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210 DÉFENSE DE l'esSAI SUR l'iNDIFFÉRENCE
néraux d'incrédulité , que le principe fondamental de l'hérésie , du déisme et de l'athéisme est la souveraineté de la raison individuelle, c'est-à-dire que l'hérétique , le déiste et l'athée soutiennent que la raison particulière de chacun est la règle de ses croyances, en sorte qu'ils n'admettent comme vrai que ce qui est démontré à cette même raison, ce qui les conduit inévitablement au scepticisme universel, considère dans le second volume l'homme dans l'état où l'hérétique , le déiste et l'athée se placent volontairement.
L'homme dès-lors, cet être contingent, rejetant Dieu, être nécessaire, est forcé de se nier lui-même , puisqu'il n'aperçoit plus de raison de son existence.
11 ne peut donc avoir la certitude rationnelle de rien, et doit par conséquent demeurer dans le doute. Cependant cet état est impossible. 11 y a en lui quelque chose qui le force invinciblement à croire mille et mille choses dont il n'a aucune preuve certaine; d'où il résulte que le doute , et par conséquent l'isolement de la raison qui produit ce doute, sont opposés à sa nature. Cet homme croira donc nécessairement. En cet état, que doit-il raisonnablement regarder comme certain ? Ce que tout le genre humain croit. Il croira donc ce qui sera appuyé sur l'autorité des autres hommes , et voilà le fondement de, sa certitude , en voilà la raison dernière. 11 lui est impossible d'en assigner une autre, avant d'avoir trouvé Dieu. Il ne peut dire , comme le philosophe religieux : Mes sens s' accordant à croire à l'existence des corps , Dieu me jetteroit lui-même dans l'illusion , si les corps n'exis-
toient pas réellement ; puisque celui à qui s^adresse M. de La Mennais nie Dieu de droit ou de fait. M. de La Mennais montre ensuite au sceptique le genre humain tout entier attestant l'existence de Dieu, l'immortalité de l'âme, les peines et les récompenses d'une autre vie, etc. Dieu une fois reconnu, en lui se trouve la certitude absolue, parce qu'il est seul la dernière raison des choses, et l'autorité de l'Église n'est encore que l'autorité de Dieu même. Ainsi donc M. de La Mennais force l'homme qui raisonne rigoureusement à admettre l'autorité de l'Eglise , ou à rejeter l'existence de Dieu, et par là toute certitude. Voilà ce que dit M. de La Mennais. Que deviennent les difficultés qu'on a faites contre son livre ? On voit comment il nie la certitude rationnelle des axiomes de géométrie, les vérités physiques, et à quoi se réduit cette dernière objection , que l'homme , incapable par lui-même d'acquérir aucune vérité , ne pourroit même acquérir celle-ci, que V autorité est le seul et unique fondement de certitude.
Mais à quoi sert, dit-on , de remuer toutes ces questions? Parce qu'il faut accommoder les remèdes aux maladies, et que, la plaie de ce siècle étant le scepticisme, M. de La Mennais a dû présenter aux sceptiques un moyen de revenir à la vérité.
212 DÉFENSE DE l'eSSAI SUR l'iNDIFFÉRENCE QUELQUES