‹ Œuvres complètes de F. Ponsard (volume 4)Chapitre 9 sur 112 · DISCOURS DE M. DESIRK NISARD · texte numérisé non relu

DISCOURS DE M. DESIRK NISARD

fois pour r Honneur et l'Argent, ont faractiM'isé votre succès. Le théâtre n'en a guère vu ([ui aient été plus éclatants, en faisant moins de bruit.

Il y en a des causes particulières que je voudrais bien indiquer. Vous protestiez tout à l'heuî'e. au nom des anciennes gloires du théâtre, contre ceux qui veulent que la tragédie soit morte. Non. elle n'est pas morte, ni près de mourii'. Elle vit. non-seulement dans les chefs-d'œuvre des maîtres et dans les belles scènes de leurs disciples; elle vit dans nos esprits comme un genre national, comme une des formes supérieures de ridée française. Ce n'est pas la tragédie de tout le monde, c'est la notre. Nous ne dédaignons pas celle (|ui va chercher ses exemples chez nos voisins, et qui tient à se rapproclier du drame, au risque de glisser dans le mélodrame. Nous avons même cru un moment (jue c'était la bonne. 3Iais, après une courte infidélité, nous en sommes revenus h la première, et nous commencions à la redemander quand vous êtes venu nous la rendre.

Notre éducation nous y a préparés. Ce n'est pas impunément qu'on nous l'a fait ai)prendre dans Corneille et llacine. Corneille et Racine y étaient préparés euxmêmes par le goût de la nation.

Ce goût, que nous portons tous au tliéatre, c'est celui des peintuies morales, des analyses de caractères, de tout ce qui fait voir le fond des cœurs. Notre nation y excelle par- dessus toutes les autres. Nous voulons que le poète dramatique soit observateur et moraliste. Sans doute, la perfecti(jn, c'est de joindre à l'intérêt

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