la foi : on croyoit alors à l'existence de Dieu, à la création de la matière , à Tunion de l'âme et du corps dans l'homme , à la distinction du juste et de l'injuste, aux peines et aux récompenses de l'autre vie , non parce que la philosophie démontroit ces vérités , mais parce qu'elles faisoient partie de la religion. On ne cherchoit pas alors si c'étoit sur le sens intime ou sur le raisonnement qu'on doit appuyer ces vérités ; on se contentoit de la religion comme de la règle infaillible de vérité : car la religion est la raison de Dieu même , transmise à chaque homme par la tradition. A la renaissance des lettres, l'orgueil, sous le nom de science , enivra quelques esprits foibles : on se prosterna devant Aristote, et on sépara la philosophie de la religion; on crut à certaines vérirités, qu'on appela philosophiques, parce qu'on les jugeoit évidentes , et on crut les autres parce qu'elles étoient enseignées par l'Église. L'esprit humain ne s'arrête jamais dans l'erreur, et bientôt une grande scission eut lieu dans l'Eglise chrétienne. Des hommes parurent qui affirmèrent que, même dans la religion, il ne falloit rien croire d'après l'autorité , mais qu'on ne devoit se soumettre qu'à ce qui paroissoit évident dans l'Écriture et la tradition. On se défend difficilement d'une erreur fort répandue et qui flatte notre orgueil. Descartes, qui attaqua la philosophie d' Aristote, établit le doute universel. Toutes les tradi-. tions furent rejetées par ce nouveau philosophe , qui disoit que, pour bien connoître, il ne falloit 'pas chercher ce qu'on moit écrit ou pensé a/cant nous, mais savoir
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s^en tenir à ce qu'on reconnoïssoit soi-même pour évi^ dent. Il fit donc reposer toute la philosophie sur le sens intime , sur l'évidence , et commença ainsi la science de l'idéologie. « C'est Descartes , dit Thomas dans » son Eloge, qui créa cette logique intérieure de » l'âme par laquelle l'entendement se rend compte » à lui-même de toutes ses idées. » Descartes isola donc l'homme des traditions, et détruisit ainsi l'homme social dans le fond de son être, dans son intelligence : et quand il sort de son doute universel pour nous dire : Puisque je doute, je pense; puisque je pense, j'existe; il franchit un ahîme immense, et pose au miheu des airs ( suivant les expressions de l'auteur de V Essai) la première pierre de l'édifice qu'il entreprend d'élever. Le principe de sa philosophie, de ne regarder comme vrai que ce qui est évident^, n'en conserve pas moins tout son danger. Ce que dit Thomas pour prévenir l'accusation de témérité dans la philosophie de Descartes est fort remarquable , et fait voir qu'il sentoit très bien la contradiction que Descartes établissoit entre la philosophie et la religion. (( Il n'est pas nécessaire d'avertir que le doute philo- » sophique de Descartes ne s'étendit jamais aux vé- » rites révélées ; il les regardoit comme d'un ordre » trop supérieur à la raison pour vouloir les y assu- » jettir. On voit partout dans ses ouvrages qu'il dis- » tinguoit le philosophe du chrétien, et que, s'il par- » loit avec audace sur tous les objets de la raison , il » ne parloit qu'avec soumission s^ir tous les objets de » la foi. »
Certes l'existence des corps, runion de l'esprit et de la matière , l'existence de Dieu même, objets de la philosophie , sont aussi des vérités d'un ordre supérieur à la raison, et on vit bientôt les effets funestes d'un système qui les abandonnoit au doute. Le scepticisme remplaça la foi. Descartes va jusqu'à dire que l'homme a inventé sa pensée et la pensée de l'infini ; à peu près comme ceux qui prétendent que l'homme a inventé sa parole et le verbe , moyen universel du langage. La pensée et la parole sont intimement liées, elles se développent l'une à l'aide de l'autre, et ces biens sont, comme la vie, une tradition, un héritage. Locke, venu après Descartes, voulut trouver dans les sens les principes de nos idées , que Descartes avoit fait naître d'elles-mêmes et du doute. Rousseau prétendit qu'elles étoient gravées dans les cœurs, et que la conscience étoit la règle de la vérité. Kant nia la raison même, et affirma que nous ne pouvons être sûrs de rien, pas même de l'existence des corps ; car qui nous dit que l'espace et la durée ne sont pas des formes de notre entendement , et que nous ne voyons lés objets hors de nous étendus et successifs à cause de la forme de notre intelligence, comme nous voyons avec des verres rouges les objets rouges, quoiqu'ils ne le soient pas réellement? Les sens, le raisonnement, le sentiment, sont donc des bases de philosophie tour à tour ruinées par des philosophes. Qu'on nous montre en philosophie un éiaUissementy pour parler le langage de Leibnitz, ou une vérité reconnue. Toutes les philosophies jusqu'ici n'ont donc abouti qu'au scepticisme.
