‹ Œuvres complètes de F. Ponsard (volume 5)Chapitre 87 sur 234 · MERCIER · texte numérisé non relu

MERCIER

Monsieur, votre recherche et m'honore et me flatte ; Mais marier ma fille est chose délicate :

On doit fort réfléchir sur ce grave sujet.

LE NOTAIRE

Eh ! monsieur, vous étiez tantôt beaucoup plus net. €roirai-je que l'honneur ne vous plaît qu'en maxime. Et qu'au fond l'argent seul a toute votre estime ?

M. MERCIER

Croyez si bon vous semble; on sait mes sentiment*?, Et je suis au-dessus de vos faux jugements.

Montrant George.

Ce que monsieur a fait me semble fort honnête, Et ce n'est nullement ce motif qui m'arrête.

Peut-être aurais-je droit de paraître offensé Que de mon humble avis on se soit dispensé ;

Mais je l'eusse donné sans doute tout semblable-,. Et cet acte à monsieur me rend plus favorable.

LE NOTAIRE

Alors, rien ne s'oppose au contrat, Dieu merci!

H. MERCIER

Monsieur, permettez-moi d'être juge en ceci.

Je ne refuse point, ni n'accorde ma fille ; Je connais mes devoirs de père de famille, Et veux l'interroger d'abord avec douceur ; Car je ne prétends point violenter son cœur.

GEORGE

C'est fort juste, monsieur, et je ne veux moi-même Que de son libre choix la personne que j'aime.

M. MERCIER^, à George.

Puis ma fille est bien jeune... Au surplus, nous verrons»

GEORGE

Mais comment dois-jeî...

M. MERCIER., affectueusement.

Adieu , nous en reparlerons.

Au notaire sèchement.

Serviteur.

U sort.

SCEJ^E XL

GEORGE, LE NOTAIRE

GEORGE

Oh!

LE NOTAIRE

£k bien !

Qu'en dites-vous?/

LE NOTAIRE

C'est louche.

GEORGE, se laissant tomber sur une chaise.

mon Dieu!

LE NOTAIRE

Pauvre enfant! son désespoir me touche.

Allant à George , et lai posant la main sur l'épaule.

Ne vous désolez pas ainsi ; rien n'est perdu ; Et peut-être, après tout, ai-je mal entendu.

Il ne refuse pas, à vrai dire, — il hésite.

George parait reprendre espérance.

— Sortons ; nous dresserons notre plan de conduite.

184 L'HONNEDR ET L'ARGENT.

Un salon chez M. Mercier.

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