‹ Œuvres complètes de F. Ponsard (volume 3)Chapitre 219 sur 223 · SCÈNE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE DEUXIÈME

Ah ! qu'il vaut mieux choisir un honnête garçon , Tout simple , et vous aimant de la bonne façon ,

— Comme Cérinthe, ou bien Calais fils d'Ornithe.

HORACE

Une bête !

LYDIE

Il m'adore, et c'est un grand mérite.

— Il est jeune, il est beau.

HORACE

Hum! pas trop.

LYDIE

Il me plaît; Cela suffit.

Regardant Horace.

D'ailleurs, on peut être plus laid.

HORACE

Kn mille traits d'esprit sa causerie abonde ; Vous tiendrez les propos les plus jolis du monde.

On dit toujours très-bien ce qu'on sent. Les amours Vivent de sentiments, et non de beaux discours.

HORACE

S'ils vivent de sottise, ils ne feront pas diète.

LYDIE

Oh ! Calais n'a pas tout l'esprit d'un poète ; Il ne sait pas, sans cesse occupé de ses vers, A tout ce qu'on lui dit répondre de travers : Il ne veut pas frapper du front les toits célestes, Pour avoir aligné deux ou trois anapestes ; 11 ne se change pas en cygne un beau matin ; Mais il a du bon sens, — ce qui manque à certain.

HORACE

Eh ! prenez-le donc vite !

LYDIE

En vérité?

HORACE

Sans doute.

LYDIE

Fort bien. Votre conseil est bon , et je le goûte.

Appelant Beroé.

Beroé! tu sais bien ce jeune et beau garçon, Calais , qui toujours rôde sous ma maison ?

BEROE, venant vers Lydie.

Oui, oui.

LYDIE

Va le chercher. Dis-lui que je l'invite A souper; que je l'aime, et qu'il vienne au plus vite.

BEROÉ.

J'y cours, madame.

HORACE

Attends, ma bonne Beroé.

Tu connais, n'est-ce pas, la charmante Chloé?

BEROÉ.

Chloé j notre voisine?

HORACE

Oui. Passe chez la belle, Et dis-lui que j'irai, ce soir, souper chez elle.

LYDIE, à Berné , qui la consulte des yeux.

Va. Fais ce qu'il te dit. Je l'approuve très-fort.

Sort Beroé.

HORACE

Comme c'est merveilleux d'être si bien d'accord !

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