‹ Œuvres complètes de Fénelon, archeveque de Cambrai. Précédées de son histoire littéraire (volume 2)Chapitre 12 sur 422 · INNOCENTIUS PAPA XII · texte numérisé non relu

INNOCENTIUS PAPA XII

Ve.nerabilis Fraler, salutem et aposlolicani benediclionem. Ubi priniùin uccepiiiius Fiaternitatis tucC , mense aprili proximè elapso , ad nos dalas litleras , unaqiic cum illis exemplar INIandali , quo apostolicai nosti-cfi, libri a te editi cum viginti tribus inde excerptis propositionibus, daiDnationi buniiliter adhœrens, cam couiniisso libi gregi prompto obsequenlique animo edixisli ; suinniopcre la^tati sunius. Novo siquidem hoc débita; ac sincerœ tuœ erga nos et banc sanclam sedetn devotionis atque obedienlia: argumento, illaui quani de Frateinitate tua jamjti'ideni animo conceperamus, opiuionem abunde conlirmasti. Nec sanè aliud nobis de te polliceliamur ; qui ejusiiiodi voluntatis tucc propositum diserte expHcasti , ex quo ab bac ca-terarum matrc et niagistraEcclesiadoceri ac corrigi démisse postulans, parafas ad suscipiendum verbum veritatis auresexbibuisli ; ut quid tibi aliisque de libro tuo prajfalo. contentaque in eo doclrina seiitienduin esset , prolalo a nobis judicio statuerelur. Tua) ilaque solbciludinis zclum , quo ponliliciii) sauctioni alacriter obseciilus fuisti , plurimînn in Domino commendantes , pasloralibus laboribus ac votis tuis adjutorem et prolectorom omuipotenlem Dcum ex aiiimo i)rccamur ; tibique , vencrabilis Fraler, apostolicam benedictionem peramanter itupertimur. Dalum Rom.c, sub aunulo Piscaloris, die la. maii , urino KiUO, ponlilicalùs nostri anno oclavo.

DE iM. HADOLOVIC , ARCHEVÊQUE DE CHIÉTI , AU MÊME.

11 lui lénioiyne l'estime et la vénération la plus sincère.

Roina', 12 maii 1699.

Si>"GLLARE.n bumanitatcin , quain tuic ad me litlerœ transacli auni pertuleruut , frenori quideni mibi dedisti, Prœsul illustrissime. Nam veneratio quâ tuos mores ac docirinam [)rosequebar , cum tua virlute paritcr crevil ; nisi dicere fas sit , (|uôd iucapax incrementi \irtus tua , crevisse nibilominns videatur , sicut de Christo Domino tesfalur Evangelisla : Jetius pnificiebat sapicntiô et œtate. Huic respondet vcuerationi prtesens ofticium, quo maximas tibi gratias ago pro summa benevolenlia, quam erga me et in scriptis exercare voluisti , et ore ornatissimi vicarii tui, qui vcrus dici potest Israelita, in quo dolus non est. Reliquum erit, ut ingenui hujus oflicii experimentum sumas ; et sûmes profeclo, si cor Domini nostri Jesu Christi consulas : in eo enim , in quo sem[)er est luum , meuiu invenies , non (juidem a-què ardens ac tuum, sed s[)erans fore ut pari aliquando llammà exardescat : cùm scilicet fusis a le apud Deum precibus, frequentibusque litleris luis intclligam tabler foveri , ut |)Ossim lectè dicere : Nonne cor meum ardens crut, dum loqueretur ? Intérim ne le longo sermonc delincns [)eccem in publica commoda. [lalere ul siibscribar , etc.

Dominationis , etc.

NICOLAUS , Arcbiepi.scopus Tbeatinus.

DCXXXVll. (DCXXXVI.) DU P. CAMPIONI AU MÊME.

Il exalte la piété et la soumission de Fénclon , cl le mérite lie SCS ouvrages.

