SCÈNE VII
RODOLPHE, soui.
L'ingrat! le mauvais cœur! — Mais non, il n'est qu'aigri.
C'est un état fiévreux qui peut être guéri.
Et qui donc, parmi ceux qui parlent de courage.
Eût, sans ployer un peu, souffert le même orage?
Le malheur — c'est tout simple — étonne cet enfant ;
Mais l'honneur est vivace et sera triomphant.
H fallait lui parler comme on parle au malade , ^ Le flatter, et chercher le ton qui persuade; i Sans le lui laisser voir, il fallait le guider, I Si bien que par lui-même il crût se décider. / Au lieu de me montrer doux et prudent, que fais-je? ' Je le sermonne, ainsi qu'un enfant au collège;
Le sachant ombrageux, je le blesse d'abord.
Et semble me complaire à prouver qu'il a tort.
— Ah! c'est moi qui me tiens en estime trop haute; L'orgueilleux, c'est moi seul; à moi seul est la faute;
tu L'HONNEUR ET L'ARGENT.
Je suis mauvais ami; George a raison. — Ah! ciel! Quoi ! comment réparer mon langage cruel !
Lmcîla et LAure, se donnant le bia«, passent par la salle dn bal» an fond du théâtre. — Rodolphe, qni les aperçoit , fait un geste, comme frappé d'une idée subite ; il va précipitamment vers elles.