LIVRE TROISIÈME
M. de Beaiivilheiô est menacé de perdre sa plare. Sa lettre à M. Tionson . IS avril 1697.
Dans le tonips mt^iiie où on feiivoyoit de Saiiit- Cyi- los leliLMoiiscs soupçonnées dï-'tfe tiop nrcvennos pour i.i doclrinc de Fénelon, le plu:« cher, le i)lus i-L'speetabli' de ses amis éloil exposé à un violent orage; la eorrespondauce de madame de Mainlenon avec le cardinal île .Noailles ne permet pas de douter qu'elle n'eût alors le projet de faire renvoyer M. de Heauvilliers. lue lettre de M. de Beauvilliers à M. Tronson ne laisse aucune inceilitudc à cet égard. 11 lui écrivoil ' :
« On cherche , Monsieur , à me faire chasser « d'ici, et on y ]»arviendra si madame de Mainte- » non continue dans l'opposition où elle est pour » moi. Je ne sens rien qui la mérite, et je crois » que bien demande de moi que je ne sorte point » de l'état où il m'a mis, sans avoir fait de ma part » ce qui se peut. Je vous prie, Monsieur, d'enga- « ger M. Tévèque de Chartres , à se trouver au sc- )) minaire mercredi 17 de ce mois , à quatre heures )) après midi ; je m'y rendrai , et l'entretiendrai » une heure à cœur ouveil , ou devant vous , ou » seul , comme il l'aimera mieuT. On ne peut être » avons, Monsieur, plus tendrement, ni plus ab- » solument que j'y suis.
« Le duc DE Beavvu.ukhs.
» P. S. Jamais intrigue de cour n'a été plus » étendue ni plus forte contre un particulier » que colle *}ui est contre moi. On ne va pas » moins qu'à dire qu'il est terrible de voir les » princes entre les mains de gens d'une religion )) nouvelle. »
Cette lettie accabla de douleur M. Tronson , moins encoi'e peut-èti'e pour l'intérêt personnel de M. de Beauvilliers, auquel il étoit si tendrement dévoué , que pour celui de la religion même, dont M. de Beauvilliers otrioit à la cour le plus respectable modèle. M. Tronson lui lépondit - : « Que dans l'état où étoient les choses, et dans les » suites fâcheuses qui étoient à craindie , s'il ne » s'agissoit , pour les prévenir, que de condamner » les erreurs que les évoques avoient condamnées » dans les livres de madame fiuyon, qu'il ne croyoit » pas que ni lui ni M. rarchevèquc de Catnbrai » en dussent faire aucune difficulté ; qu'ils ne » pouvoient pas même , en conscience , refuser » de fah'e cette démarche , qui paroissoit nécesy> saire pour guérir les soupçons cjue le public avoit » formés. »
M. de Beauvilliers se conforma au sage conseil de M. Tronson, et écrivit à madanie de ^laintcnon une lettre qui se renfermoit absolument dans le sens qui lui étoit tracé.
Il ne dépendit pas de M. Tronson que Fénelon ne suivit une marche aussi précautionnée; il lui écrivit en même temps , et dans le même esprit
' 1.5 Avril 1697. Corresp. (h Fénelon, \. ix, \t. 1S8. — ^ 16 Avril Ib'.)?. Corresp. de Fénelon, l. ix , p. 139.
qu'à M. de Beauvilliers ', et il ajoutoit : « Je prends >> trop de part à vos véritables intérêts, pour ne » pas vous proposer le seul moven qui me paroît » capable de remédier à tous les maux (jue l'on » craint. M. l'évêque de Chartres a \u votre lettre » (au Papei ; «juoiqu'il approuve fort votre sou- » mission au Pape , lui et moi aurions souhaité , ■» pour l'amitié que nous avons pour vous , et >> même cru nécessaire pour le bien de la paix , » qu'elle fût accompagnée d'un désaveu, ou d'une » explication des choses qu'on trouve à rédire dans » votre livre. »
situation embarrassante de l'archevêque de Paris et de Fénelon. Variations de l'évêque de Cliarlren.
