AUX ADVEÏISAIRES DE M. DE LA MENNAIS
Par M. R...
L'opposition momentanée qu'éprouve le deuxième volume de Y Essai, de la part de quelques personnes, provient , à ce qu'il paroît , de la persuasion où elles sont que l'auteur va trop loin , qu'il renverse toutes les thèses de logique sur la relation des sens , le sens intime , le raisonnement ; qu'il détruit la preuve des miracles et de l'inspiration des prophètes, etc. R me semble , au contraire , que , si on veut bien s'attacher moins aux mots qu'à la chose , on se convaincra que M. de La Mennais ne va qu'au but , qu'il ne renverse que Terreur et l'orgueil , qu'il établit la certitude sur le seul fondement inébranlable , et qu'au fond l'école est d'accord avec lui.
Pour commencer par ce dernier point, je m'adresserai aux adversaires de M. de La Mennais, dont les principaux, à ce qu'on dit, sont défenseurs nés des thèses de l'école ; et je leur dirai : Autant que je puis vous comprendre, vous m'assurez que la relation dé mes sens, mon sens intime, ma raison individuelle,
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sont pour moi autant de moyens infaillibles de conjaoitre la vérité , je dirois presque autant de machines à certitude que je n'ai qu'à mettre en mouvement pour leur faire produire leur eifet immanquable. Mais d'après cela il me semble que, pour avoir la certitude toutes les fois que je voudrai et sur quoi je voudrai, je n'ai pas besoin de vous, ni de vos savans auteurs, ni de vos traités de logique et de morale; que je n'ai pas besoin d'aller me casser la tête sur les bancs pour graver dans ma mémoire les règles du syllogisme et du dilemme, méditer les oracles de Bossuet, de Leibnitz, de Malebranche, de Descartes, en un mot me fatiguer l'esprit pour apprendre à raisonner juste, comme on se fatigue le corps pour apprendre à faire des armes. Si cela est, messieurs, je puis vous assurer que vous rendez un très grand service et que vous faites un très grand plaisir à plus d'un élève en philosophie.
Il paroît que vous êtes jeune encore , me direzvous; car vous oubliez que pour être juste la raison des jeunes gens a besoin d'être formée auparavant sur l'expérience et la raison supérieure de personnes plus âgées.
Que dites-vous là? Quoi! ma raison particulière, qui, selon vous, m'est par elle-même une règle infaillible de vérité , soit qu'elle juge sur la relation de mes sens ou sur mon sens intime , soit qu'elle tire des conséquences d'une vérité déjà connue , ma raison particulière a cependant besoin , pour devenir juste et infaillible, d'être formée sur l'expérience et la raison
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de gens plus habiles que moi? Elle n'est donc pas infaillible par elle-même, ou bien elle n'a pas besoin d'être formée par personne.
Nous ne voulons pas dire cela. Mais , tout en soutenant que la relation des sens , le sens intime , la raison individuelle , sont pour l'homme, même isolé, des moyens infaillibles de certitude, nous ajoutons néanmoins que, dans l'emploi que ce même homme fait de ces règles infaillibles de vérité, il peut se glisser bien des erreurs , dont les principales sources sont au nombre de six , savoir : la précipitation , les préjugés , les passions, l'illusion des sens, l'imagination, et l'ignorance (1).
Cest bien fait , messieurs , d'apprendre aux jeunes gens qu'avec leurs trois moyens infaillibles de certitude il est encore possible qu'ils se trompent. Autrement ils se croiroient tous des oracles. Pour moi, je vous confesse que je me sens devenir dès ce moment un peu plus humble que jen'étois tout-à-l'heure. Car je vois bien, d'après ce que vous venez dédire, que, tant que je ne serai pas sûr d'être exempt de toutes ces sources d'erreurs, je ne serai sûr de rien, malgré mes trois moyens infaillibles d'être sûr de tout. Mais enfin que faut-il que je fasse pour me garantir de tant de causes d'erreur?
Il faut observer certaines conditions, certaines règles qu'on enseigne dans les écoles. Par exemple,
(1) Voyez la Philosophie imprimée à Lyon , chez Ruzand , et employée dans les principaux diocèses de France, tom. I, p. J52, édit. de 1810.
il faut qu'il y ait certitude dans la relation des sens , que cette relation soit constante, uniforme, et de plus conforme à la raison ou à l'expérience. Il faut que l'évidence même, pour être une vraie évidence, soit l'éclat rejaillissant d'idées bien claires et bien distinctes, et non le feu follet de l'imagination, des préjugés, des passions; il faut, pour qu'un syllogisme prouve quelque chose, que les prémisses en soient bien vraies et la conséquence bien juste (1).
