‹ Œuvres complètes de F. Ponsard (volume 5)Chapitre 20 sur 234 · Par^é et dit par le coryphée · texte numérisé non relu

Par^é et dit par le coryphée

70 ULYSSE

EUMÉE

J'ai tant vu d'étrangers qui nous parlaient ainsi!

LE SERVITEUR

D'autres ont pu mentir, et non pas celui-ci.

EUMEE.

L'espoir toujours déçu renouvelle la peine.

Pourtant l'espoir vaut mieux qu'une douleur certaine^

ULYSSE

Ta méfiance est grande , ami ; mais , si tu veux ,

Nous ferons un marché que nous tiendrons tous deux^

Si j'ai dit vrai tantôt, et qu'Ulysse revienne,

Je veux une tunique en place de la mienne;

J'en aurais grand besoin, car je vais presque nu;

Mais je ne la veux pas qu'il ne soit revenu.

Que si je t'ai menti, disant qu'Ulysse est proche,

Fais-moi précipiter du sommet d'une roche.

Afin qu'à l'avenir les autres indigents

Craignent de mal parler et de tromper les gens.

EUMEE.

Je ferais là, vraiment, une action louable.

De tuer un vieillard qui s'assit à ma table ! — Parlons mieux.

A quelques-uns des porchers.

Jeunes gens, apportez le vin vieux Pour les libations que l'on doit faire aux dieux.

LE CHOEUR, aux jeunes gens qui sortent ^.

Hâtez-vous, jeunes gens. La coupe de vin pleine Est une bonne chose après un jour de peine.

A Uljsse.

Je boirai volontiers un coup en ton honneur,.

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