Le cardinal de Noailles étoit toujours porté , par son caractère , aux voies de douceur et de C(jnciliation ; d'ailleurs , sa position étoit devenue délicate et diftlcile. Il avoit approuvé le livie de Fénelon; il l'avoit jugé coripct et 7itile; il étoit au moins certain qu'il n'y avoit pas obseivé les erreurs monslrtieuses que Bossuet reprochoit à cet ouvrage, puisqu'après l'avoir lu, l'avoir gardé pendant tiois semaines, après avoir indiqué et obtenu tous les changemens qui lui avoient semblé nécessaire , il en avoit autoiisé Finipression , en désirant seulement qu'il ne parût qu'après celui de Bossuet : c'est ce qui lui faisoit souhaiter vivement de prévenir le scandale d'une controverse publi<|ue. 11 écrivoit à Fénelon - : « Je ne vous dis pas de )) vous livrer entièrement à M. de Meaux , mais » seulement de faire usage de ses remarques. Je » ferai , tant que je pourrai , le personnage de » médiateur; mais il faut que vous m'aidiez pour » cela , et que vous en fassiez plus que dans un » autre temps . parce que vous n'avez pas présen- » tement affaire seulement à M. de Meaux , mais » au public , mais à une foule inconcevable de » docteurs , de prêtres . de religieux et de gens de » toute espèce de condition. »
Fénelon ne demandoit pas mieux que de se jéformer siir les remarques de Bossuet , si elles lui paroissoient fondées ; mais Bossuet différoit toujours de les lui communiquer ; il vouloit le forcer à une véritable retractation.
C'étoit pour y parvenir qu'il avoit proposé au cardinal de Noailles et à l'évêque de Chartres de s'assembler tous les trois pour examiner le livre de Fénelon , en extraire les propositions dignes de censure , et attacher à chacune des pi-opositions les qualificalions dont elle étoit susceptible. Ce ne fut que lors(iue cet examen et cette espèce de jugement eût été arrêté et conclu entre les trois pié lats, dans leurs assemblées particulières, qu'on invita Fénelon à s'y réunir, en leur donnant le nom de simples conférences *.
Sa position dev enoit chaque jour plus difficile. En refusant de se rendre à l'incitation de ses collègues , il achevoit de se perdre dans l'espi'it du
I Corresp. de Fénelon, I. ix, p. 139. — - loid. p. \Zk. — ' Voyez les letlres de Bossuet à son neveu, des 15, 22, 29 avril et 16 mai 1G97, OEuvres de Bossiu-t, I. xi , édit. de Paris, 1846.
Roi et de madame de Maintenou '. D'un autre côte, il ne pouvoit reconnoilie pour juges d'un livre qu'il avoit déjà soumis au jugement du Pape , leur supérieur commun , des collèges à qui ni les lois canoniques et civiles, ni la discipline ecclésiastique établie en France , ne donnoient aucune juridiction sur lui. Mais au lieu de s'en tenir à cette défense générale , il s'abandonna trop facilement au désu- et à l'espérance d'expliquer ou de justifier ce qui pouvoit paroitre obscur ou équivoque dans son livre.
11 avoit déjà donné , dans sa lettre au Pape , quelques explications sur les principales difficultés qu'on lui avoit opposées. 11 avoit éci'it à Bossuet lui-même ; il lui rappeloit tout ce qui s'étoit passé à l'époque des conféi-enees d'issy , les raisons de convenance personnelle, qui ne lui avoient pas permis d'approuver son Instructiun sur les Etats d'oraison ^ et la loi qu'on lui avoit imposée de faire connoitrc au public ses véritables sentimens sur les points controversés. 11 finissoit sa lettre à Bossuet en ces teiines : « Vous pouvez » voir , Monseigneur , (jue je ne suis capable ni " de duplicité ni de politique timide : quoique ^' je craigne plus que la mort tout ce qui resw sent la hauteur , j'espère que Dieu ne m'aban- >' donnera pas , et qu'en gardant les règles d'hu- » milité et de patience avec celles de fermeté , » Je ne ferai rien de foible ni de bas. Jugez par- » là de ma sincérité dans les assurances (jue je » \ ous donne ; c'est à vous à régler la manière ■» dont nous vivrons ensemble : celle qui me >' donnera les moyens de vous voir , de vous » écouter, de vous consulter, et de vous respecter » autant (jue jamais , est la plus conforme à mes >' souhaits et à mes inclinations ^ .»
