‹ Œuvres complètes de F. Ponsard (volume 4)Chapitre 90 sur 112 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

Mais un jeu dangereux pour celui qui le joue.

Il va s'asseoir vers la cheminée.

DAXTON , qui l'a écouté, les bras croisés.

Fais ce que tu voudras, pardieu! Je suis dressé

A menacer, et non k me voir menacé.

Je m'appelle Danton. — Vois-tu cette main large

Qui broie un trône et lance un peuple au pas de charge!

Ne la trouves-tu pas assez forte, dis-moi,

Pour t' écraser toi-même en s' abattant sur toi?

— Va , ma tête est solide encor sur mon épaule ; La Révolution tourne autour de ce pôle.

Trouve un autre Danton, si tu peux. — Jusque-là, Regarde avec respect la tête que voilà.

— Écoute : je suis franc, ne craignant rien au monde; J'ai voulu, comme vous, terrasser la gironde.

Si j'avais appuyé ceux que j'ai combattus,

Ils seraient les vainqueurs, vous seriez les battus.

J'ai voulu leur défaite et ne veux pas leurs têtes;

Ils sont représentants aussi bien que vous l'êtes;

Je ne veux plus livrer ce nom à des mépris

Que le peuple déjà n'a que trop bien appris.

Plus d'échafaud d'ailleurs, ni pour eux, ni pour d'autres !

— Mes yeux ne sont pas plus timides que les vôtres : Je comprends un moment de colère, un frisson,

Un vertige sanglant qui trouble la raison.

Déchaîne les instincts de la bête féroce ,

Et pousse tout un peuple à quelque drame atroce.

L'humanité gémit et se voile le front ;

C'est la vengeance, c'est épouvantable et prompt;

I. Marat assis à gauclio, Danton debout au milieu de la scène, Robespierre assis à droite.

332 r.II \ lUJ) l'ïl' COHDAV.

— Mais ({ue la fièvre cesse et la soif soit la même! Ki'iger froidement l'écJiafaud en système !

Fi donc! j'aimerais mienx, moiirant avec honneur, Être guillotiné, qu'être guillotineur!

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