‹ Œuvres complètes de F. PonsardChapitre 192 sur 219 · LA BRANCHE D'AUBÉPINE · texte numérisé non relu

LA BRANCHE D'AUBÉPINE

C'était au mois de mai, je vous donnais le bras ; L'orage nous surprit et la pluie apaisée Suspendit, en fuyant, des gouttes de rosée Sur le feuillage vert des printaniers lilas.

Alors, vous, saisissant une branche d'en bas Vous la fîtes pencher sur ma tête arrosée, Et puis, vous vous sauviez, quand d'une bouche osée Je vous pris deux baisers pour punir vos ébats.

Et pourtant, je disais dans le fond de mon âme : (f Oh! la douce vengeance! oh! de grâce, madame. Faites que je la puisse infliger de nouveau ! »

Et je disais encore : a Et vous, branches voisines, Pleurez sur moi, lilas! et pleurez, aubépines! Un baiser est au fond de chaque goutte d'eau. »

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