‹ Œuvres complètes de Fénelon, archeveque de Cambrai. Précédées de son histoire littéraire (volume 2)Chapitre 268 sur 422 · L.WXI · texte numérisé non relu

L.WXI

Lp Roi convoque toutes les assemblées métropolitaines pour l'acreptation du bref du Papf .

Le Roi fit expédier des lettres à tous les archevêques du royaume, j)onr qu'ils eussent à convoquer leurs assemblées métropolitaines; et celle de Paris eut lieu le 15 mai 1699. Comme elle fut la première dont les dtUibérations furent généralement coumies, elle seiv if de modèle au plus crrand nombic. Ce fut principalement sur deux points importans cpic l'assemblée métropolitaine de Paris exerça une inliuence plus marquée sur celles des provinces. La marche qu'elle traça fut unanimement adoptée sur le premier de ces deux points a forme de racceptation du bref du Pape. C'étoit la preuuere occasion (jni s'ollroit depuis la célèbre assemblée de l(;«-2, de meltre à exécution les maxunes quelle avoit consacrées. « Il s'excita » » dit le chancelier d'Agiiesseaii, une louable ému- .. lafioii entre les dilVérenfes provinces. Chacune » voulut a\ou- l'honneur d'avoir mieux soutenu » le pouvoir attaché au caractère épiscopal de

» Clui

^ Œuvres tir BuiXKet, l.xii,

• Mf'iiioin's iliioii. du P. d"Avri(5iiy , a ^ OEuvri's du chancelier d'Aguesseau, I. xiii.

HISTOIRE DE FÉNELON

» juger ou avant le Pape, ou avec le Pape, ou » après le Pape , et le droit dans lequel sout les » é.vèques , de ue recevoir les constitutions des » papes qu'avec l'examen et par forme de juge- » ment. Ce qu'il y eut de plus remarquable dans » ce témoigna'fte 'solennel que l'Eglise gallicane » rendit à sa doctrine, c'est qu'il fut placé dans » tm temps où nous n'avions aucun démêlé avec » la cour de Home, et où le Roi vivoit dans ime » parfaite intelligence avec le Pape , dont il ne » craignoit rien , et n'avoit rien à craindre ; en » sorte que ce fut à la vérité seule , et non à la né- » ccssité des conjonctures , qu'on fut redevable » d'une déclaiatioH des sentimens du clergé , si )) authentiques et si unanimes. »

Les provinces ne furent point aussi unanimes sm- un autre point , qui n'étoit pas à la vérité d'un intérêt aussi majeur. Le pape , eu condamnant le livre de Fénelon , n'a\(tit rien prononcé sur les différens écrits (|u'il a\oit publiés pdur le défendre. Ce silence pouvf»it et devoit faire présumer que le saint Siège n'avoit pas jugé les écrits apologétiques aussi ivpréhensibles que le livre même. On ne manqua pas d'observer que l'assemblée métropolitaine de i'aris se trouvoit composée de quatre prélats (Paris, Meaux , Chartres et Blois) ', dont les trois premiers s'étoient montrés les adversaires déclarés de l'archevêque de Cambrai. Ou auroit peut-être désiré que, par un sentiment de déUcatesse , ils s'abstinssent de provoquer une mesure plus sévère encore (]u'un jugement déjà très-sévère. Lu demandanl au Roi de supprimer les écrits publiés confie eux i)ar l'auteur du livre des Maximes, ils parurent s'établir juges dans leur propre cause, et se ressouvenir peut-être de l'impression ((ue ces écrits avoient laissée dans le ])ul)lic.

Cette considération arièta eu eflét les évêques d'une grande partie des aniies métropoles, cpii ne crurent pas devoii- aller plus loin que le jugement du saint Siège. Sur seize • assemblées métropolitaines, il n'y en eut (\uo huil qui demandèrent la suppression des écrits publiés pour la défense du livre des Maximes des Saints.

A l'exception de ce seul [)oinL . on remarqua dans les délibérations de l'assemblées métropolitaine de Paris une modération (jui faisoit déjà sentir l'influence de l'opinion publi(pie, et l'impression favoiable que la soiunission de Fénelon avoit géuériileiueut excitée. Ou fut surtout frappé de ces' expressions ilii procès-verbal de l'assemblée de Paris : « Poui ne pas sortir de l'Lglise » de France, il v a im exemple célèbre , et très- » semblable à rafiaire dont il s'agit, dans Cil- » bert de la l*orée, évê(|ue de Poitiers, honiine )> (le qrarule iloctri'iw et de (fraude piété , mais que » sa ira}) ijranJe subtilité ar(,itjeté dans l'erreur.... » On a ou arec joie la .'iuuini.ssioit de l'aulear imur » le sami Siéije , avant et après h jaijeiiienl