Fénelon s'étoit ilatté de ramener plus facilement l'évèque de Chaitres ; il savoit que ce prélat ne partageoit pas toutes les opinions de Bossuet sur le fond même de celle controverse. Mais l'évèque de Charties croyoit (pie Fénelon , en exaltant la charilé, avoit trop alVoi])li l'espérance. Ce fut sui- ce ixiint qu'il chercha à l'assurei' ce prélat pai' une iclli-e dont il parut d'abord assez satisfait. 11 alla |)lus loin; il s'engagea à donner une nouvelle édition de son livre, dans laquelle il ajouteroit des exi»licalious encore plus dclaillées. Mais l'évèque de (Ihartres pcnsoit (pTiui désaveu pur et simple , de; sa pail , éloil nécessaire dans les cirronstaiices. « Les eflnrls que j'ai faits, hkmi )' cher j)i'élat , écrivoit-il à Fénelon ■', [)our obte- » nir de vous ce que j'avois l'honneur de vous » dire hier, n'ont point été un effort de mon en-
» vie de vaincre Le ci'édit (|U(! vnire livre
>' doinie , conli-e votre intention , im quit'lisme de » de nos jours, m'etlraie et in'afllige |ilus que je; '> ne i)nis vous dire. Les Quiélistes iront plus loin, » malgré vos expressions et vos exceptions les '> plus Ibrmelles; ils siuu'ont bien tirei' de voln; » livre d'élianges conséquences , et celles même » (pie votre j)iété a rejetées avec hoi'i-eui-. Si vous
' l.c i;ir(liii:il (le lî.uissct rfc.Jiimiil plus liis, n. xvii, ji. 1)3 (|ii(; li; lioi lui-iiiniii; iivoil piiiii sciilir la jusliii; cl la kiiivcnaiicc ilc ce (|ue Kéncloii (Iciiiunduil, c'esl-a-ilii«' que Unssiu'l ne fui p«iiit admis à ri'\aiiicii de son liTic. — ^ ('orrcsj). de Fciictoii, t. IX , ,,. 12'.). — s lA-lIn-d.' l'cvi^iu.; dr Churtn-s a I-éneloii, 18 mai 1097. ('■•nrsp. de Fnirl,,,,, t. ix , 1>. 150.
'> soutenez ce livre par des explications , on le i> tiendra bon , utile , sain dans la doctrine ; on le » j'éimpriinera ; on accusera de peu d'intelligence " ou de mauvaise intention tous ceux qui le con- » damneront. Ainsi, il aura cours; les ennemis >' de la vérité en triompheront ; ils feront par-là )' des dommages inlinis. Pardonnez à ma ten- » dresse , elle est toujours avec mon respect or- » dinaire , et sans intérêt. »
Cependant l'évèque de Chartres avoit souvent de la peine à se défendre de la candeur avec la- •pielle Fénelon se prêtoit à toutes les explications (ju'on pouvoit désirer de lui. Toutes les fois qu'il discutoit avec Fénelon , il revenoit à Fénelon ; mais son extrême prévention contre madame Cnyon, et l'ascendant de Bossuet, le replongeoient bientôt dans de nouvelles incertitudes.
Fénelon paroissoit encore plus redouter les variations de l'évèque de Chartres que toute la véhémence de Bossuet. On peut juger combien il luiéloit diflicile d'arriver à un résultat satisfaisant dans une discussion où il avoit à combattre Bossuet , qui se refusoit à toute explication ; Tévèque de Chartres , (jui consentoit à des explications , mais ((ui ne pouvoit se fixer entièrement sur celles qu'il jngeoit nécessaires ; et le cai'dinal de Noailles, qui redoutoit par timidité toutes les discussions , et que sa timidité même ramenoit aux discussions, parce (pi'il lui étoit impossible de résister à Bossuet. Nous avons la minute originale d'une lettre de Fénelon , qui peut donner une idée de la situalion pénible où il se trou\i)it au milieu de toutes ces contradictions dans les caractères , souvent plus difficiles à concilier que les contradictions mêmes dans les choses.