M. de La Mennais, en attaquant l'indifférence en matière de religion , a dû rechercher d'où venoit ce mal , et en indiquer le remède ; et nous croyons que sa philosophie, qui n'est rien moins que nouvelle , est la philosophie du hon sens. La première question qu'il a dû se faire , pour montrer aux hommes qu'ils dévoient rechercher la vérité , est celle-ci : Y a-t-il un moyeu de s'assurer des vérités nécessaires? La réponse n'est pas douteuse , puisque le genre humain vit de foi à ces vérités , malgré les variations perpétuelles de la philosophie et l'incertitude de ses systèmes. Pendant que les philosophes arrivent au scepticisme et doivent douter de tout, tous les hommes « croient » invinciblement mille et mille vérités , qui sont le )) lien de la société et le fondement de la vie hu- » maine. » Pourquoi ce résultat si différent? Parce que les uns demandent à leur raison de leur démontrer toutes les vérités , pendant que les autres admettent comme vrai ce que l'universalité des hommes a reconnu pour tel. M. de La Mennais constate des faits dont l'ensemble constitue le seul système qui conduise à la vérité. Après avoir montré admirablement que ce n'est pas dans les sens que nous pouvons trouver le fondement de la certitude , puisqu'il n'existe aucun rapport nécessaire entre nos sensations et la réalité des choses ; ni dans le sentiment , qui se laisse emporter par l'erreur comme par la vérité ; ni dans le raisonnement , avec lequel les philosophes ont tout nié et tout affirmé ; M. de La Mennais parle ainsi :
« Mais, quoi ! perdant toute espérance , nous pion-
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» gerons-nous , les yeux fermés , dans les muettes » profondeurs d'un scepticisme universel? Douterons- » nous si nous pensons , si nous sentons , si nous » sommes? La nature ne le permet pas ; elle nous » force de croire lors même que notre raison n'est » pas convaincue. La certitude absolue et le doute ab- » solu nous sont également interdits. Le scepticisme » complet seroit l'extinction de l'intelligence et la » mort totale de l'homme. Or il ne lui est pas donné » de s'anéantir. Il y a en lui quelque chose qui résiste » invinciblement à la destruction , je ne sais quelle foi » vitale, insurmontable à sa volonté même. Qu'il le » veuille ou non , il faut qu'il croie , parce qu'il faut » qu'il agisse, parce qu'il faut qu'il se conserve. La » raison, s'il n'écoutoit qu'elle, ne lui apprenant » qu'à douter de tout et d'elle-même , le réduiroit à » un état d'inaction absolue ; il périroit avant d'avoir » pu seulement se prouver à lui-même qu'il existe. » Ainsi l'homme est dans l'impuissance naturelle de » démontrer pleinement aucune vérité , et dans une » égale impuissance de refuser d'admettre certaines » vérités. Bien plus, les vérités que la nature le con- » traint d'admettre avec le plus d'empire sont celles » dont il a le moins de preuves : tels sont tous les » principes qu'on appelle évidens ; on les reconnoît » même à ce caractère qu'on ne sauroit les prouver. » Dès qu'on veut que toutes les croyances reposent » sur des démonstrations , l'on est directement con- » duit au pyrrhonisme. Or le pyrrhonisme parfait , » s'il étoit possible d'y arriver, ne seroit qu'une par-
)) faite folie, une maladie destructive de l'espèce » humaine. De là vient que le même sentiment qui » nous attache à l'existence nous force de croire et )) d'agir conformément à ce que nous croyons. Il se » forme malgré nous dans notre entendement une » série de vérités inébranlables au doute , soit que » nous les ayons acquises par les sens ou par quelque » autre voie. De cet ordre sont toutes les vérités né- » cessaires à notre conservation , toutes les vérités sur » lesquelles se fondent le commerce de la vie et la » pratique des arts «t métiers indispensables. Nous » croyons invinciblement qu'il existe des corps doués » de certaines propriétés , que le soleil se lèvera de- » main , qu'en confiant des semences à la terre elle )) nous rendra des moissons. Qui jamais douta de ces » choses et de mille autres semblables ?