Mais, messieurs, puisque d'après vous j'ai trois moyens infaillibles de certitude, et trois moyens infaillibles pour mon individu , même isolé , qu'ai-je besoin de toutes les règles de l'école? Ne puis-je pas en faire moi-même de nouvelles qui seroient aussi bonnes que les vôtres?
Monsieur, à vous permis d'être fou, si cela vous plaît. Mais si vous voulez être raisonnable, il faut que vous suiviez dans vos jugemens ces règles établies d'un commun accord par l'expérience des siècles et des hommes les plus sages.
Alors, messieurs, accordez-vous avec vousmêmes. Vous m'assurez que j'ai en moi-même des moyens de certitude si infaillibles que , quoi qu'en dise M. de La Mennais, jamais je n'ai besoin , pour être pleinement certain, de recourir à une autorité plus grande que la mienne. Et maintenant vous me dites que pour être certain d'une chose quelconque , il faut absolument que je recoure et que je me con-
(1) Voyez, ibidem, pag. 74, 78 et 8Ï.
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forme à certaines règles que l'imposante autorité de tous les siècles et de tous les hommes a établies d un commun accord. Et encore, comment saurai-je d'une manière sûre que j'ai bien observé ou non toutes ces règles?
Rien de plus facile. Craignez-vous, par exemple , que vos yeux vous aient trompé; faites comme tout le monde, prenez de bonnes lunettes. N'êtes-vous point encore rassuré, priez vos amis ou vos voisins d'y regarder à leur tour; appelez-y tous les hommes, si vous voulez, ce sera toujours mieux. De même, avez-vous des doutes si une proposition qui vous paroît évidente, un raisonnement qui vous paroît juste, l'est en effet .faites comme nous, dans nos collèges, nos séxsinaires, nos académies; voyez ce qu'en penseront vos condisciples et surtout vos professeurs. N'en êtes-vous pas encore contens; examinez ce qu'en ont dit les grands hommes, les bons auteurs de tous les pays et de tous les siècles. Leur accord, voilà le nec plus ultra de la certitude humaine.
Je suis ravi de vous entendre , messieurs; car, de tout ce que vous venez de dire , voici ce qui résulte, à mon avis. Si ma raison individuelle n'est pas formée sur la raison générale, mon sens privé sur le sens commun ; si je ne suis pas sûr d'être exempt de toutes les causes d'erreur qui peuvent influer sur le jugement que je porte d'après la relation de mes sens, ou d'après mon sentiment intime; si une autorité infaillible ne m'a33ure point que j'ai fidèlement
observé toutes les règles de certitude prescrites par l'autorité des siècles, je ne suis et ne serai jamais sûr de rien par moi seul, malgré tous les moyens de certitude que je puis trouver en moi-même; c'est-àdire que par bien des tours et des détours, où j'ai failli me perdre en vous suivant , vous m'amenez enfin au même terme où M. de La Mennais arrive en deux pas et en ligne droite; c'est-à-dire, enfin, que tous les argumens, toutes les objections que vous lancez avec tant de vigueur contre M . de La Mennais vous retombent directement sur la tête , et de tout leur poids, sans compter l'espèce de contradiction qu'il y a entre vos principes et votre pratique.
Il y a même quelque chose de plus. Pour soutenir que la relation des sens est pour l'homme, même isolé, un moyen infaillible de certitude, vous êtes réduits, aussi bien que la Philosophie de Lyon , à faire intervenir la sagesse et la bonté de Dieu , et ensuite vous vous servez de cette même relation des sens pour prouver l'existence de Dieu même ; ce qui ressemble tant soit peu à ce qu'on appelle un cercle vicieux : de sorte que, sans le respect que je vous dois, j^oserois presque dire que M. de La Mennais est plus d'acord avec vous que vous-mêmes.
La seule différence que je vois entre sa doctrine et la vôtre, c'est que d'une condition reconnue essentielle à toute certitude, le consentement commun, le sceau de l'autorité la plus grande, c'est que de cette condition reconnue essentielle, expressément ou tacitement, sous un nom ou sous un autre,
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par tout le monde et par vous même , M. de La Mennais fait une règle générale et décisive , avec laquelle, comme avec une hache à deux tranchans,il abat d'un coup et par la racine l'athéisme, le matérialisme, le déisme, le protestantisme et toute hérésie quelconque, qui tombent dès-lors avec toutes leurs objections comme des arbres déracinés avec leurs branches.
En effet, que dit en dernière analyse l'athée, le matérialiste, le protestant? « Je crois en moi seul contre tous; je crois sur l'autorité privée de mes sens , de mon sentiment individuel , de ma raison particulière , contre la relation des sens , le sentiment commun , la raison gén érale de tous les hommes, ou de tous les chrétiens; je me crois moi seul plus instruit , plus raisonnable , plus sage que tous , et seul je proteste contre tout le genre humain , ou contre toute l'Église universelle. » Or que fait M. de La Mennais? Dans un seul chapitre , il montre à tous ces fous que s'ils rejettent le bouclier de la foi humaine et divine, la certitude qui repose sur la plus grande autorité , toutes les armes qu'ils emploieroient pour attaquer ou se défendre se brisent entre leurs mains, ou se tournent contre eux-mêmes; et il réduit leur monstrueux orgueil à ne pouvoir plus dire ni oui ni non.
