ACTE DEUXIÈME
LA MARQUISE
Oui.
MADAME TALLIENw
Son père Était, m'avez-vous dit, un de vos paysans?
LA MARQUISE
Un pauvre tonnelier. Le fils, vers ses quinze ans, Est entré, sachant lire, en une imprimerie; II s'est mis à l'élude alors avec furie; Volontaire à Valmy, puis chef de bataillon,.
Le voilà tout-puissant dans la Convention.
MADAME TALLIEN
Merveilleux coup du sort! renversement étrange Qui soumet aujourd'hui le manoir à la grange! — Savez-vous qu'il nie vient des choses à l'esprit, Folles, vagues, sans nom, ces choses dont on rit?
LA MARQUISE
Quoi donc?
MADAME TALLIEN, te levant.
Non. Je sais bien, par ce temps incroyable, Que l'impossible est vrai, que l'absurde est probable; Mais je ne dirai rien. Non, non. — N'êtes-vous pas Quelque peu fiancée au comte de Maupas?
LA MARQUISE
11 est vrai. C'est le vœu le plus cher de mon père; Ce fut de mon mari la volonté dernière; Des raisons de famille appellent cet hymen; l'attends sa liberté pour lui donner ma main.
MADAME TALLIEN
Manœuvrons vite alors, afin qu'on l'élargisse;
Rien ne peut le sauver s'il paraît en justice. Lecomte est criminel, c'est certain : c'est l'agent Qu'auprèsdes Vendéens employait le régent.
— Nous en reparlerons; voici toute ma troupe.
Plusieurs personnes se montrent à rentrée du salon. LA UARQUISE» apercevant Humbert.
Il est là; je le vois.
MADAME TALLIEN
Où?
LA MARQUISE
Derrière ce groupe.
On s'approche de madame Tallien, qu'on salue. Des femmes s'assoient à côté d'elle.