‹ Œuvres complètes de F. PonsardChapitre 114 sur 219 · ANTONIA, LIVIE · texte numérisé non relu

ANTONIA, LIVIE

VIYIAX, embrassant Galilée.

Cher et vénéré maître I

GALILÉE

Ainsi, vaillant jeune homme, Pour me presser la main, vous venez jusqu'à Rome.

VIVIAN

Oui, certe, et non pas seul; nous sommes tous ici, Torricelli, Péri, Sagredo, Guiducci, Nardi, nous tous enfin qui vous devons, ô maître, Le bonheur de penser et l'orgueil de connaître.

GALILÉE

Où sont-ils?

468 GALILÉE

TIYIANy étendant la main Tort la fenêtre qui donne sur la me.

Sous ces murs; — seul, j'ai pu pénétrer,

Montrant Miccolini.

Grâce à l'ambassadeur que je viens d'implorer.

NICCOLIM.

Tenez votre promesse, en retour.

GALILÉE, regardant la fenêtre.

. Beau cortège Du captif, que n'ont pas les puissants sur leur siège I Qu'ils soient les bienvenus I Sans doute ils viennent voir Si mon ferme maintien répond à leur espoir, Et si je sais parler d'une voix aussi fière Au pied de mon bûcher que du haut de ma chaire.

VIVIAN

Maître, si nous étions à Florence : « C'est bien, Dirai&-je, résistez et ne rétractez rien. »

Là respire et palpite une jeunesse ardente; L'enthousiasme habite en la terre de Dante ; J'ameuterais la foule, et tous, peuple, écoliers, Nous vous arracherions à vos sombres geôliers. Mais vous êtes dans Rome, où pèse leur main lourde; Au bruit d'un nom fameux la multitude est sourde; Les appels de l'esprit n'y trouvent point d'échos. Et ce qui nous émeut la laisse en plein repos. Que lui fait la pensée et ses nobles conquêtes? Elle ne veut encor que du pain et des fêtes.

Et vous verrait périr sur le bûcher en feu.

En tombant à genoux et rendant grâce à Dieu.

GALILÉE

Et qu'en concluez-vous?

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