C'est ainsi que le grand Bossue t , employant la méthode prompte et décisive de Tertullien et des Pères de rEghse , en agit avec M. Claude dans sa célèbre conférence devant mademoiselle de Duras. Cet habile
ministre du calvinisme usoit de toutes les subtilités de son esprit pour éviter le coup , comme un oiseau léger qui saute de branche en branche pour échapper à la poursuite d'un ennemi redoutable. Mais Taigle de Meaux, le tenant fixé dans ses serres puissantes, l'empêcha de donner le change , et le força de convenir de deux choses : 1 "" que tout protestant se croyoit et devoit se croire lui seul plus capable et plus instruit que tous les Pères , que tous les conciles , que toute l'Église ; 2" que , par une conséquence rigoureuse de ce principe fondamental de la réforme , un doute universel étoit inévitable (1). Aussi mademoiselle de Duras , épouvantée de voir tant d'orgueil et tant de folie sous une apparence de science , se convertit dèslors à la religion catholique, c'est-à-dire à la plus grande autorité.
A la bonne heure, dira-t-on , qu'on termine les controverses de religion par voie d'autorité; mais en vouloir user de même pour toute discussion quelconque , c'est aller trop loin.
M. de La Mennais a répondu d'avance à cette difficulté, ou plutôt à cette équivoque, en disant dans sa préface : « Qu'est-ce que l'autorité à laquelle » tous les esprits doivent obéir ? Est-ce la force ? )) Ce seroit absurde. Est-ce l'autorité d'un ou de quel- » ques hommes? Non , mais la raison générale mani- » festée par le témoignage ou par la parole. » Il nous
(1) OEuvres de Bossuet, lom. XXIII, pag. 289 et 312, édU. de P^er s ailles.
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semble donc que l'auteur de Y Essai enienà en général par l'autorité un motif quelconque de croire, de tenir pour certain quelque chose. Ainsi, sur l'autorité de nos sens , nous tenons pour certaines l'existence et les qualités des objets extérieurs ; sur l'autorité de notre sens intime, nous tenons pour réelle l'évidence de certaines vérités premières; sur l'autorité de notre raison , nous tenons pour justes les conséquences que nous tirons par le raisonnement de certains principes généralement admis. Ensuite le jugement que porte un homme, d'après la relation de ses sens, son sens intime , sa raison particulière , devient à son tour pour un autre homme une autorité , un motif de croire , de tenir pour certain ce qu'il dit ; autorité plus ou moins grave , selon le plus ou moins de moyens et de vertu du sujet qui la présente : ainsi de plusieurs hommes, et de degré en degré, jusqu'à l'universalité du genre humain , dont la commune relation des sens , le sentiment universel , la raison générale , présentent la plus grande autorité , les plus grands motifs possibles qu'il y ait sur la terre de croire , de tenir pour certain quelque chose. Mais dans cette hiérarchie d'autorités qui comprend tous les motifs de croire, tous les moyens de certitude humaine , tous les principes de science , il y a des autorités, des moyens de certitude, qui nous trompent quelquefois, ou, si vous aimez mieux, avec lesquels nous nous trompons. Cela est évident; autrement l'erreur seroit impossible. Maintenant, où l'erreur et l'incertitude peuvent-elles se trouver? où la vérité et la certitude? M. de La Mennais prétend que
le doute et l'erreur ne peuvent se trouver que là où les moyens de certitude sont moins nombreux et moins sûrs , c'est-à-dire dans la moindre autorité ; la certitude et la vérité, au contraire, que là où ces mêmes moyens sont plus sûrs et en plus grand nombre , c'està-dire dans la plus grande autorité. Cette prétention vous paroîtroit-elle déraisonnable ?
Tout cela ne détruit nullement la preuve des miracles ou de l'inspiration des prophètes. D'abord un miracle, comme tout autre fait, se prouve, non par le simple dire d'un seul témoin, qui ne formeroit qu'une probabilité , mais par une réunion de témoignages et de circonstances telle que le sens commun en conclut que les témoins ne sont ni trompés ni trompeurs.
