AUX ADVERSAIRES DE M. DE LA MENNAIS
Par M. R...
Messieurs ,
Comme vous ne répondez point aux premières observations respectueuses que je me suis permis de vous adresser, j'en conclus que vous ne les trouvez pas mauvaises , et qu'enfin vous pensez comme M. de La Mennais. Je m'en réjouis de tout mon cœur; car je souhaite ardemment de voir des hommes que je suis très porté à estimer , être enfin d'accord avec un auteur que j'aime et que j'admire.
Mais tandis que je m'applaudis de votre silence, vous souriez peut-être de compassion à ma joie puérile ; et je commence à craindre que vous n'ayez raison d'en rire ; car il me semble vous voir retranchés derrière les Pascal, les Descartes, les Malebranche, les Leibnitz, les Euler, les d'Aguesseau, comme dans un bataillon carré , prêts à lancer quelque réponse foudroyante qui tout-à-coup écrasera le pauvre fM. de La Mennais avec tous les siens.