‹ Œuvres complètes de Fénelon, archeveque de Cambrai. Précédées de son histoire littéraire (volume 2)Chapitre 245 sur 422 · de · texte numérisé non relu

de

Paris.

1 (W.iirn's ttf IhisxiiPt, t. ix , p. 3-26, etc. — 2 Voycï les Pièces JHsIi/ùatifea du livro Iroisieuie, u. m. — ^'Méuioirt de Hossuel conUe le livre de Feiielon. — * Ibid.

HISTOIRE DE FÉNELON

« Ces conlerences ' auroieiit renversé le projet » d'examen arrêté avec le cardinal de Noailles, » et dont le Roi in oit agréé le plan ; elles Tau- » roicnt rejeté entre les mains de M. de Meaux , » qui joignoit à toutes ses anciennes préventions » une nouvelle hauteur depuis les éclats qui )) étoient arrivés. D'ailleiws , observait Fénelon , V s'agissoit-il de conférences où il. de Meaux se » fût borné à me proposer douteuseiuent ses dif- « ficultés , en se méfiant de ses pensées contre » mou livre? Non : il déclaroit dès-lors, et il l'a « déclai'é encore plus solennellement depuis \ que » lui et ses collègues ne mettaient point en (/ur.s- » tion la fausseté de la iloclrine (de Fénelon '• , » qu'ils la tenaient déterniinéinent mauvaise et in- » soutenable ; qu'ainsi, supposé qu'il persistât in- » vinciblement à ne vouloir pas se dédire , «7 //';/ » ar.nit de salut pour eux qu'à déclarer leur sen- » timent à toute la terre. «

« Rien n'est plus clair que ces paroles , obseï - » voit Fénelon •, il ne vouloit m'attii-er dans l'asw semblée que pour décider, pour parler au nom 1) de l'Eglise , pour me faire dédire. Quoi! ne pou- » voit-il pas craindre de se tiomper en me con- ■>■> damnant? Non. On ne met toit pas en questio7i » que je ne fusse dans l'erreur, et que je ne dusse n me dédire. Devois-je tenter ces conférences , ou » plutôt subir la coirection de ce tribimal? Dans » la situation où j'étois , me convenoit-il d'aller » faire une scène sujette à diverses explications , )) sur lesquelles M. de Meaux auroit été cru ? S'il » a cité si mal les passages de mes écrits impri- )) mes , qui sont sous les yeux du public ; s'il a » expliqué tant de fois mes naroles dans m\ sens )> si contraiie au mien ; s'il n'a pu se modérer » dans dos écrits qui doivent être lus de toute » l'Eglise, (jue n'auroit-il pas fait dans ces confé- » rences particulières , où il auroit pu s'abandon- « ner librement à sa vivacité et à sa prévcn- » tion? »

Fénelon ne pouvoil pas ètie sou[»çonné d'éludeides conférences par crainte , par embarras , par défaut de talens, de moyens ou de génie pour la discussion. 11 a bien su prouver , par toutes les défenses qu'il a publiées dans le cours de ce grand procès , que des conférences ne dévoient pas l'emharrasser. C'est lui-même qui en a fait l'observation, et il avoit acquis le dioil de s'exprimer avec cette noble confiance.

Mais on étoit par\enu a persuader à madame de Maintenon tju'il éloil indispensable que Bossuet assistât à ces conféi-ences , et elle en donnoit à madame de la Maisonfort , avant son expulsion de Saint-Cyr, une raison assez honorable pour Fénelon. « Admettre M. de Paris et M. de Char- .) très à ces eonférences , disoit-elle , et en exclure » M. de Meaux, c'est ne licn faire; parce que, » quand il arriveroit que M. de (Cambrai amenât » les deux premiers à son sentiment , on en con- « cluioit que c'est par la supériorité de son génie : » au lieu que , si .M. de Meaux se rangeoit du côié » de M. de (Cambrai, on ne douteroit [dus que ce » [trélat n'eut la vérité poiu' lui , M. de .Meaux

)) étant le plus giand théologien qu'il y eût , et » M. de Cambrai le plus bel esprit. »

