CHARLOTTE, DANTON
DAXTON, toujours vers la porte, et se parlant à lui-même.
C'est elle!
CHARLOTTE, debout, examinant Danton.
C'est Danton! Quel visage étrange!
DAXTOX.
Qu'elle est belle !
Il l'ait quelques pas vers Charlotte.
Vous voilà, jeune fille au courage romain!
CHARLOTTE
Vous voilà, lier tribun, ell'roi du genre humain!
DAXTON.
Le poignard de Brutus chargea ces mains débiles!
CHARLOTTE
(]ette voix déchaîna les tempêtes civiles!
DAXTOX, se rapprochant encore de Charlotte.
Vous avez une grâce à demander?
CHARLOTTE, prenant deux lettres sur la table , et les présentant à Danton.
Voici Deux lettres que je viens d'écrire : celle-ci, Pour Barbaroux; cette autre est pour ma vieille aïeule. On peut lire; on verra que j'ai conspiré seule.
346 CIIAIU.OTTU: CORDA V.
— J'attPiuls du comité, généreux envers moi, Qu'il daigne, après ma mort, en permettre l'envoi.
DANTON, prenant les lettres.
Donnez; et fiez-vous, sans crainte, à ma promesse. Toutes deux, je le jure, iront à leur adresse.
— J'étais au tribunal, et j'ai tout entendu, (lliarlotte. Vous avez fièrement répondu.
J'ai désiré vous voir; j'ai pensé que peut-être Vous auriez quelque envie aussi de me connaître. ^ous devons nous comprendre. — Enfin, je vous le dis,
Charlotte fait un mouvement.
Vous m'avez remué; j'aime les gens hardis. — S'il est une faveur qui d'un homme dépende. Vous pouvez , ô Charlotte ! en faire la demande : Que je perde mon nom si l'on n'y fait pas droit!
CUARI.OTTE.
J'accepte, et je demande une réponse.
DAMON
Soit.
CHARLOTTE
Que font les girondins dont j'ai servi la cause? Sont-ils victorieux?
DANTON
Demandez autre chose.
CHARLOTTE
Répondez! c'est promis. — Sommes-nous vainqueurs?
DANTON
Non.
Vos amis ont été vaincus près de Vernon.
CHARLOTTE
0 Dieu! — Mais on pourra recommencer la lutte?