DU CARDINAL NIGRONI AU MÊME
DCLIV. (DCLIII.)
Il le lélicitc de sa soumission, et l'engage à garder un profond DU CARDINAL COLLOREDO A FÉNELUN. «''cnce ?ur les conlei-tations passées ».
Il le félicite de sa soumission.
Honue , 6 Sfplombns I6!19.
Roiiiœ, 18 augiisli <699.
D. abbas de Ghanlerac , qui multam hic inihi explicuit humanilatem , absens etiam voluit illani exhiberc , talia de me pra.'dicans. quai oneri magîs sunl, quàm lionon|; dum non qualis si m , sed qualis esse debeam reprœsentavit. Quod veiô Dominalio tua illustrissima amaritudinibus se sentiat repletam, dicam cum apustolo : Nunc gaudeo . non quia continstati estis . sed (juia contristati estis ad pœnitentiam ' ; cùm bonum silhomini , quod eum veritas vincat volentem ; quem malum esset , si vinceret invitum, Oiim cùm |)riores tua3 litlerae ad me delata^ fuissent , nosti quod optabam, ut le ipse esses, qui apostolicam prœvenienscensuram , quod magis ac magis :upiebam , cùm errores similes a Joannc XXII damnatos perspexi : sed dilata inter contentiones retractatio id effecit , utpersedemapostolicam proposilionesillae contigerentur ; cujus judicio cùm te ipsum tuaque omnia submittere profiteris , teque usque ad extremum spiritum Romanae Ecclesiœ , externarum magistrœ , addictissimum tuis enunties scriptis; restât ut te , non veritalis tantùm amicum , sed et doctorem ostendas. « Hoc enini » confiteri Deo, dicam cum Ambrosio -, impu- » nitatis remedium est. Erravi , inquit ; sed » qui erravil, in viam potest redire, in viam » revocari potest. Et pulcbrèaddidit, sicut ovis » quœ perierat ; non enim périt , qui agnoscit errorem. » Ignosce mihi , qui de licentiacharitatis tuœ abutor palientià tuàj luisque orationibus adjuvare non cesses, duin peculiari devolionis aifectu me subscribo , etc.
// Cor. vu I, p. 12 4.
In Ps. cxviii, Serni. xxii.u.
Quanta sim prosecutus , conslantique prosequar existimatione iilustrissimee Dorninafionis vestrae praeclaras dotes , lidum testem habeo D. abbatem de Chanterac. Quapropter mibimctipsi iiceat citra vanescenlem gbjriam eblandiri , quod citra merifum non sid iilud , quod vestrœ litterœ liumanitate plena; deferunt, erga me grati animi monumentum. Id , fateor, vestra virtus eiïecit; at , ut faceret , quasi dixerim, coegerunt sincera animi mei sensa , sincerœ mentis vestrœoculis proposita perpra'fatum D. abbatem ; proindeque utrique devinctum me agnoscere non prsetermitto. Sanè gratulor ex intimo cordis de vestra post antehabita rerum discrimina liilari lolerantia , quae quo magis muta , eo majus erit pondus habitura vocis retundentis , si qui occurrerent obstrepentes clamores , et miré prœ se ferentis infraclam vestri animi perseverantiam in bono. Nobis non est a Deo fada potestas, nisi ad ineunda certamina , strenuè sustinenda, ac pro viribus prosequenda,
J'AI M. l'abbc lie Chanloiao pour fidèle lémoin de la grande el constante estime que j'ai toujours eue pour les belles qualités de votre Seigneurie illustrissime. C'est pourquoi pennettez-inoi dédire sans vanité, (jue si vos It-ures pleines d'honnelelé me témoiçjneni de la rec()nn(.issance , ce n'est pas que je l'aie mérité. Votre vertu a lail tout cela, je l'avoue, mais j'oserois dire (|ue vous y avez été contraint par 1< s seuiimens sincères de mon cœur, que le mèirte M. l'abbé de Chanierac a mis devant vos yeux. C'est pourquoi je ne cesserai point de dire que je suis obligé à l'un el à l'autre. Je me réjouis avec vous du lond de mon cœur de la constance avtc laquelle vo-is avez supporté gaîment les embarras et les évèucmens des affaires passées. Plus voire patience sera accompagnée de silence , plus elle vous donnera de force pour faire taire es clameurs de vos adversaires , s'il s'en élevoil encore; el plus elle marquera votre constance dans le bien , el la fermeté iuvinciblt; de voire courage. Dieu ne nous a donné que le pouvoir d'entreprendre les combats , el de les soutenir courageusement, el de les continuer jusqu'au bout suivant nos forces ,
1 Nous joifîtioiis il celte lettre la traduction faire par l'abbé de Bciiumoui.
AO
CORRESPONDANXE SUR L'AFFAIRE DU QUIÉTISME
si qiise fiant obvia , ad Dei gloriam , ejusque Ecclesiaî tutamen ; cœteroquiii victoria non est in manu nostra , sed illius qui dat nobis victo riara , quando dare noscit expedire : ef si non dat , nostrâ est nos ipsos exhibere sfabiles , et immobiles , abundantes in opère Domini , scientes quod labor noster non est inanis in Domino. Pergat igitur Dominatio \eslra illustrissinia féliciter, ut incœpit , sub jugi , etsi cajca , nunquara tamen defecluri luminis obedientia oraculis apostolic;e scdis. Vir enim sic obediens, sacra pagina testante, quaquà vertatur, loquetur victoriam. Quantum ad me attiuet, suasam velim illustrissimam Dominationem vestram , non fore passuruin ab aliquo vinci in vestris laudibus efferendis : in lis semper ero firmo pede, utaliquaex parte proniereturefficaxapud Deum , quod perhumaniler spondet vestra bcnevolentia , \estrarum precum auxilium , quo roboratus confido , quœ sunt Dei , sanctœque catholicae sedis me, juxta niunus meae imbecillitati ex alto commissum , fore completurum pari tidelitate ac constantià , quà quoque ex corde subscribor, etc.
J. F. Gard. NIGRONUS.
lorsqu'il s'en préscnie quebiues-nns, pour la gloire de Dieu el la détense de son Eglise : du reste la vicloire n'esi pas dans nos mains, mais dans les mains de celui qui nous la donm^ , lorspi'il connoil qu'il couvienl de nous la donner; cl s'il ne nous la donne pas, noire devoir esl de nous nu-nlrer fermes el inébranlables, abondans dans l'œuvre du Seigneur, sachaui (jue noire iravail n'csl pas inutile en Dieu. Que volie Seigneurie illuslrissime coniinue donc beureusem^^nl comme elle a commencé, avec une perpéluelle obéissance aux oracles du sainl siège apostolique, qui, bien qu'elle soit aveugle, sera toujours soutenue d'une lumière qui ne manquera jamais : car, counne dil l'Ecriture , un bo(nme qui obéit ainsi cbanlera toujours la vicloire , quelque cliose qu'il lui arrive. Tour ce qui me regarde, je soubaile <pie votre Seigneurie illuslrissime soit bien persuadée (pie je ne souffrirai pas que personne me surpasse à exalter vos louanges; c'est en quoi je persévérerai toujours d'un pied ferme, comme le mérite en quelque façon auprès de Dieu le secours elïicace de vos prières, que vous me pronielle/, avec tant d'honnèlelé et de bienveillance. C'est sur cette confiance que j'espère accomplir ce qui esl du service de Dieu eldu saint siège catholique, suivant la charge qui en a été imposée d'en haut à ma foiblesse, et remplir mon ministère avec la même fidélité et la même con.'^lance qui me lait être, etc.
DCLYI. (DCLV.)