‹ Œuvres complètes de Fénelon, archeveque de Cambrai. Précédées de son histoire littéraire (volume 2)Chapitre 258 sur 422 · I.IVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

I.IVRE TROISIÈME

nous l'avons déjà dit , tout ce iiui peut exciter la curiosité , ou même tiatter la malignité. I.a singularité du caractère et des aventures de madame (iuyon, et l'enthousiasme qu'on supposoit à ses disciples, oftroient, si on peut le dii'e, le charme d'un roman par les couleurs agréables (jue Bossuet avoit su donner à ci- tableau. La révélation de plusieurs anecdotes [)if|uantes et secrètes, que Ton y apprenoit pour la première fois au jtuhlic , le caractère et le rang des principaux peisonnages qui y liguioient , appeloient raltention des courtisans sur toutes les circonstances d'une affaire où le Roi et madame de Maiutenan jonoienl, un rôle piincipal.

Le mérite de toutes ces circonstances , si propres à faire disparoitre la séchei-essc d'une controverse théologi([ne , ne pouvoit pas se retrouver dans les lirmar(ivrs cpie publia Hossuet. On y l'econnoit toujours son talent si distinguépour la dialectique et la discussion ; mais la forme qu'il avoit donné à ces Rrmarques n'admettoit ni ces grands mouvements oratoires , ni le charme de cet intérêt continu qui se répand sur toute la suite d'un lécit historique; et tout le monde sait à quel degré de perfection Bossuet portoit ces deux qualités si brillantes.

Les Remarqups n'oflroient guère en grande partie, qu'un tableau à deux colonnes, où il avoit placé la réfutation à côté des allégations. 11 y avoit mêlé des accusations très-véhémentes , dont nous rendrons compte en rapportant la Réponse de Fénelon à ces Remarques.

Féueluii répond aux Remarques de Bossuel.

Si on veut prendre une idée delà célérité avec laquelle Féuclon répinidit aux Remarques de Bossuet , il suffira de lire ce fragment de l'une de ses lettres à l'abbé de Chanlerac ' : « Pour ma ré- » ponse à l'onxrage tout lécent de M. de Meaux, » elle ne tardei-a pas à partir. Je ferai demain » mon extrait ; il me faudra trois jours pour le » faire exactement et avec ordre ; ensuite il me » faudra six ou sept jours pour la composition ; « il en faut quatre ou cinq à l'imprimeur tout au )) moins. Comptez donc sur quinze ou seize jours » en tout. »

Ce fut en effet dans un si court espace de temps «ju'il composa sa Réponse aux Remarques de Bossuet ; ouvrage qui acheva de fixer en sa faveur, sur la question des faits, l'heureuse lévolution que sa Réponse a la Relation avoit déjà opérée.

On éprouve une impression triste et religieuse on lisant le début de cette réponse.

« Monseigneur, jamais rien ne m'a tant coûté )) que ce que je vais faire ; vous ne me laissez » plus aucun moyen pour vous excuser en me « justifiant. La vérité opprimée ne peut plus se » délivrer qu'en dévoilant le fond de votre con- » duite; ce n'est plus ni pour attaquer ma doc- » trine , ni poui- soutenir la vôtre que vous » écrivez, c'est pour me diflamer *. M. de Cnm-

1 Cormp. de Fi- Je Bossuut.

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