‹ Œuvres complètes de F. PonsardChapitre 80 sur 219 · ACTE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIÈME

LA MARQUISE

Non.

Montrant Hambert.

De mon sort désormais voici le compagnon.

LE COMTE

Quoi!

LA MARQUISE

Cette volonté me peut être permise; Je me suis jusqu'ici montrée assez soumise.

Cédant aux préjugés qui n'étaient pas en moi, A l'homme que j'aimais j'ai retiré ma foi; J'ai fait plus, j'ai promis d'en épouser un autre, Et j'ai brisé mon cœur pour contenter le vôtre ; Puis je vous ai suivis, vous et ce fiancé, Dans les mille hasards d'un projet insensé; Il ne vit plus; il est tombé sur ce rivage, Avant le jour qui dut fixer mon esclavage; Je suis quitte envers vous. Vous m'avez par deux fois. Ne consultant que vous, imposé votre choix ; Souffrez que, sans pousser plus loin le sacrifice, Me consultant moi-même à mon tour, je choisisse Et qu'après l'ouragan, à peine radouci.

Qui m'aura si longtemps roulée à sa merci.

Opulente, indigente, élevée, abaissée, Et marquise, et servante, et veuve, et fiancée. De tant de sorts divers j'écoute la leçon, <

Et sois tout bonnement heureuse à ma façon.

Regardant Hambert.

C'est lui que je choisis; c'est à lui que je fie

Le soin de me créer une plus douce vie.

Je Fai trouvé toujours tout noble et tout loyal»

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