‹ Œuvres complètes de F. Ponsard (volume 5)Chapitre 19 sur 234 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Et peut-être veux-tu tromper aussi la veuve ,

Pour troquer tes haillons contre une robe neuve.

Mais Ulysse est bien mort, et, privés d'un tombeau,

Ses restes ont servi de pâture au corbeau.

C'est un deuil pour tous ceux qui l'avaient pu connaître.

Et plus encor pour moi qui perds un si bon maître.

— Mais bois en paix. — Les morts ne peuvent revenir. — Bois, et n'éveillons plus ce triste souvenir.

OLYSSE.

Ami , quand tu devrais les prendre pour des fables , Je te dirai pourtant des clioses véritables.

Je fais serment, et prends Jupiter à témoin Qu'Ulysse vit encore et même n'est pas loin.

MonTement parmi les porchers , qui se rapprochent d'Ulysse.

Je l'ai vu de mes yeux au pays des Tbesprôtes;

— Car la nef où j'étais échoua sur leurs côtes, Et je trouvai chez eux des hôtes complaisants Qui, m'ayant accueilli, me firent des présents.

— Or, tlysse était là; je le vis en personne. Il avait consulté l'oracle de Dodone,

Et préparait déjà, pour revenir chez lui.

Ses vaisseaux qui sans doute ont fait voile aujourd'hui.

— Tiens donc pour assuré, si le vent est propice. Qu'avant la fin du mois tu reverras Ulysse.

LE CHOEUR*

Ecoute ce vieillard, Eumée. Il n'a pas l'air

D'un menteur; il a pris à témoin Jupiter.

Pour moi , je crois vraiment qu'il a vu notre maître ,

Et je sens dans mon cœur l'espérance renaître.

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