LIVRE QUATRIÈME
Oïl ne manqua donc pas de supposer que Fénelon n'avoit écrU le Teléinfiqup que depuis sa disgrâce , el ipie mécontent de Louis MV et de tout ce qui l'entoiiioit , il avoit , sans peut-tMre s'en apercevoir lui-même, répandu sur les tableaux qu'il relraçoil des passions et des foiblesses des rois , des vices el de la corruption des cours, le sentiment pénible el involontaire d'un cœur aniij;é par l'injustic»- et ai^rri pai- le malheur.
11 est difficile de sa\oir jus([u'à quel point Louis XIV ajouta fui au\ intentions que la calomnie prètoit à Fénelon dans la composition de ces portraits ; maison ne peut douter qu'il n'ait été profondément ulcéré contre l'autem- d'un ouvraj^e dont les maximtîs éloient réellement en opposition a\ec les princi[ies de son gouvernement , avec les qualités dominante-; de son caractère cl avec toutes les brillantes illusions qui l'avoicnt si long-temps séduit. L'âge cl la piété lui avoient bien donné le courage et le pouvoir de modérer son goût extrême pour le faste et l'éclat , sans le désabuser entièienient de toutes ses idées de grandeur et de gloire. Lorsque le Téléinaqne parut , le malheur ne lui avoil point encore appris à connoitre les bornes de sa puissance ; il ne soupçonnoit pas alors qu'il se tronveroit bientôt réduit à accepter la loi de ces mêmes ennemis dont il avoit triomphé tant de fois ; il dut naturellement reconnoitje , dans l'auteur du Télé marjur, cet i'.\pi it chiméricpir qu'il avoit déjà cru remarquer et qui lavoit déjà blessé; mais il regretta surtout d'avoir conlié l'éducation de son petit-fils à un homme dont les principes lui parurent dangereux , parce qu'il les jugeoit entièrement opposés à l'opinion qu'il s'étoit faite de la nation que le jcime prince étoit appelé à gouverner , et incompatible'^ avec la fermeté nécessaire pour réprimer la légcreto des Français. Toutes ces maximes de modération et de popnkirité , ces tableaux si rians de la vie pastorale et du bonheur des travaux champêtres , cette haine des conquêtes , cette simplicité modeste des rois et des grands , cette candeur et cette bonne foi dans les négociations extérieures , ne lui parurent que les jtux puérils d'une imagination peu familiai'isée avec la connoissance des hommes et a\ ec la véritable science (!u gouveiT.ement.
11 est donc facile de comprendre comment Louis XIV , déjà convaincu , par l'auloiùté des évêquesles plus reconmiandables de sa cour , qne Fénelon n'avoit f|ue des iilées romatiesiiues sur la piété , pût jugtr, par son pioprc sentiment , qu'il n'avoit également que des idées roninvesques f-n politique.
Ce qui acheva de l'aigi ir encore plus profondément contre l'ai-chevêque de Cambrai , c'est qu'il crut apercevoir de FingratiSude dans sa conduite. Ce prince , accoutumé depuis si long-temps aux louanges et aux acclamations que tous les hommes de génie el toutes les classes de ses sujets fdisoient retentir autour de son trône , entendoit pour la première fois une \oixséèrc qui sembloit lui révéler toutes les erreurs de son règne ; et cette voix étoit celle dim homme qu'il avoit comblé de bienfaits , ([u'il a\oit appelé à sa cour , à qui il avoit donné le plus grand témoignage
d'estime et de confiance dont un roi puisse honorer un sujet.
Si Louis XIV eût pu se persuader que les maximes de Fénelon éloient les plus justes et les plus vraies , il étoit assez grand par son ame et son caractère pour l'en récompenser au lieu de l'en punir. Louis XIV avoit toujours approuvé et même encouragé le zèle austère des ministres de !a leligion , qui lui avoient adressé les vérités les plus fortes avec le respect dû à son rang; mais les vérités de la leligion , appliciuées à la morale , sont simple^ , claires et incontestables , et ce prince étoit pi-ofondément religieux. Il nen est l)as de même des principes de gouvernement et des maxunes de la politi<iue ; elles sont si variables et si mobiles dans leur application ; la théorie en e.st quehjuefoi- si séduisante . et la pratique si dilTicile el si délicate , qu'on doit moins s'étonner que Louis XIV , (pii régnoit avec glohe depuis quarante ans , se crut plus habile dans l'art de gouverner,* que Fénelon, qui ne pouvoit avoir ni la même coimoissance des hommes ni la même expérience des aflaircs. Il sescroit peut-être borné à regarder l'auteur du '/V/^/;}f/'/'<''Comincun espnt chimérique , si cet auteur n'eût pas été le précepteur de son petit-lils ; mais il devint à ses y«ux inqrat et danijereux , parce qu'il lui parut avoir avoir oublié ses bienfaits et méconnoitre les vrais principes du gouvernement.
