EXTRAIT DU DISCOURS
PAR M. GROS D£ BOZ£
LORSQU IL FIT REÇU A L AC.VDKMIE FRANÇAISE A LA PLACE DE M, DE FÉNELOX , ARCHEVÊQliE DE CAMBRAI ,
le 30 mars ni 5.
Qlel titre avois-je, messieurs, pour prétendre à ce haut degré de faveur, et comment avezvous pu , j'ai presque dit osé , vous prêter à mon ambition? N'avez-vous point à craindre encore que, dans cette assemblée même, il s'élève quelque voix hardie qui vous reproche le successeur que vous donnez à un accadémicien aussi distingué que l'étoit M. l'archevêque de Cambrai? L'impossibilité de le remplacer, qui fait si dignement son éloge, fera-t-elle aussi sûrement votre excuse? Non qu'il faille le parer ici de l'ancienneté de sa noblesse : il sembloit ne s'en souvenir lui-même que pour être plus fidèle à tous ses devoirs ; et un zèle semblable à celui qui fit les premiers héros du christianisme, leconsacradès ses plus brillantes annéesà l'humble emploi des missions apostoliques.
L'hérésie, proscrite par un édita jamais mémorable, demandoit alors, pour être enfin détruite, le secours de ces hommes sages et ardens . simples et profonds , qui , par la solidité des discours , et plus encore par la régularité des exemjdes, savent confondre les funestes préventions de l'erreur. Il fut choisi pour lui porter ce dernier coup dans les provinces où elle s'éloit établi une espèce d'empire , et où, sous de fausses idées de constance , elle insultoit à la rigueur des lois.
Que ne peut la vérité dans une bouche éloquente! Fénelon parle , les ténèbres se dissipent : il plaît, il instruit, il persuade; il entraîne les coHirs , lors même qu'il ne songe qu'à convaincre l'esprit. Des villes entières signalent l'abjuration de leur aveuglement sua les débris de leurs temples , et les ministres , détrompés , reviennent à la tête du troupeau qu'ils avoient égaré.
Sa modestie fut trahie par l'éclat du succès : la cour reconnut ses divers talens ; le prince confia l'éducation de ses petils-fils à celui qui