‹ Œuvres complètes de F. PonsardChapitre 155 sur 219 · DIMANCHE, se parlant i lui-môme · texte numérisé non relu

DIMANCHE, se parlant i lui-môme

Je suis encore tout ému de Tinsolence de ce Purgon!

MOLIÈRE, aTec beaucoup de cirilité.

Asseyez-vous, je vous en prie.

M. DIMANCHE, s'asseyant.

Vous êtes bien bon. (a lui-môme.) Le drôle refuse ma fille !

MOLIÈRE

J'ai entendu vanter la qualité de vos draps, et j'ai résolu de m'adj-essev à vous pour les costumes qui me sont nécessaires.

M. DIMANCHE

Monsieur, vous ne sauriez mieux vous adresser; il est certain que mes draps sont de première qualité, et que je ne surfais pas le prix, (a lui-môme.) Comme si ce Purgon était un si beau museau! Pardieu! je ne suis pas embarrassé de mieux établir ma fille.

On dit, monsieur Dimanche, que vous avez une charmante fille.

M. DIMANCHE

Oui, oui, ma fille n'est pas mal. Mais ce sont mes draps qui sont beaux !

MOLIÈRE

Est-ce que vous ne songez pas à la marier ?

M. DIMANCHE

Si fait, j'y songe, (a lui-môme.) Maraud de* Purgon! (A Molière.) Combien vous faut-il d'aunes de drap?

t4S MOLIÈRE A VIENNE.

MOLIÈRE

Un habit de père noble et un habit d'amoureux. — Monsieur Dimanche, on doit marier les filles de bonne heure; vous savez la chanson :

J*aimenis mieux garder Cent moutons dans an pré...

M. DIMANCHE, calculant.

Deux et demie — trois — quatre — cinq aunes de drap. (▲ lai-mèmo.) Le coquin !

MOLIÈRE

Avez-vous quelqu'un en vue, qui convienne à votre nile?

M. DIMANCHE

Non, pas pour le moment, (calculant.) Cinq fois trente font cent cinquante; cela ira aux environs de cent cinquante livres.

MOLIÈRE

S'il e:i est ainsi, j'aurais un gendre à vous proposer. — Ah ! j*y pense, il me faudra encore un habit (Fapothicaire.

M. DIMANCHE

Quel apothicaire? Purgon?

MOLIÈRE

Je ne sais ce que c'est que Purgon. Je vous parle d'un habit d'apothicaire dont j'ai besoin pour ma troupe, et dont vous me fournirez le drap.

M. DIMANCHE

Ah 1 ah ! une aune de drap commun : vingt-cinq livres.

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