« Mais, disoit Bosï^uel , pourquoi M. de Cam- » brai veut-il me sépaier de rarchevèijue de Paris « et de l'évêque de Chartres, qu'il consent à » prendre pour examinateurs? Pounjuoi? répli- » quoit Fénelon ' , parce qu'ils ne veulent pas , » conmie M. de Meaux , m'arracher une rétrac- » tation sous un titre plus spécieux; parce qu'ils » ne m'ont point tendu de pièges pour me réduire » à approuver leins livres ; parce qu'il ne me M revient point qu'ils parient de moi à leurs amis » comme d'»/* fanatique , comme d'un esprit ma- » lade qu'on veut guérir ; parce que , loin d'être » blessés de mon refus pour l'approbatiijn du livre » de M. de Meaux , ils ont cru mes raisons con- » cluantes pour ne le pas approuver. »

Cependant Fénelon faisoit observer au cardinal de Noailles <■<■ (ju'il n'y avoit point de particulier » à qui on refusât la liberté de s'expliquei' , et » qu'il étoit étonnant qu'on la refusât à un évè- » que ; qu'on auroit dû au contraire l'y inviter . » l'en prier, au lieu de s'y opposer : » et il rappelle à ce sujet un trait remarquable. « Pallavicini , » dit-il, a écrit dans sont Histoire du Concile de » Trente, f|ue le cardinal Cajetan fut universel- )) lement blâmé à Rome de n'avoir pas voulu re- » cevoir V Explication de Luther , et de lui avoir » demandé une rétractation. Quand mèmeje serois « aussi hérétique que je suis catholique zélé pour w la foi , on devroit en conscience supporter une » mauvaise honte , et se contenter d'une expli- » cation. »

Le cardinal de Noailles et l'évêque de Chartres paroissoient sentir la force de toutes ces considérations ; ils en étoient (jnelquefois ébranlés ; mais ils étoient bientôt forcés de fiéchir sous l'ascendant de Bossuet , (jui leur disoit avec véhémence : « - Prenez le parti qu'il vous plaira, je vous dé- » clare que j'élèverai ma voix jusqu'au ciel contre » des erreurs que vous ne pouvez plus ignorer. " J'en poiterai mes plaintes jusqu'à Rome et par » toute la terre, et il ne seia pas dit que la cause » de Dieu sera ainsi lâchement abandonné ; fussé- » je seul , j'entreprendrai la chose.... »

Fénelon consent à conférer avec Uossuet , à certaines conditions.

Fénelon voulut donner au cardinal de Noailles et à l'évêque de Chartres une preuve de sa déférence poui- eux , en })ortant la condescendance aussi loin qu'elle pouvoit aller. H consentit à conférer avec Bossuel ; mais d exigea trois conditions , dans la seule \ue d'éviter une scène confuse que chacun l'apporteroit selon ses préventions :

« 1" Qu'il y auioil •' des évê(|ut's et des tbéolo- » giens prcsens ;

» 2" Qu'on parleroil tour à toiu-, et qu'on écii- » roil sur-le-champ les demandes et les ré- » ponses ;

> R(>poiisi' a la Uclalion sur Ii- Qui^tisinc. — ' RclaUoii sur le Quii'titiiic , i>ar lIossuiM. — ^ [If^poiisc il la l^eluliMi sur lu guieli^nio.

' Rtiponsi" u la Relalicm sur le Ouirlisuio. — ^ Relalioii du Uuii^lisni.!, par l'abbé riu'lipi-'.uix. — * Hépunso a la Uelaliou iur \ii (JuiOlikuii'.

F.IVRE TRUISIKMC.

3° Que Bossuct ne se serviroit point du pie- » texte (le t-es ronféiences sui' les points de doc- V trine , pour se rendre examinateur du texte du >' livre (les Maximes , et (jue cet examen deineu- » reroit suivant le premier projet entre larclie- » vèque de l'aris, M. Troiison et M. Pirot. »

Dès (jue Fénelon eut proposé ces conditions , on lui répondit (ju^elUîs rendoient , selon les vues de M. de Meaux , les conférences inutiles , et tout fut irrévocablement loinpu.

Il (leinaiiile la piTiiiission d'aller à Itoiiie.