De même, d'après cette parole de l'Evangile : Si ego testimom'um perh'heo de me ipso, testimomum meiim non est verum; ce n'est point par la simple assertion de celui qui se dit inspiré que se prouve l'inspiration prophétique (1). Car, depuis les prêtres de Baal jusqu'au protestant Jurieu , il y a eu de faux prophètes qui prophétisoient des mensonges , en disant : Le Seigneur a dit ; tandis que le Seigneur ne leur avoit point parlé (2). Elle se prouve , l"* par la vie sainte du prophète ; 2^ par les miracles qu'il opère : ainsi Moïse , avant de croire lui-môme à sa mission surnaturelle ,'demanda à voir des prodiges ; et , pour prouver aux Israélites qu'il ne vient point en son propre
(1) Job, 5,31. ,. -1 ^ r
{2)£..ki3; J^omTa25b,no-r
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nom, mais qu'il est envoyé du Seigneur, il renouvelle ces prodiges en leur présence ; 3° par des prophéties particulières dont Taccomplissement contemporain étoit une preuve du futur accomplissement des autres. C'est ainsi que les prédictions des prophètes qui regardoient certaines personnes , ou bien le sort temporel des Juifs et de quelques autres peuples, s' accomplissant à la lettre, étoient un sûr garant que les prophéties qui regardoient des siècles plus éloignés s'accompliroient de même.
Si, au contraire, la relation des sens et le sens intime de l'individu lui sont par eux-mêmes des règles infaillibles du vrai, il faudra ajouter une foi entière aux vieilles femmes , toutes les fois qu'elles assurent avoir vu, entendu et même touché des esprits nocturnes; il faudra croire à l'inspiration de tous^ les enthousiastes, de tous les visionnaires, et y croire avec d'autant plus de confiance qu'ils seront plus en délire : car alors leur sentiment intime sera d'autant plus vif, et conséquemment d'autant plus certain.
Mais enfin, dira-t-on, lorsqu'on a lu le premier chapitre de M. de La Mennais, on ne sait plus où l'on est, ni si on sait encore quelque chose.
11 paroît en effet qu'en voyant l'impétuosité avec laquelle M. de La Mennais attaque, renverse et désarme tous ses adversaires dans le même champ clos, certaines personnes, saisies d'une terreur panique , malgré les assurances de paix qu'il leur donne avant d'entrer en lice , ont cru que c'étoient elles-mêmes qu'il attaquoit, renversoit, désarmoit et dépouilloit
jusqu'à leur enlever leur raison même (1). Qu'elles se rassurent ; les seuls ennemis que combatte M. de La Mennais sont ces esprits follement orgueilleux qui rejettent la raison générale manifestée par le témoignage ou par la parole , et lui préfèrent présomptueusement leur raison individuelle. C'est à ces extravagans que l'auteur démontre , non pas que leur raison n'est rien , mais qu'étant aussi foible et aussi incertaine qu'elle l'est^ abandonnée à elle seule, elle ne peut parvenir par ses propres forces tout au plus qu'à une opinion probable, et jamais à la certitude , à ce repos de l'intelligence qui se trouve uniquement dans le consentement commun, dans la plus grande autorité. C'est ce que Salompn enseignoit déjà il y a trois mille ans, lorsqu'il disoit : Les pensées des mortels sont timides, et nos prévoyances incertaines. Le corps qui se corrompt appesantit l'âme, et cette demeure terrestre accable l'esprit dans la multitude de ses pensées. Nous ne conjecturons que difficilement ce qui se passe sur la terre , et nous ne discernons qu'avec peine ce qui est devant nos yeux (2). Malheur donc à celui qui est seul ; car s'il tombe , qui le relèvera? s'il s'égare, qui le redressera (3)? Ne vous appuyez donc pas sur votre prudence. Ne soyez pas sage tout seul. La voie du fou lui paroît droite , mais le sage écoute les conseils des autres : il craint avec ses propres yeux, il se défie de lui-même; tandis que l'insensé
(1) Voyiez la préface.
(2) Sap. 9.
(3; Eccl. 4.
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passe outre avec une confiance téméraire (1). Ne méprisez donc pas , ajoute le fils de Sirach , les discours des anciens sages , ni les entretiens des vieillards qui ont appris de leurs pères ; méditez au contraire leurs sentimens : car c'est d'eux que vous apprendrez la sagesse et la doctrine de l'intelligence (2).
Ainsi les personnes sensées, qui, selon les préceptes de la sagesse divine, ne s'en rapportent pas à elles seules , mais qui consultent autant qu'elles peuvent l'expérience des hommes et des siècles les plus sages, n'ont aucunement à se plaindre de M. de La Mennais , puisque c'est leur conduite même qu'il propose et qu'il défend comme le vrai modèle , comme le moyen le plus sûr et même comme l'unique moyen pour parvenir à la certitude. Elles doivent au contraire reconnoitre en lui le vengeur éloquent de leur sage modestie et du sens commun de tous les temps , contre l'orgueil et la folle présomption de notre siècle.
(1) Proverb.Z, 12,13,20.
(2) Eccl. 8.