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68 ULYSSE
Tes fils ont péri devant Troie, Et leurs corps ont été la proie Du chien immonde et du vautour; D'autres, plus malheureux encore, Errant du couchant à Taurore, Ne connaîtront pas le retour.
Ah! plût au ciel que la tempête, A la voix d'un dieu punisseur, Eût noyé dans la mer de Crète Et l'amante et le ravisseur!
La jeune épouse abandonnée y Foulant sa robe d'hyménée, Ne pleurerait pas son mari ; Et le vieillard, d'un œil inerte, N'eût pas vu sa maison déserte, Où son premier-né fut nourri !
ULYSSE, i Bumée.
Ami , quel était donc ce riche et vaillant homme Dont tu pleures la mort? dis-moi comme il se nomme; Car je l'ai vu peut-être aux lieux où j'ai passé. Et je pourrai te dire alors ce que je sai.
Tel que l'on croyait mort est plein de jours peut-être ; C'est quand on l'a pleuré qu'on le voit reparaître.
EUMKE.
vieillard, ne crois pas nous abuser. Souvent Des voyageurs ont dit qu'Ulysse était vivant; Car tous les étrangers sont prodigues de fables , Pour être bien reçus et se rendre agréables.
Ma maîtresse écoutait leurs récits mensongers, Puis de riches présents chargeait ces étrangers ,