Fénelon prit alors le parti d'écrire au Roi ' « (jiie » n'ayant pu savoir précisément ce qu'il y avoit » à réprendre dans son livre, que bien des théo- » logiens approuvoient , <|iioiqu'ils n'osassent s'en " expliquer , il ne pouvoil faire de rétractation ni » oblique, ni positive; la première ne lui conve- » nant en aucime manièie , et ne se sentant cou- » pable d'aucune erieur , ce que supposeroil la " seconde. Il osoit supplier Sa Majesté de lui per- ') mettre d'aller lui-uième à Home pour défendre » son livre , promettant de n'y voir personne que >' le Pape, et ceux que Sa Sainteté jugeroit à pro- » pos de nommei- pour l'examiner ; de ne se mêler » d'aucune autre alî;\ire; d'y vivre encore plus » retiré qu'il ne faisoit à Versailles, et d'en re- " renir dès le moment où le Pape auroit prononcé, » soumis à son jugement, justilié ou détrompé , » et toujours calli(jlique ; que dans tous les cas, » il se ti-ou\eroit alors en état de détromper lui- » même les théologiens cachés ([ui recevoient la » doctrine de son livre, en supposant que le Pape » prononçât qu'il s'étoit trompé. »

Quatre jours après ( le 29 juillet 1697) , Fénelon écrivit à madame de Maintenon pour la prier d'appuyer sa demande auprès du Roi. 11 paroit qu'il étoil réduit à la nécessité de lui écrire, parce qu'il n'avoil plus la liberté d'arriver jusqu'à elle-. On doit croire qu' :i se r;^fus;nt à voir Fénelon, elle cédoit malgré elle à un sentiment de ménagement et de délicatesse. 11 lui auioit été sans doute trop i)énil)le de se frou\er eu présence d'un homme (lu'elle avoit tant anèctionné, dans im moment on elle savoit que sa disgrâce étoit décidée, et qu'elle ne devoit plus le revoir.

Fénolon est renvoyé de la Cour.

Ce fut le jeudi 1*^ août ifi97 que Louis XIV écrivit à Fénelon " qu'il ne jugeoit point à propos n de lui permettre d'aller à Rome ; qu'il lui en- » joignoit au contraire de se rendre dans son « diocèse , et lui défendoit d'en sortir ; qu'il pou- >i voit envoyer à Rome ses défenses pour la jus- » tification de son livre. » Le même ordre lui prescrivoit de ne s'arrêter à Paris , en se rendant

à Cambiai , que le temps nécessaire pour expédier les alVaires (piil pouvoit y avoir.

.\u moment même où Fénelon reçut les ordres du Roi , il écrivit à madame de Maintenon la lettre suivante. Nous la transcrivons sur la minute originale , qui est entièrement de sa main ».

A ViTsaill.-!

Cl- 1"aoùt M 6971

« Je |)artirai dici , madame , demain vendredi , » pour obéir au Roi. Je ne passerois point à Pa- " ris, si je n'étois dans l'embarras de trouver un » homme propre pour aller h Rorne, et qui veuille » bien faire ce voyage. Je letouine à Cambrai » avec un cœur plein de soumission, de zèle, de » reconnoissance et d'attachement sans bornes » pour le Roi. Ma plus grande douleur est de » l'avoir fatigué et de lui déplaire. Je ne ces.serai » aucun jour de ma vie de prier Dieu qu'il le )' comble de ses grâces. Je consens à être écrasé » de plus en plus. L'unique chose que je demande » à Sa Majesté , c'est (jue le diocèse de Cambrai , » ([ui est innocent , ne soiiflre pas des fautes qu'on » m'inq)ute. Je ne demande de protection que » pour l'Eglise, et je borne même cette protec- » tion à n'être point troublé dans le peu de bonnes » œuvres que ma situation présente me permet » de faire poiu- renqilir les devoiis de pasteui-.

» 11 ne me reste , Madame , qu'à vous deman- » der pardon de toutes les peines que je vous ai » causées. Dieu sait combien je les ressens ; je ne » cesserai point de le prier, afin qu'il remplisse lui » seul tout votre cœui-. Je serai toute ma vie aussi » pénétré de vos anciennes bontés, que si je ne les » avois point perdues , et mon attachement res- » pectueux pour vous , Madame , ne diminuera » jamais. »

