‹ Œuvres complètes de Fénelon, archeveque de Cambrai. Précédées de son histoire littéraire (volume 2)Chapitre 151 sur 422 · PORTRAIT DE L'ABBE DE FENELON · texte numérisé non relu

PORTRAIT DE L'ABBE DE FENELON

Il est temps, messieurs , de jeter les yeux sur le savant précepteur de Mgr le duc de Bourgogne. Vous connoissez sa profonde érudition, son zèle ardent , la pureté de ses mœurs , et combien il est digne de l'emploi glorieux dont il est chargé. Les hérétiques convertis en sont eux-mêmes de fidèles témoins , eux qui n'ont pas été moins édifiés de sa doctrine que de son exemple, dans une ville ' qui a toujours été considérée comme le plus fort rempart de l'eireur,etoù, par l'autorité de notre grand monarque, il en a détruit les fondemens , autantpar sa douceurquepar la force de la vérité.

Son zèle infatigable n'en est pas demeuré là ; CCS ouailles, qui avoienl été tirées pas ses soins de l'égarement . ont été confirmées par sa charité toujours agissante dans la pureté de la foi qu'elles avoient nouvellement reçue ; et il s'est attaché particulièrement à celles que lafoiblesse du sexe expose d'ordinaire au péril évident d'une rechute malheureuse. J'ose dire, messieurs, que l'Église est redevable d'une si belle conquête à cet homme apostolique.

Nous ne pouvons demander une preuve ni plus .sensible ni plus éclatante de cette vérité, que les doctes ouvrages qu'il a mis au jour, et lesélo- ([uentes prédications qu'il a faites. Ne vous semble-t-il pas, messieurs, que l'Esprit saint ait animé ses écrits et ses paroles comme ses exemples ? Ce sont des monumcns sacrés de piété, de science et de politesse , ce seront des sources fécondes , heureuses et pures . d'où le pefitfils de Louis le Grand tirera son instruction. Ce qui fait encore le sujet de notre admiration , c'est que la force du génie, la grâce de l'expression , la faveur du prince , l'amour des grands, et tant d'autres avantages, loin de lui inspirer cet air de vanité qu'on i-espire ordinairement avec [)laisir àla cour, ne servent qu'à entretenir son humilité et sa modestie.

Toute la France n'a pas moins approuvé le choix judicieux que le Roi a fait des autres personnes qu'il a bien voulu associer à l'emploi glorieux de l'éducation de Mgr le duc de Bourgogne. L'un a été rappelé de la Nouvelle-France % où des peuples grossiers ont été civilisés par ses soins, et édifiés par son exenq)le; et l'autrea déjà eu rhonneui" de faire un illustr(^ essai dans la science de former les princes ^,où sa sagesse et son expérience n'ont pas moins paru que la force de son génie.

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