SCÈNE DEUXIÈME
HORACE
Coquette !
LYDIE
Quittons-nous sans nous injurier.
HORACE
Faut-il vous savoir gré de me mettre à la porte?
LYDIE
Vous avez bien voulu qu'il en fût de la sorte.
HORACE
Moi î le mot est charmant.
LYDIE
Vous vouliez en finir.
HORACE
C'est vous; depuis longtemps, vous me vouliez bannir.
LYDIE
Est-ce moi, par hasard, qui suis une infidèle?
Est-ce moi qui vous cherche une injuste querelle ?
LYDIE
Si nous nous séparons , pourquoi le faisons-nous ?
HORACE
A qui la faute?
LYDIE
A vous.
HORACE
Non. A vous.
LYDIE, mollement.
Non. A vous.
HORACE
Tant que tu m'as aimé , quand nul autre plus digne N'entourait de ses bras ton cou blanc comme un cygne, J'ai vécu plus heureux que Xercès, le grand roi.
LYDIE
Tant que tu n'as aimé personne plus que moi , Quand Chloé n'était pas préférée à Lydie, J'ai vécu plus illustre et plus fière qu'Hie.
HORACE
J'appartiens maintenant à la blonde Chloé, Qui plaît par sa voix douce et son luth enjoué ; Je suis prêt à mourir pour prolonger sa vie.
LYDIE
Calaïs maintenant tient mon âme asservie :
Nous brûlons tous les deux de mutuels amours. Et je mourrais deux fois pour prolonger ses jours.
HORACE
Mais quoi! si j'ai regret de ma première chaîne? Si Vénus de retour sous son joug nous ramène? Si, Tôtant à Chloé, je te rends mon amour?
LYDIE
Encor que Calaïs soit plus beau que le jour,
Toi, plus traître que l'onde et plus léger que l'heure,
Avec toi que je vive , avec toi que je meure !
HORACE, so jotant aux g«»nuux de Lydie.
Ah! ma bonne Lydi !
LYDIE
Oui, bien trop bonne, ingrat!
HORACE
Va, tu n'auras plus lieu de te plaindre.
LYDIE
On verra.
hor\ce.
Par les dieux immortels! par la voûte céleste! Par le lleuve infernal, aux parjures funeste! Par..,