» Dans un ordre différent, nous ne doutons pas » davantage d'une multitude de vérités que la science » constate; et c'est cette impuissance de douter, ou » du moins, si Ton doute, l'assurance d'être déclaré )) fou, ignorant, inepte, par les autres hommes, qui » constitue toute la certitude humaine. Le consente- » ment commun (semus communis) est pour nous le » sceau de la vérité ; il n'y en a point d'autre. Suppo- » sons en effet que les hommes , dans les mêmes cir- » constances, fussent affectés de sensations, de senti- » mens contraires, formassent des jugemens opposés, » aucun d'eux ne pourroit rien nier, rien affirmer, » parce qu'aucun d'eux ne trouveroit en soi de preuves » déterminantes en faveur de ce qu'il sent et de ce
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» qu'il jug^e. Sa raison étonnée s'arrêteroit en silence » devant la raison d'autrui , comme nous nous arrête- » terions , pleins de surprise et de doute , devant des )) miroirs qui placés en face du même objet en réflé- » chiroient des images dissemblables.
» Qu'il y ait contradiction entre les rapports des » sens, les témoignages intérieurs de l'évidence , ou » les jugemens raisonnes de plusieurs individus , sur- » le-champ le défaut d'accord produit l'incertitude , » et l'esprit demeure en suspens jusqu'à ce que le con- » seulement commun ramène avec soi la persuasion. >i Un principe , un fait quelconque est plus ou moins » douteux , plus ou moins certain , selon qu'il est » adopté , attesté plus ou moins universellement. » Toutes les idées humaines sont pesées à cette ba- » lance ; les hommes n'ont point d'autre règle pour » les apprécier. »
Et voilà comment s'exprime celui qu'on accuse de nier la vérité et r erreur j, le hten et le mal. Où avez-vous vu qu'il dise que la raison ne puisse servir à conduire à la vérité? Il dit seulement qu'elle ne peut par elle-même arriver à la certitude, et qu'il faut qu'elle s'aide de l'autorité ou d'une raison plus générale qui la redresse quand elle s'égare '^.
* Répétons ici l'explication qu'on a déjà donnée : « Un moyen in faillible de certitude est celui qui ne peut pas tromper. Or les sens, le sens intime ou ce qu'on prend pour tel , le raisonnement ou la raison particulière de l'homme , le trompent souvent.
» Donc ni les sens , ni le sens intime , ni la raison particulière de l'homme , ne sont des moyens infaillibles de certitude. Ce n'est pas à dire que les sens , le sens intime et la raison particulière de l'homme le trompent toujours , mais c'est-à-dire que l'homme ne trouve
On fait celte objection : L'homme réduit à lui même ne peut s'assurer d'aucune yérité • mais comment arrivera-t-il à croire cette vérité , que V autorité est une règle infaillible de certitude ? Parce que c'est là une de ces vérités qu'il n'est pas possible à la raison , je ne dis pas de prouver, mais de ne pas croire, et que M. de La Mennais ne constate que des faits ; parce que Dieu ayant voulu que le genre humain se conservât, encore que les individus périssent, n'a pas voulu que le genre humain se trompât, encore que les individus pussent errer ; parce que l'homme doit tout à cette autorité : et comme il reçoit d'autrui les alimens nécessaires à la vie physique , il en reçoit aussi la nourriture de l'intelligence. C'est à la iamille que l'enfant doit tout d'abord j et comme la famille où il est né est l'image de cette première famille dont
eu lui-racme aucun moyen infaillible de reconnoilre d'une manière certaine si ses sens , son sentiment intime , sa raison particulière, ne le trompent pas.
» Ce n'est pas à dire non plus que l'homme puisse et doive rejeter le rapport des sens , son sentiment intime, ou le jugement de sa raison particulière. Non : le rapport des sens, le sentiment intime, la raison particulière de l'homme , sont , chacun dans son ressort , une autorité privée à laquelle , quoiqu'elle puisse se tromper , et qu'elle se trompe souvent en effet , il est forcé de croire et de s'en rapporter, faute de mieux, en mille et mille circonstances.
