ACTE CINijUIÈME
L A U R E y affectueusement.
Monsieur n'a pas besoin d'être ici présenté;
Il doit être bien sûr qu'en venant chez mon père,
11 trouvera toujours une amitié sincère.
CJeorge s'incline M. MERCIER, â George.
Pnis-je savoir...?
LE NOTAIRE, bas, à George.
Allons! c'est le moment.
Rodolphe fait également signe à George de parler. GEORGE, bas, à Rodolphe, en lui montrant Laure.
Eh quoi !
— Devant elle !
C'est vrai. Je vais parler pour toi.
A M. Mercier.
Vous avez vu, monsieur, — chose assez peu commune! — Comment un noble cœur sait perdre sa fortune. Et vous n'en apprendrez qu'avec plus de plaisir Comment un cœur vaillant a su la ressaisir.
— Notre ami, possesseur d'une papeterie , A fait, avec succès, appel à l'industrie ;
Le voilà riche encor, moins qu'autrefois, mais mieux : Car il l'est par lui-même, et non par ses aïeux.
LE NOTAIRE, à M. Mercier.
C'est exact. Ses débuts passent mon espérance.
11 a l'ordre, le zèle et la persévérance.
Son usine déjà lui rend cinq mille écus ,
Et lui rapportera, l'an prochain, deux fois plus.
1. Laure, à gauche; le notaire, M. Mercier, Rodolphe, George et Lucile à droite.
r^ L'HONNEUR ET LARGENT.
M. MERCIER
J'en suis charmé, messieurs; mais je cherche à comprendre» En ce qui me concerne...
Ah ! vous allez l'entendre :
Quand George se livrait à des soins si nouveaux.
Regardant Lucile.
Je crois qu'un doux espoir soutenait ses travaux.
LE NOTAIRE, A M. Mercier, en lai montrant Lucile.
En un mot, cher monsieur, il aime votre fille.
M. MERCIER
Mais c'est donc l'amoureux de toute ma famille !
LAURE, à part, regardant sa sœur, qui paraît joyeuse.
Elle l'aime.
GEORGE, à M. Mercier.
Il est vrai qu'une première fois Le sort n'a pas été favorable à mon choix ; Ce fut un rude coup, monsieur, je vous le jure. Et mon cœur a longtemps souffert de sa blessure.
M. MERCIER
Si j'avais écouté mes goûts, il est certain...
GEORGE
Je n accuse en cela que mon mauvais destin.
Quoi qu'il en soit, j'eus peine à reprendre courage ,
Et dans ce désespoir tout aurait fait naufrage,
Si le ciel adouci ne m'avait réservé
Un bon ange gardien par qui je fus sauvé.
— Cet ange , ce sauveur, monsieur, c'est votre fille.
LUCILE, A part.
C'est donc bien vrai !
GEORGE
J'aurai, dans la même famille.