SCÈNE DEUXIÈME. G
LYDIE
Hélas ! je vous prenais pour Calais.
HORACE
Merci.
LYDIE
J'ai cru que vous étiez déjà bien loin d*ici.
HORACE, montrant les mains de Lydie.
Le moyen de partir, retenu par ces chaînes.
LYDIE
Près des mains de Chloé les miennes sont vilaines.
HORACE, prenant les mains de Lydie.
Non pas. Ces jolis doigts sont plus blancs que les siens, Et plus mignons. — Elle a de gros doigts plébéiens.
LYDIE
Peut-être. — Mais sa taille est superbe.
HORACE, montrant la taille de Lydie.
Ah! déesse!
Devant ce port divin quelle tournure épaisse !
Un peu lourde, c'est vrai. — Mais quels cheveux !
HORACE, montrant les cheveux de Lydie.
Moins beaux Que ceux-ci.
LYDIE
Cependant ils viennent de Lesbos ; On les lui vend fort cher.
HORACE, riant.
Mauvaise !
LYDIE
Elle est, en somme.
Bien mieux faite que moi pour captiver un homme. — Gourez !
HORACE
Non.
LYDIE
Si. J'attends Calais, et je croi Qu*il serait peu décent qu'il vous trouvât chez moi.
HORACE
C'est bien , je me retire.
LYDIE
Oui.
Je cède la place.
LYDIE
Bon.
HORACE
Lutter contre lui, ce serait trop d'audace.
LYDIE, Mluant.
Adieu, seigneur.
HORACE
Adieu. — Je ne désire pas Rester ici pour voir Calais dans vos bras.
LYDIE
J'entends bien.
HORACE
Je ferais une triste figure.
LYDIE
Mais... oui.
HORACE
Je m'en vais donc. — Adieu, fourbe ! parjure! Periide !
LYDIE
Kh! doucement! qu'avez-vous à crier?