En lisant cette lettre , dont chacjue ligne resjiirc un sentiment si doux et si tendre de calme , de courage et de résignation , on se représente facilement l'effet qu'elle dut produire sur madame de Maintenon. Cette lettre, en lui rappelant tous ses anciens sentimens pour Fénelon , ne lui permcttoit i)as de se dissimuler toute la part qu'elle avoit à ses disgrâces actuelles. 11 étoit difficile qu'elle n'accordât pas de l'intérêt et de l'estime à un homme , dont le tort le plus grave , au moins dans l'origine , provenoit d'une excessive délicatesse en amitié , et qui consentoit à sacrifier tous les honneurs et toutes les espérances de la plus brillante fortune à un procédé fidèle et généieux, ou plutôt à des motifs de conscience (lu'il s'exagéroit trop à lui-même. On ne peut (îouter en effet , que cette lettre n'ait laissé pendant long-temps une impression profonde de tristesse (lans l'ame de madame de Maintenon. Elle nous apprend- que sa santé en fut afîèctée, et qu'elle n'en dissimula pas la cause à Louis \l\] Ce prince en pai'ut d'abord blessé ; mais il ne put s'empêcher de lui diie , en voyant son affliction : « Eh bien , madame , il faudra donc que nous » vous voyions mourir pour cette afl'aire-là ? »

Dès le 26 juillet , six jours avant l'exil de Fénelon, Louis XIV avoit écrit de sa propre main

» LeUr(? du Fénelon au Roi, 25 juillel 1607 Manuseri» de Pirot. — * Corresp. de Fénelon, t. ix , p. <75.

1 Corresp. de Fénelon, i.

madame de Muiuleuon.

* En!r.!tiou6 de

HISTOIRE DE FÉNELON

au pape Innocent XII, une lettre rédigée par Bossuet. Le Roi dénonçoit au Pape le livre de l'archevêque de Cambrai , comme très-mauvais et très-dangereux ; comme déjà réprouvé par dfs évêques et un grand nombre de docteurs et de savons religieux; il ajoutoit que les explications offertes par l'archevêque de Cambrai n'étoient pas soutenables; et finissoit par assurer le Pape qu'il fnipluieroit toute son autorité pour faire exécuter la décision du saint Siège.

Le r» août 1007, les trois prélats ( le cardinal de Noailles , Bossuet et l'évèque de (Chartres ) signèrent une déclaration de leurs senlimens sur le livre des Maximes des Saints . et la remirent le lendemain 7 août , avec l'autorisation du Roi , entre les mains de M. Delphini, nonce du Pape.

Cette déclaration , (pii avoit été extrêmement adoucie par le cardinal de Noailles et révèiiue de Chartres , s'exprimoit en général avec toutes les formes de la décence et de la modération. On est seulement fâché d'y retrouver , parmi les propositions dénoncées, celle du trouble involontaire de Jésus-Christ ' , proposition qui n'appartenoit pas véiitahiement au livre de Fénelmi , qui n'y avoit été insérée en son ahsence que par une méprise de l'imprimeur ; proposition que l'énelon désavouoit hautement, qu'il censuroit avec la même sincérité que les trois évèques , et qn'il ne paroissoit ni Juste m convenable de repioduire parmi les chefs d'accusation «pi'on dirigeoit contre lui.

Fénelon ne s'étoit arrêté que vingt -quatre heures à Paris , comme il l'avoit annoncé à madame de Maintenon. An moment d'en partir ponr se rendre à Cambrai, il jeta un regaid d'intérêt et d'attendrissement sur Saint-Snlpice , qu'il ne devoit plus revoir, et où il avoit passé U's années les plus heureuses et les plus paisibles de sa jeunesse. Un sentiment délicat lui défendit de s'y montrer; il craignit d'entrainci- dans sa disgrâce le supérieur de cette utile et respectable société, (ie fut par le même motif qu'il évita , pendant tonte rinstruction de son procès à Rome , d'eiilietenir antuue concspondance avec M. Tionson. Voici la lettre ([u'il lui écrivit le jour même qu'il partit pour (Cambrai ^ ;

« Je m'abstiens , Monsieur , de vous allei- em- .)) brasser poui- ne vous cummettre en rien. Je » vous révère et vous aime trop, jtour ne pas riu'- » nager nus intérêts cl ceu\ de \(il!e ((Hiimunaiih' » {dus que les miens. On ne se coiilenle pas d'aî- » la(pier mon li\re, (m n'oublie rien ]miui' noircir » ma personne. M. raiclievèipie de Paris , <|iii » lémoignoil a\oir de si bonnes intentions, parle » comme M. de Meaiix , et assure qn'il ti-availle ). iindilement depuis ipiatre ans-'.... de mes ei-- >• renrs, et «pie J'en ai eu de beancon|t pbis grandes » cpie. mon livre. Ou laisse eiilendre (jne ce fond >i d anci(;nneserrenrs <pie Je cacbo sons des termes >■ adoucis, est ce qui oblige les évè<pies à me tenii- » une rigueur (|u"on ne tiendroit pas à un autre.