Vestr.e p!etatis,chrisliana! bumilitalis, et insigiiis obedienlia) in sedem apostolicam adeo , celsissime Dux Arcbipra^sul , luminosi suiil radii , ut ad nos usque, cum adcrna veslri uomi-

CORRESPONDANCE SUR L'AFFAIRE DU QUIÉTISME

nis gloriii , coriini t'ulgor pcrvenerit. Sanc si licerel libeiè alloqui principem dignitate subliniem , sed modestià subliinioreiii . diccrein rénovasse in Ecclesia sua Dcuni j exenipliun illiid adeo deprîpdicatiun Abraha' , qui ad prinium Deipia'cipieulis nuluni perrexilinanolare liiium suuni qucui diligebal Isaac ; et si liceret vivenleni coinijarare nioiluo , qua^ aliqualiter , aut secundùin quid, ut loquitur scbola, vestruni sacriticinin suadercut eininentius. llle Deo obcdivit , sed invisibilité!' loquenti pcr angeluni : vos Deo visibililoi- bDquenli per boininem. licèt Cbrisli vicaiiiiin. llle paratus lantùm fuit ininiolare |)cr dies ; non immolavit : vos per annos parati fuistis iinruolaie , et innnolastis liliuni , non corporis \estii^ sed mentis vestiu*. llle ex iinproviso vocatus secretuni suuin sibi retinuil : \us eliarn ex improvise admoniti de voce sumnii pasloris , mutalo slatim themale concionis quaui populo adornandam attendebalis , ellusi estis in laudes obedientite; nec contenli fuislis laudare verbo , laudastis facto. Toti populo annuntiastis notam vestro operi infixam. Fateor, sunt biecexempla, qute vix pra^dicare sciremus cliristiani fervenliores , non imitari , priesertim in repentinis , nisi fundus j)lusquam heroica; virtutis occuparet animum nostrum. Ha:'C sanè perniittercnl alteri , vos , si non parem , Abrahte supparem dicere. Hanc ego lamen viam non ingrediar , utpotc sandis maxime odiosam, quia eosdem collidit inter se ; et vobis ingratam , quia creditis omai , vel minimà, quautumcunique débita laude vos ofîendi. Ne sim reus tanti sceleris , ne afflicto afilictionem addam , in siuu meo abscoudam qu;c mihi forent dicenda diffusiùs, tum de epistola ad Sanctissimum missa , tum de Mandato populis exhibito , quorum tenorem omncs célébrant a minimo iisque ad maximum, [jnesertim sanctée Inquisitionis cardinales, in quorum eritis alterna memoria. Utinam et vos memores meî sitis, priescrtini si vobis occurrere possit occasio , per quam tesfari possiui, nt jam enixè rogaviillustrissinium D. vestri archiepiscopalùs vicariuui gcneralem , quod vivo , etc.

DCXXXVIll. (DCXXXVII.) DE LARBÉ DE CHANTERAC AU MÊME.

11 lui annonce >;on déijaii de Rome, et lui parle des mouveinens de ses adversaires pour empêcher le Pape de lui adresser un Bref.

A Roiup, ih mai 1699.

J'ai reçu , monseigneur, votre lettre du 24 avril , et je veux y répondre dès ce soir , parce que nous devons partir demain , à quatre heures du matin. Nous prenons la route de Notre- Dame-de-Lorette , et de là nous passerons à Venise. Ce n'est pas le plus court chemin ; mais je le préfère , parce qu'il me donne occasion de voir cette grande ville , et d'y recevoir les nouvelles qui partiront d'ici samedi au soir, afiu de pouvoir vous en donner encore avis , s'il y avoit quelque chose qui le méritât.

