‹ Œuvres complètes de F. Ponsard (volume 5)Chapitre 39 sur 234 · AMPHINOME · texte numérisé non relu

AMPHINOME

Non , reine. On n'en veut pas aux jours de Télémaque ; Et je le défendrai, moi, si quelqu'un l'attaque; Mais , pour vous délivrer de tout sujet d'ennui , Que ne consentez-vous à choisir un appui?

PÉNÉLOPE, doacement.

Je ne repousse pas un second hyménée, Amphinome. Chacun subit sa destinée.

— J'envie une autre veuve : heureuse en ses douleurs, On lui laisse du moins la liberté des pleurs;

Après avoir perdu l'époux qui fit sa gloire.

Elle peut d'un long deuil honorer sa mémoire;

Nul regard n'éplra ses souvenirs secrets;

Elle pourra dormir seule avec ses regrets.

Moi, traînée aux autels, comme on l'est au supplice,

Je dois voir un autre homme en la couche d'Ulysse;

— Et, pour accroître encor ma tristesse, je vois Que l'on met en oubli toutes les vieilles lois. Quand on veut épouser une femme, l'usage N'est pas de l'aborder avec un dur visage ;

On craint de lui tenir de trop rudes propos ; On ne consomme pas ses vins et ses troupeaux ; Hais, chacun d'un présent appuyant sa demande. C'est à qui peut lui faire une plus riche offrande.

ANTINOUS

Pénélope , c'est bien ; nous enverrons chez vous Toute sorte d'habits, d'urnes et de bijoux; Et vous veiTez alors, sage fille d'Icare, Qui de nous vous fera le cadeau le plus rare. Mais je déclare encor — c'est un point résolu — Qu'il faut que dès demain cet hymen soit conclu.

Les prétendants sortent, après avoir salué Pénélope.

JiOl ULYSSE.

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