LETTRE A BEAUSOBRE SUR FÉNELON
plus qu'à souftVir et à mourir. Dans ce douloureux état, la lecture de l'Ecriture sainte taisoit toute sa consolation , il prenoit plaisir surtout à entendre lire les endroits où saint Paul parle avec éloge des souffrances. 11 se les faisoit répéter, il les prononcoit lui-niènic avec une satisfaction qui éclatoit en soupirs. Semblable à l'épouse fidèle , il fut trouvé la lanq)e ardente à la main. Déjà il ne vivoit plus , parce que la violence du mal lui troubloit la connoissance par intervalles. Rien de plus patient que lui dans les douleurs, rien de plus soumis à la main qui l'iiiunoloit. Ses dernières paroles furent un évangile de paix. «Je vous recommande, dit-il » à son maître-d'h(jtel, de prendre soin de mon » domestique jusqu'à ce que mes héritiers aient » réglé toutes choses : continuez à l'entretenir » dans la charité et la subordination. » On pense en mourant comme on a vécu. Quelques momens après , il tomba dans l'agonie , que Dieu abrégea pour ne le pas tenir plus longtemps séparé des biens éternels , après lesquels il avoit soupiré avec autant d'ardeur et de persévérance , qu'un cerf altéré qui cherche l'eau pure des fontaines. Mon Dieu , faites que je meure de la mort des justes , et que ma dernière fin soit semblable à la leur : morintur anima mea morte justorian , <'t fmnl nocismna mea horum sindlia * 1