SCENE IV
Les Mêmes, ALAIN, entrant an* Ultro i U mtla.
ALAIN
Monsieur le comédien, c'est une lettre pour vous.
MOLIERE, prenant la lettre.
Qui est-ce qui te Ta remise?
ALAIN
Un homme à cheval, avec de grandes bottes et un habit tout galonné ; il a dit comme cela qu'il attendait la réponse.
Alain aort.
LE COMTE
Lisez, monsieur. Nous ne sommes pas là pour vous gêner en rien.
Molière lit la lettre dam un coin.
LE MARQUIS, au comte, sur le devant du théAtre.
En vérité, comte, je ne vous savais pas si plaisant. N'avez-vous point de scrupule de tourner la tête à ce pauvre homme, qui prend au sérieux vos railleries?
LE COMTE
Je ne raille point ; j'ai parlé en toute sincérité.
LE MARQUIS
Quoi I tout de bon ?
LE COMTE
Tout de bon.
sot MOLIÈRE A VIENNE.
LE MARQUIS
Vous pensez ce que vous lui avez dit de flatteur?
LE COMTE
Assurément.
LE MARQUIS
Vous estimez que le Mattre décale est une bonne pièce !
LE COMTE
C'est Tœuvre d'un homme qui fera de bonnes pièces.
MOLIERE, après avoir la la lettre, l'approchant d'une table sur laqueUe sont des papiers et une écritoire, an fond du théâtre.
Vous permettez que je réponde?
LE COMTE
Faites à votre aise ; nous avons tout le loisir d'attendre.
LE MARQUIS, an comte.
Vous m'étonnez singulièrement; je me demande par où cette comédie a pu vous plaire. Pour moi, je n'y ai vu que des marchands, des rustres et de petites gens, qui tenaient les propos les plus vulgaires, comme en tiennent ceux de leur espèce. Le dialogue m'a paru du dernier bourgeois ; on y chercherait en vain quelque chose de fin et de galant, quelque trace du beau style, quelque repartie qui vous surprenne par un tour rare et inattendu ; tous les jours, on entend, dans la vie ordinaire, les mêmes choses, dites de la même manière, et c'est là un mince régal pour des oreilles accoutumées aux délicatesses dont la bonne compagnie assaisonne ses conversations.
LE COMTE
Vous êtes jeune, mon cher marquis, et je comprends que vous donniez dans les raffinements de Fhôtel de Rambouillet et des ruelles du beau monde. Vous senti-