‹ Œuvres complètes de F. Ponsard (volume 5)Chapitre 196 sur 234 · II. Î · texte numérisé non relu

II. Î

AOt CE QUI PLAIT AUX FEMMES.

GONTARD

Comme on s'accoutume à la faim, — jusqu'à ce qu'on en meure.

LA COMTESSE

Quelle exagération ! Est-ce qu'on meurt de faim? Estce que la charité ne frappe pas à toutes les portes ? Est-ce que chaque arrondissement ne compte pas un bureau de bienfaisance? Moi-même, ne suis-je pas dame patronnasse de plusieurs bonnes œuvres? La semaine dernière, n'ai-je pas fait une quête, — qui a été fort productive ?

GONTARD

Les pièces d'or tombaient dans votre bourse, comme les pièces d'argent dans celle des autres quêteuses.

J'ai eu trois cents francs de plus que madame de Grigny, qui enrageait. — L'autre jour, n'ai-je pas joué un proverbe , au bénéfice des crèches ?

GONTARD

Et vous avez joué à ravir: c'est vous qui avez eu tous les applaudissements.

LA COMTESSE

Ne vais-je pas donner, au profit des orphelines, un concert où je chanterai mon grand air de la Norma?

GONTARD

J'accorde tout cela.

LA COMTESSE

Alors, pourquoi semblez-vous m' accuser? pourquoi déclamez-vous?

GONTARD

Je ne croyais pas avoir déclamé.

LA COMTESSE

Si. Je lis dans votre pensée , et j'y vois de vieilles dé-

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