« Je vous envoie , Monsieur ', une lettre que » vous pouvez montrer à M. l'évèque de Chartres, » si M. de Beanvilliers et M. Tronson le jugent à » propos. Je ne puis être en peine que de sa fer- » nieté à demeurer dans un même projet. Je l'ai )) vu si souvent changer , que je ne peux plus » m'arrcter à ses propositions, il n'a tenu qu'à » lui , depuis six mois , (pie nous ne lissions dès M le premier jour , sans scandale, ce (pi'il propose M maintenant; et après l'avoir souvent pi'oposé , w il l'a irjelé toutes les fois qu'il a été ([uestion de )) conclure. On ne fait que nie làter pour m'en- » ti ailier peu à peu, et pour m'engager vers les » autres , sans engager jamais les autres vers moi. 5) D'ailleurs , je ne connois plus M. de Chartres : » il n'hésite jamais , il ne doiilede rien; il ne dé- » l'ère plus à ses anciens amis, qui avoient aulre- » fois toute sa conliance. Il me paroit réservé, » mystérieux , livré à des conseils (jui l'aigi'issent, 5) i[iii le remplissent de défiance, et (pii lui font » rejeler Ions le.^ temi)éramens raisonnabUîs , afin M ipi'il me jette dans les dci-nièies exirémités. S'il » voiiloit bien i)renilie M. Tronson pour notre » véritable et secret médiateur, nous ne serions )) l)ienl('i| , lui et moi, (pi'im co3ur et une ame. )) Pour mon cœur, il est encore tout entier à son » égard, et je me sentirois dès demain plus ten- » die et i)his ouvert pour lui que je ne l'ai jamais » été. Pour M. de Meaux, je ne sanrois m'y fier :
rcsp. de
l'Vncli.n i. M. li.'licri,
liclnll, t. IX, 1>. 17G
IJVRE TROISIÈME.
M il n'y aiiroil à le faire ni bienséance , ni sùro(é ; )> mais je n'ai ancnii llel , et , le lendemain que » raflaire seroit Unie, Je fei'tis Iniites les avances w les plus lioiintMes pour bien vi\re avec lui , et » |t(uii' étiilji'i' 1(« [»nl»lic. »
Kénclnn p-;t appelé aux conférences lic l'airlievéché d.> Paris.
Bdssuel, à peu près assuré du concours tU' \\'\i\\\H' (l(î Chartres, ne se i>ressnil pi)iiil d'en- \o\er à Ft'neiou ces n'iixiiuiufs promises dc[)nissi long-temiis. Il savoit (iifelles de\oient entrer dans l'examen <|ue l'on devoit l'aire du livre des Mnximes, ci (jue le cardinal de N(tai!les, M. ïronson et M. l'irot seroient seuls admis à cet examen. Car Fénelou avoit élahli pour première condition l'exclusion de Bossnet. « Le cardinal de Noailles et le » Roi lui-même avoieul paru en sentir la justice » et la convenance. Klle ne ^enoil pas, ajontoil '> Kénelon , d'aucun lessentinuMit , mais de la là- » cheu.se nécessité (tu il l'avoit léduit de n'avoir » plus rien à tiailer avec lui, après la conduite » qu'il avoit tenue à son égard depuis plusieurs » années •. »
-Mais Bossnet, comme on l'a vu , avoit trouvé le moyen <le se i-endre maître de cet examen malgré Fénelon. « 11 avoit d'aboi'd annoncé qu'il ne » connnuniqueroit ses remarques qu'à Fénelon 1) ronnne à iin ami; ensuite, il ajouta qu'il les » montreroit an cardinal de Noailles et à l'évêque » de Chai-trt>s; et il se servit de ce prétexte pour •>■> former insensiblement ces assemblées (dontnous » avons pailé), que le cardinal crut devoir lais- » ser tenir pour avoii- égard à la nécessité du » temps, et (]ui finirent par donner une étrange » scène an public. »
11 en résulta ({ne Fénelon , qui devoit d'abord avoir seul connoissance des remarques de Bossnet , fut le seul à (pu il n'en donna point de communication, et ([ue celui (pie Fénelon avoit exclus de l'examen de son livie, l'en avoit lui-mème exclus.
