‹ Œuvres complètes de Fénelon, archeveque de Cambrai. Précédées de son histoire littéraire (volume 2)Chapitre 240 sur 422 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

)) voir qn'il falloif s'expliquer indispensablemeni » (Itnis la conjoncture présente; et si cela est, » comme il sera , qui peut me dispenser de faire t> Duir à toute l'E<jlise combien cette dissimulation >> est danyereuse?.... \'oilà la vérité à laquelle il M faudra que je sacrifie ma cie.... On ne m'évite " en cette occasion , apiès m'avoir témoigné lant )) de soumission en paroles , (jue parce «ju'on sent » que Dieu , à ([ui je me Ce , me donnera de la » force poin- évenlei' la mine. »

Bossuet avoil également déclaré au curé de Saint -Sulpice (Laclielaidie) , « que s'ils venoient » à éclater Tun contre l'autre ', connue les choses » paroissoient s'y disposer , cela ieroit un grand » scandale, qui relomboroit apparemment sur M. » de Cambrai. »

On demandeia pour(]Uoi Fénelon s'étoit refusé à soumetire son livie à l'examen de Kossuet , ce ([ui eût élé le \érilal)lc moyen de prévenir toutes les discussions ultérieures, l'énelon en a domié lés raisons : nous les soumettons au jugement des lecteurs.

« J'aurois souhaité - pouvoir faire examiner » mon livre pai- M. de Meaux ; mais quelle appa- » rence de lui demander son approbation, peii- » dant cpiej'étois réduit à lui refuser la mienne? » D'ailleui-s, je savois, par des voies certaines, )) combien il éloit piqué de mon refus , et qu'il » éclatoit presque ouveitement. 11 disoit à ses amis » particuliers : Est-ce là cette soumission que M. » de Cambrai m'avoit promise pour rétiacter » toutes ses erreurs ? »

Fénelon pnlilie le livre des Maximes des Saints,

Quoi (ju'il en soit , le iameux livre de l'énel(ju , iiitulé : Explication des Maximes des Saints sur la vie intérieure, fut rendu public, par les soins peut-être trop empressés de ses amis, veis la fm de janvier 1(J'.J7, et parut avant celui de Bossuet.

11 est assez curieux de counoitre la pren)ière impression que produisit le livre de Fénelon sui' Bossuet , et nous la retrouvons dans «ne lettre pHiiiculicre de Bossuet à l'évèipie de Chartres , et (pie l'é\è(|ue de Cli.ulres renvoya à M. Tronsou '.

« J'iu vu M. de Paris, j'ai vu M. de Canjbrai, » et je n'ai lien appiis de nouveau. Le livre, fait » grand l)i'uit, et je n'ai pas ouï nonnner une per- )) sonne (pii l'approuve. Les uns disent ipi'il est » mal écrit ; les antres , qu'ils y a des choses très- » hardies; les autres, (pi'il y en a d'insoulenaldes ; » les autres, qu'il est écrit avec toute la délica- » tesse et toute la précaution imaginable, mais » que le fonds n'en est pas l)on ; les auti'es, (pie » dans un tenip-î où le faux ni\sti(jue fait tant de » mal, il ne lulloit écrire (juc i)our le condanmer, » et ahaiidoiiuer le vrai mysti({uc à Dieu; ceux-là » ajoutent ([ue le vrai est si ivare et si peu uéces- » saire , et ({ue le faux est si commun et si dange-

» reux ([u'on ne peut (lop s'y opposer. Je souhaite » de tout mon cœur que Dieu mène tout à ^a gloire. » On se pare fort de M. Tronsou , et je ne sais si )) ce <pie vous appelez saijesse en lui , n'est pas un » trop (jrand ména(jenient. »

l/opiuinn |iiil>li(|iie se [iiononce contre cet onvriigc.

L'opinion publi(jue ne tarda pas à se piononcer conti-e le livre des Maximes des Saints avec une véhémence qui dut singulièrement étonner Fénelon. Sa seule consolation dut être le témoignage (pi'il pouvoit se rendre de n'avoir rien négligé pour préserver l'exposition de ses senlimens de toute atteinte à la pureté de la doctrine et do la morale.

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