' /./( /»//•/;-■ iiilrririirr dr Jr.-.ils-( I, rixl Il lu siniiiiriiii' ni son Iriiiihli- iiiriiliiii/iiiri xi-iisibli:i. (Pi. .p. la, ..inJumiiiic (.ar !.■ I.i — ^ Corri'sii. lie rinrlnii, t. ix, p. 18G. ■

d'i>iilili Jimie :

ilaiiH lu li'Uri- in:iiiii'^i'i

lliriléyilblisur.

' rniininniiiiiini, SCS ilrliiilliiiiirn rii.n.K..nlXllj I 11 y » un iiii't Ion, ('fsl siiiis

» pour m'obliger à me rétracter, et pour rejeté » toute explication. Je sais même que M. de Parii* « entre dans cette accusation , et (pi'il doit écrire » au Pape , de concei-t avec MM. de Meaux et de «Chartres, qu'ils sont oltligés en conscience de » m'accuser devant Ini connue mi homme qu'ils » connoisseid de[niis plusieurs années dans toutes » les ei-reurs du quiétisme. Vous savez , Monsieui-, » que j'ai déposé entre vos mains mes écrits ori- » ginaux du temps où l'on ])rétend que j'étois si 11 égaré ; Je n'y ai rien changi' depuis. S'ils ne vous » paroissent pas suffisans pour me Justifier, ayez « la bonté de me faire savoii- ce que vous ti'ouvez » qui y manque. Les extraits de saint Clément et « de Cassien donnèi'ent ces préventions à M. de » Meaux , qui n'avoit jusqu'à ce temps-là jamais » rien lu de saint Fi-ançois de Sales, ni des autres « auteui's de ce <;enre. Tout lui étoit nouveau ; » tout le scandalisoit ; les passages que Je citois , » et qui sont excessifs dans saint Clément et dans » Cassien, lui paroissoient ma doctrine, quoique » j'eusse dit en les citant qu'il falloit en rabattre » beaucoup selon les mysti(pies raisonnables. » Voilà, monsieur, la principale aflaire du temps » présent. M. de Meaux dit que mon livre n'est » pas conforme à mes explications , et que mes » viais sentimens sont encore bien plus mauvais » que ceux que J'ai exprimés dans mon livre. Ce « que je souhaiterois, si cela ne vous commet » point , <''est que vous eussiez la bonté de rendre » à M. révê({ue de Chartres \\\\ témoignage précis » sur les faits. Je m'en vais à Cambrai , d'où j'é- » ci'irai à Rome. Je répandrai ma lettre pastorale, » et j'écrirai peut-être une lettre douce et simple » à .\L de Meaux pour éclaircir les choses de pro- » cédé et de doctrine, dans lesquelles il me re- » présente connue un fanalique et un hgpocrite. )' Pliez Dieu poui' moi, monsieur. J'en ai grand » besoin dans mes soutli-ances , et aimez toujours « un homme ]dein de tendresse, de confiance, de )) l'econnoissance et de vénération pour vous. »

l';iralli;l(; ilo BossucI i-l ilc Ft'iii'loii ii;ir le (iiaiirelicr (l'AatiiPsseaii.

C'est en ce moment qu'on voit s'établir eidre deux grands évè(|ues cette trop in('morable controverse, dont le chancelier d'Aguesseau nous donne une juste idée pai' un paiallele aussi ingt'nieiiv (pi'inléressanl.

« On \i[ doiu' entrer en lice deux adversaires )) illusti'cs, plutôt égaux (|ue semblables': l'un » consommé depuis long -temps dans la science » de rCglise , coM\erl des lauriers cpi'il avoit rem- « poilés , en cninbalianl poui' elle contre les hé- » réti(pies; athlète in''aligable, i\iH' son .îge et ses » victoires auroient pu dispenser de s'tMigager » dans un nouveau cond)at , mais dont l'espiit en- » corc; vigoureux cl supérieni' au jioids des aimées, 5) conservdil dans sa vieillesse une grande partie )i de ce feu (pi'il avoit eu dans sa Jeiniesse : l'auli'e, >i [lins jeune et dans la force ('e l'âge , moins connu

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