SCÈNE VII
LA COMTESSE, GONTARD
GONTARDf i la comtesse, en la contemplant avec attendrissement.
Non ; vous ne pouvez pas vous imaginer combien vous me paraissez belle.
LA COMTESSE, absorbée dans ses réflexions.
Je n'avais jamais vu de près la vraie misère; je ne me représentais que celle dont on parle dans les romans et les pièces de théâtre.
GONTARD
Celle-là, c'est la pauvreté dorée; les auteurs ont soin de ménager vos nerfs, et ne vous offrent que des indigences gracieuses, des infortunes si coquettes, qu'elles donnent envie d'être pauvre. J'ai fait un peu comme eux; je vous ai menée d'abord chez une jolie fille. Que serait-ce si je vous avais conduite dans des bouges infects , chez les moribonds, chez les mères et chez les vieillards; si je vous avais montré des enfants poitrinaires couchés sur la planche humide , et des octogénaires grelottant dans des
sacs !