‹ Œuvres complètes de F. Ponsard (volume 5)Chapitre 214 sur 234 · LA REINE DES FEES · texte numérisé non relu

LA REINE DES FEES

Déjà les brises plus chaudes Ont fondu les froids glaçons, Et posé des émeraudes Sur la pointe des buissons.

Les Alpes, longtemps muettes, Retentissent de clochettes; L'air se peuple d'alouettes.

Et la forêt de pinsons.

Pervenches et primevères Tendent au moineau mutin Leurs calices, légers verres Pleins des larmes du matin ; An fond du muguet, qu il penche.

Il boit une perle blanche, Un saphir dans la pervenche, L'améthyste dans le thym.

Nous sommes la sève pure De l'herbe et de l'arbrisseau ; C'est notre voix qui murmure Dans le babil du ruisseau ;

Quand avril fait tout renaître, La vie à flots nous pénètre , Et notre âme, heureuse d'être, Monte au ciel avec l'oiseau.

Mais quand l'hiver nous assiège, Nous rentrons dans le néant, Couvertes d'un 'toit de neige, Au fond d'un antre béant; A sa voûte humide et nue Pend une glace menue.

Comme une barbe chenue

Au menton d'un vieux géant.

Sortons de l'asile sombre Qui cache notre sommeil; Quittons le silence et l'ombre Pour le bruit et le soleil.

Venez, reines vagabondes Des prés, des bois et des ondes; Par des danses et des rondes Célébrons notre réveil.

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