Mais loi'S(jne Bossnet eut observé que cette forme de prononcer sur la doctrine , pouvoit blesser tout le corps éjiiscopal, il pro))osa d'inviter Fénelon à assister lui-nuMiie à ces assenil)lées, auxquelles on adecta de donner le nom de ronférenres. Mais ce ne fut , connue on le voit par sa corrcNpondance avec .son neveu ^ que lorsque les Irais prélats eurent arrêté lem- jugement sur les pro- /<o.«7/o7(.v dignes de vevsure , sur les quali/icaliaits précises (pi'elles dévoient recev(jir , et sur la satisfaction (\no Fénehjn de\oit à l'Eylise par une rétractation formelle. Il est donc assez .sensible que Fénelon n'avoit été invité à ces conférences, que poiu- être interrogé sur son livre par des prélats dont l'opinion étoit di'jà arrêtée ; qui n'avoicnt aucune juridiction sur lui , et qui prétendoient le soumettre à leni- rensure. On uc peut en effet en douter, en lisant le mémoire (pie Bossiiet remit an carflinal de Noailles pour c'^re conmiuniqné à
Fénelon '. Nous avons la copie originale de ce mémoire , avec des additions et des corrections de la main de Bossnet. Il faut convenir, en le lisant, ijn'il n'étoit pas propre à disposer Fénelon à recounoitie Bossnet pour son juge , quand même il y eût été aussi poité (pi'il en éloit éloigné.
Bossuet \ arliciiloit en termes formels, « que » les ti'ois prélats étoieni iudispeusablement obli- )) gés de parler, à moins de vouloir ([ue toute l'E- » glise ne leur imputât cette mauraise doctrine )) (celle du livre de Fénelon) , et de se dcidarer » prévaricateurs de leur ministère ; rpie sans cela , » ils seroient exposés à ètie enveloppés dans la » condamnation d'im livre qui a scandalisé toute n /7w///.s7'.... yue c'est par cette raison qu'ils ont » lédigépar écrit h^s propositions qu'ils ont jugées » dignes de censure. (Bossuet les portoit a (jna- » i-ante-liuil , et il les leprésentoit en grande par- » tie connue intlant d'erreurs dans la foi ; et nu » très-grand iiond)re d'antres comme contraires » à la foi j enduisant tout le quiélisme , des rfioses » abominables , des conséquences ajfreusex, désa- •>■> vouées à la vérité par l'auteur, mais dont il po- » soit le principe : qu'on ne pouvoit donc pallier , » une doetrine mauvaise par elle-même , odieuse , » inexcusable , et qui faisait horreur.) 11 finissoil » par accuser l'énelon , d'avoir supposé , tronqué, » altéré, probiiblement sans manvais dessein , et » pris à contre-sens plus de dix ou douze passa- )> ges de saint Frani^-ois de Sales , et il concluoit » que tout le livre des Maximes n'étoit , depuis le >> commencement jusqu'à la. fin, qu'une apoloqie » cachée du quiétisme «. »
Tontes les protestations de tendresse que Bossuet mêloit à ce langage si véhément , achevèrent d'aigrir Fénelon , parce qu'il croyoit y apercevoir un défaut de sincérité , dont la fi-anchise de son caractère s'indignoit. « 11 nous est dur, disoit Bos- » suet^, de parler ainsi du cher auteur à lui- » même , d'un ami si accoutumé à entendre ma » voix , comme j'étais de ma part si accoutumé à » entendre la sienne. Dieu, sous les yeux de qui » j'écris , sait avec quel gémissement je lui ai porté » ma tiàste plainte sur ce qu'un ami de tant d'an- » nées me juge indigne de traiter avec lui, moi •>■> qui n'ai jamais élevé ma voix contre lui d'un
» demi-tan seulement J'impute seulement à
» mes péchés l'éloignement qu'un tel ami a mary que de moi ; un ami de toute la vie , un cher » auteur , Dieu le sait, que je porte dans mes en- » tr ailles. »
Quant au refus d'admettre les explications que Fénelon prélendoit donner, Bossuet disoit * qu'elles n'él oient pas recevobles , parce qu'elles n'étaient pas sincères.
Fénelon iPCnse de conférer avec Bossuet.
Fénelon a fait connoitre lui-même les motifs ([ui ne lui avoieut pas permis d'accepter les conférences proposées par Bossuet.
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