SCÈNE V
GEOnCE, LE CAPITALISTE.
LE CAPITALISTE
Bonjour, mon jeune ami; que diantre faisiez-vous Avec ces usuriers, boursiers et grippe-sous?
GEORGE
Je voulais emprunter, étant certain de rendre.
LE CAPITALISTE, riant.
Ah ! ah ! c'est la candeur de Tâge le plus tendre. Vous croyez que l'on prête ainsi, sans sûreté, Sur le talent d'un homme, ou sur sa probité?
On ne prête, mon cher, étant hors du collège. Que sur bonne hypothèque ou sur bon privilège.
— Que ne m'avez-vous cru ! la dot eût été là. Et vous n'en seriez pas au point où vous voilà. Enfin , si mes conseils vous trouvent plus docile , Je prétends vous tirer de ce pas difficile.
— Avez-vous eu recours à tous les créanciers?
GEORGE
Oui. Ne me parlez plus de Cc?s êtres grossiers.
MO. LHONI^BUa ET L'AUGENT.
Rappelez-vous donc bien la liste tout entière :
— Vous oubliez quelqu'un.
G^ÊORGE.
Et qui?
LE CAPITALISTE
La créancière.
GEORGE
Une femme I Emprunter d'une femme! Fi donc!
Je n'accepterais pas.
LE CAPITALISTE
Un emprunt; mais un don?
GEORGE
Encor moins!
LE CAPITALISTE
Si le don de la main raccompagne?
— On peut tout accepter d'une tendre compagne.
GEORGE
Vous rêvez.
LE CAPITALISTE
Point du tout. — fortuné vainqueur !
Votre noble action a su toucher son cœur.
De vous elle raffole, et, d'un nœud légitime. Vous pouvez enchaîner votre douce victime.
Elle a cinquante ans.
LE CAPITALISTE
Non : quarante-cinq, au plus,
— Et je ne les crois pas tout à fait révolus.
GEORGE
Peste !