1 Li- luiiliiial (lf(:oisriii,.vr,iiiriri)rl.';iiis, n'y ;issisla iM.inl, a cause (11- sa difiiiilc (If L"irciiii:il , (|iii ne lui |>imiiioIIoiI |. is cil? SI- voir pirsiilr par un aiclii'vi'(|iic di- l'.iiis, iwiii «-inliiial. * Il y rut il l;i V(-iil.' iliv-srpl aKs.Miilil.M's lu.'li-.iiMililaiiio ; niaik rfllf il'Aiv (on n.- sait |.oun|uoi) iir s'usscnilila qu'au iMois lie janvier 1700, cl lors(|Uf li' Uni avoil dcja ]>ronon(i''.

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» M.^ l'archevêque de Cambrai s'est soumis lui- » môme à ce jugement , par une déclaration sirn- » pie , absolue, , et sans ombre de restriction. » » Toutes ces expressions si mesurées, sont un peu difiérentes de l'opinion que Bossnet avoit d'abord manifestée sui' le mandement de Fénelon. Nous sommes d'autant plus fondés à croire que le cardinal de Noailles et l'évèque de Chartres tirent prévaloir ce ton et ces sentimens de modération, que Bossnet lui-même nous apprend , dans une letti-e à sou neveu , que le projet de délibération dont on lui avoit contié la rédaction , renfernioit quelques expiassions que ses confrères crurent devoir rejeter. « Entre nous , mande- I) t-il à l'abbé Bossuel ' , on y a adouci bien des » choses. »

Dans li's autres assemblées métropolitaines • , <( ou en usa l>ien ou mal à l'égard de l'archevêque » de Cambrai , dit un !nsl(trien , selon (lu'il s'y » trouva plus ou moins d'évêques attachés à la » cour et à son principal adversaii-e. Qiielques- » uns alVectèrent de rappeler le souvenir de ses )) eri'eiu's, et les autres (et ce fut le plus grand » nombre) se bornèient à faire l'éloge de sa sou- » mission sans bornes. » Nous devons ajouter qu'elles louèrent unanimement la piété, les vertus et les talens de Fénelon.

Proct'ilé riflcusanl de l'ovêquo i\e Saint-Omer pour Fénelon.

Mais Fénelon él(»it réservé à un genre de contradiction au(|uel il devoit peu s'attendre et qui fut une espèce de scandale pour toute l'Eglise. 11 est vrai (jue ce scandale retomba sur celui (jui l'avoit si indécemment provoqué , et devint pouil'archevêque de Cambrai une nouvelle occasion de manifester la sincérité de sa soumission. Ce fut dans son pi'oi)re palais (pTiui de ses suffragans , l'évèque de Samt-Onier % osa se rendre inquisiteur de la conscience de son métropolitain. Tandis que tous les évêques de France applaudissoient par un concert unanime à la soumission de l'archevêque de (lanihrai , l'évèque de Saint-Omer prétendit (pie les termes du mandement de Fénelon n'exprimoient pas nu acquiescement intérieur. Fénelon auroit pu sans doute se dispenser de répondre à une interpellation si odieuse. Les évê- (pies de la province n'étoienl appelés que pour émettre leur jugement sur le bref du l*ape , et rè'gler la forme de son acceptation. 1-a lettre même du Itoi , (pii enjoignoit à rarchevè(pie de Cambrai d'asseinblei' ses suffragans, se bc^inoit à l'inviter à faire en commun ce. qu'il avoit drj('i fait en particulier ; mais une juste délicatesse (it dt'daigner à Fénelon tous ees movens \tdgaires de l'cpoiisser une injuste agression. 11 répondit avec calme et dignité à Ft-vèque de Saint-Omer ^ ; « qu'il vouloit l)ieii receutir, sans consé(pience et

I l.eUrt'ilr lî,.-.^!!!'!. IS mai 1 C'.M.I. r#'.'//,/f,sw/,' /A.x.s(/(7, 1. Ml. |>. 1S7. — « Mi'Mioiivs rliron du I'. d'.\vrii;iiy. — » l.ouis- Alplionsi- de Valjpcllf, iioiiiiiii' d'abord a rovc^cln.' d'.Mclli , IransIV-ri- a ri'Iui de f^aiiil Oiner en 1f>S4. niorl en 170«i a l'a|[i; ili' liîj lins. — '» l'rm i-j-vorltal le rasseuiblce uictroi). (Je Cauibrai.

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