Ma lettre de samedi vous reudoit compte des difficultés qu'on faisoit naître chaque jour sur toutes les expressions du Bref que le Pape avoit résolu de vous écrire , pour en retrancher peu à peu toutes les louanges qu'il avoit d'abord pris le dessein de donner à votre doctrine et à votre piété. On a tâché ensuite d'empêcher toutà-fait le Pape d'écrire ce Bref , quoiqu'il eût été résolu en pleine congrégation. Lors(iu'on n'a pas pu l'en détourner, on vouloit du moins l'obliger de l'envoyer au nonce, afin qu'il s'assurât que l'on en seroit content à Paris , avant que de vous le faire remettre entre les mains. La chose avoit été résolue de la sorte, et M. le cardinal Spada avoit déjà répondu qu'il ne pouvoit pas m'en charger , connue il rae l'avoit d'abord proposé. Néanmoins un autre cardinal ayant représenté au Pape que c'éloit trop assujétir le saint siège aux sentimens des cours étrangères , que de leur faire voir cette trop grande timidité qu'un Pape n'osât pas écrire à un archevêque , sans convenir avec les princes de ce qu'il devoit lui mander , le saint Père se détermina tout d'un coup à ordonner qu'on me reuiettroit ce Bref entre les mains, et M. le cardinal Spada me l'envoya, par un de ses aumôniers , à deux heures de nuit , mais scellé comme vous verrez, et sans m'en donner copie, de peur, dit-on, que je ne le tisse voir à Rome, et que vos parties n'en fussent irritées. J'en ai eu par ailleurs néanmoins la copie que je vous envoie, et je porte avec moi l'original. On m'a-

CORRESPONDANCE SUR L'AFFAIRE DU QUIÉTISME

voit déjà bien dit que «e Bref étoil si défiguré par les divers retraiicheniens qu'on \ avoit faits, qu'il n'étoit plus connoissable, ni fort consolant pour vous : mais après l'avoir vu , je compris toujours davantage combien vous aviez raison de me dire que je ne devois point difl'érer de pai'tir pour l'attendre. 11 est pourtant vrai qu'il ne laisse pas, tel qu'il est, de faire un dépit extrême à vos parties. Cela seul, que le Pape vous écrit, qu'il ne vous traite pas d'hérétique, et qu'il est content de votre soumission , les met au désespoir : ils paioissent irrités et confus, comme si on leur faisoit un outrage d'être content de vous. Ils vouloient que votre Mandement fût rejeté , parce que vous ne faisiez aucrme rétractation de vos erreurs, et que vous ne donniez aucune marque de repentir. Plusieurs cardinaux m'ont paru être choqués de les voir dans ces sentimens , et par là ils sont persuadés plus que jamais, que l'ame de toute cette affaire n'a été qu'un désir et un dessein secret de vous perdre entièrement. Là-dessus ils m'ont chargé de vous mander de leur part , en taisant pouriant leur nom , jusqu'à ce que je serois auprès de vous , qu'ils vous conseilloient de vous tenir dans un profond silence , sous quelque prétexte qu'ils voulussent vous engager ou vous mettre dans la nécessité de |)arler pour convenir de la doctrine , pour assure;- le public que vous n'aviez voulu dire que cela, en un mot , quoi qu'ils pussent vous |)roposer, parce qu'il n'est guère possible qu'en expliquant votre pensée , il ne se glissât quelque mot auquel ils donneroient toujours un mauvais sens. Le Pape est content de votre soumission : vous condamnez tout ce qu'il condamne, quelle autre rétractation ou explication peut-on vous demander? Cette fermeté à ne leur ré[)oiidre plus, après avoir donné votre Mandement au public , les confondra, et vous fera grand honneur. Il est certain qu'on ne peut ni louer ni admirer davantage que l'on fait ici , votre soumission , votre Mandement , vos lettres au Pape , toute votre conduite ; et l'approbation même de votre livre n'auroit jamais pu vous attirer tant de gloire ni tant d'estime. Les cardinaux m'ont dit des choses .ii particulières là-dessus , que je dois les réserver à nos conversations.

Je laisst! cette Icllre cnlre les mains d'un ami , qui la mettra samedi à la poste. De Venise, peut-être pourrai-je vous dire quelque chose de plus précis sur la route que nous prendrons. On me fait craindre les chemins de celle des Suisses , <!t de nouveaux embarras dans celle

d'Allemagne , à cause des méconq)tcs qui sont arrivés à Vienne entre l'ambassadeur et l'archiduc '. Il faudra prendre notre parti avant que d'arriver à Milan. Je vous rendrai compte (le tout; et sei-ai toujours avec le même respect et le même attachement ce que je dois êtie pour vous.

DCXXXIX. (DCXXXVIII.)

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