» Mais aussi le rapport des sens , le sentiment intime , la raison de plusieurs hommes , sont une autorité plus grande , et qui , toutes choses égales d'ailleurs , doit l'emporter sur l'autorité particulière d'un seul. Enfin , le rapport des sens, le sentiment intime , la raison de l'universalité des hommes , voilà l'autorité la plus grande possible sur la terre , et par conséquent le moyen le plus sûr de parvenir à la certitude ; car cette autorité n'est autre chose que le rapport des sens , le sentiment intime , la raison humaine élevée à sa plus haute puissance, o
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Dieu étoit le père, il doit rechercher, dès que sa raison est formée , tout ce que Dieu a dit à cette première famille. Ce que tous les peuples croient appartient à cette première tradition. Tout ce qui leur est particulier en est une altération. Ainsi doncl'homme en rapport avec la société l'est avec Dieu même. Rompez ce lien, que reste-t-il à l'homme isolé? Je laisse à chacun de mes lecteurs à se représenter ce que seroit l'homme abandonné à sa naissance, et n'ayant aucune communication avec des êtres humains , quand il parviendroit même à conserver la vie.
L'existence de Dieu , l'immortalité de l'âme , la nécessité d'un culte , les peines et les récompenses pour les bons et les méchans, etc. ; ces vérités, défendues par le consentement commun, n'ont plus besoin de démonstrations (Consensus omnium probat esse rem y Cic. ), puisque c'est se déclarer en état de folie que de vouloir contredire le genre humain : et ainsi le scepticisme est détruit à jamais. Tout le christianisme découle de ces vérités ; puisque le christianisme n'est que la religion de tous les temps , qui a reçu le sceau d'une nouvelle révélation. Dans toutes les religions il y a des vérités qui sont communes à toutes, et ces vérités appartiennent au christianisme. Les erreurs sont particulières à chacune ; elles n'appartiennent plus à la tradition générale , elles ne sont plus appuyées sur le consentement commun. Il n'y a pas dans le christianisme une vérité qui ne se trouve chez tous les peuples; mais le christianisme seul représente fidèlement les premières vérités révélées par Dieu au
premier homme. Or le principe sur lequel M. de La Mennais fait reposer la philosophie est le même sur lequel est fondée la religion , et ceux qui l'attaquent ne font pas attention qu'ils répondent tous les jours aux incrédules comme M. de La Mennais leur répond à eux-mêmes. Vous détruisez la raison , disent les philosophes , en établissant l'autorité. Vous dites ; Croyez sans examen , croyez ce que vous ne pouvez comprendre. On répond qu'on ne détruit pas la raison, mais qu'on ne lui permet que d'examiner si les titres de l'autorité qu'on lui propose sont valides. Après cela on l'oblige à croire tout ce qu'enseigne l'autorité. M. de La Mennais ne dit pas autre chose.
En un mot , l'autorité est la règle , dit M. de La Mennais. Deux hommes disputent sur l'existence de Dieu : la raison de l'un lui dit que Dieu n'est pas; la raison de l'autre lui affirme qu'il est. Où est l'évidence certaine ? L'autorité est invoquée , le genre humain dépose que Dieu est : dès-lors l'existence de Dieu est un fait qu'il n'est plus possible de nier sans se déclarer fou. Ainsi donc parce que les philosophes n'avoient pas découvert cette règle innée en nous, et ne l'avoient pas encore exposée, leur orgueil se révolte, et pourquoi? Le genre humain vit sur ce principe, sans s'inquiéter si les philosophes l'ont reconnu ou nié ; et il est bien plus important que le genre humain ne se soit pas trompé , que quelques rêveurs qui ont élevé systèmes sur systèmes pour en venir enfin à un désolant scepticisme.
Le second volume de M. l'abbé de La Mennais est
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donc, comme on le voit, de la plus haute importance; car le "principe qu'il pose, admis en philosophie, détruit non seulement les erreurs de toutes les philosophies , mais encore celles des sectes, ou les hérésies : car un homme qui est obligé d'abandonner le sens particulier , et d'en référer au consentement commun en philosophie , pour mettre à couvert les premières vérités, sera infailliblement conduit à abandonner également le sens particulier en religion, et à s'en rapporter à la tradition universelle ou à l'autorité de l'Église. Il étoit digne de M. l'abbé de La Mennais de montrer enfin l'accord de la véritable philosophie et de la religion; et, après un siècle qui, en voulant les séparer, avoit tout ébranlé dans le monde moral, de prouver que la philosophie , pour arriver à la vérité , ne doit employer que le moyen dont la religion se sert pour y parvenir. C'est ainsi que l'erreur contribue toujours au triomphe de la vérité. Si l'on n'avoit pas vu le trouble quirésultoit, pour les intelligences, de la séparation delà philosophie et de la religion, M. de La Mennais n'auroit pas été conduit à montrer que la religion est la seule bonne philosophie ; et il n'auroit pas porté jusqu'à l'évidence ce qu'avoit déjà dit Bacon delà religion : que peu de philosophie en éloigne^ et que beaucoup de philosophie y ramène.