Il fut malheureusement entretenu dans cette prévention par tout ce qui Fapprochoit et qui avoit pai-t à sa confiance. On peut observer , dans un mémoire particulier, que madame de Maintenon écriul , pour M. de Chamillard . peu de temps api'ès que le Télenia'iue fut devenu public (en 1099) , qu'elle ne partageoit que trop cette fâcheuse prévention contre Fénelon. M. de Chamillard , appelé au mini^^tère par le crédit (le madame de Maintenon, avoit prié sa bienfaili-ice de lui servir de guide dans un pays oii il étoit encore si étranger et si nouveau , et de lui faire connoitre son opinion sui- les difîérens ministies qui cotnposoienl alors le conseil de Louis MV. On tj-ouve , dans ce mémoire , ces expressions si remarquables par la justice qu'elle rend à M. de Beauvilliers et qui prouvent que , si elle lie lui avoit pas entièrement rendu sa confiance et son amitié , elle ne cessa jamais d'avoir poui' lui une sincère estime ainsi qu'un véritable lespect pour sa vertu. « Les » conseils de M. de Beauvilliers ne peuvent jamais n vous être nuisibles ; il a l'e-prit merveilleuse- « ment dioif ; il aime véritablement l'Etat et ab- .) horre tous les couse Is viob-ns. Le Roi , quoique .. lesdertûères aflaires du quiélisme'. l'aient re- ') f/'oidi, est encore plein d'estime pour lui ; mais )) // a ilesaniis ((antjereiix , j(! dis M. de Beauvil- « villiers... ' Il est facile de deviner- quels étoient ces amis lUtnifererix (jue madame de Maintenon indique sans les nonmier, lorsqu'on sait que M. de Beauvilliers ne voyoit personne à la cour , et avoit concenti'é toutes ses habitudes et toutes ses attècfions dans sa famille et dans ses lelations intimes avec Fénelon.
Madame de Maintenon alVectoif même d'annoncer hautement qu'elle ne pouvoit pardonner à l'aichevèque de Cand)rai d'avoir composé le Telémaque ; et ses amis particuliers se croyoient au-
HISTOIRE DE FÉNELON
torisés à alléguer ce niolif pour se diiipenscr de solliciter son rappel à la cour. Fénelon écrivoit au duc de Che\reuse , vers la fin de Tannée 1699 ' : << Je sais que M. de Paiis [ le cardinal de » Noailles ) a dit au curé de Versailles ( Hébert ; , » qu'il faisoit ses eiTorts pour me faii-e rappeler à « la cour, et qu'il y anroil réussi sans Téléinaque, >' qui a irrité niadainc de Maintenon , et qui l'a » obligée à rendre le Hui ferme pour la négative. » Vous voyez que ce discours, (jui vient de van- >' terie sur sa générosité pour moi , n'a aucun " rapport a\ec ses pi-océdés personnels à mon » égard : il ne peut que me craindre et \ouloir >> nie tenir éloigné. Niais il voudroit nissembler n les deu\ avantages : l'un , de iliire l'iuaume » généreux pour se justifier vers le public sur » mon allaire , et me rendre odieux en se jus- » tifiant ; l'autre , d'être généreux à bon marché , » et de ne rien oublier pouj- me tenir en dis- » grâce. »
Ne seroit-il pas permis de penser que madame de Maintenon elle-même chcrchoil à couvrir la répugnance qu'elle auroit eue à se retrouver à Versailles a\ec Fénelon , du voile honorable de son respect pour le Roi. Plus elle adectoit de se montrer irritée confie l'auteur d'un ouvrage où elle supposoit Louis \1V outragé , plus elle éloignoit l'idée qu'on pût la croire embarrassée de revoir un homme qu'elle avoit elle-même sacrifié. Quoi qu'il en soit , il paroîl qu'elle conserva jusqu'au dernier moment cette pré\ention contre Télényique , et que cette espèce de malveillance contre l'ouvrage survécut à la mort de l'auteur et à cellede Louis XIV lui-même. Lorsque le marquis de Fénelon , petit-neveu de rarchevèque de Cambrai , fit paroitro en 17171a piemièie édition correcte du Télemaquc . madame de Caylus, qui n''a\oit jamais dissimulé son admiration pour Fénelon , en présence même di' madame de Maintenon , sa tante , s'eiupiess;) de lui ofl'rir la lecture de celte édition, épurée de loules les fautes que la précipitation et l'ignorance des premiers imprimeurs y avoienl mêlées. Madaïue de Maintenon lui répondit assez sècliement ' : « Je ne me » soucie point de lire Téléwaqrti-. »
Il étoit difficile (|ue Louis MV ne se ciùt pas personnellement attaqué , lorsqu'il voyoit tout ce qui lui étoit le plus i-her et qui avoit le plus de {»art à sa confiance , se moutrei' encore plus sensible que lui-même ;i une ii.u-eiile injure. Différentes circonstances contribuèicnt encore à envenimer le cœur de ce monarque contre Fénelon et contre ses maximes. L'admiiation générale de toute l'Europe pour Télemaqve , l'enipressemenf detoules les nations à le traduire dans leur lar»gue , la persuasion où pfirui-eiil êlre les puissances rivales de Louis MV, ou l'aneclalion (pTelles mirent à supposer que Fénelon a\oit voulu faire la censure ae ce prince , achevèrent de le convaincre que l'auteur au Télémaque étoit un ennemi de sa gloire et de sa personne. LorMjue dans les derniers lemi)S(le ^on règne , les armées ennemies , maîtresses de toute la Flandie , ue parurent respecter ([ue les lei'ics de Fi'uelnn , lors-
qu'au milieu des horreurs delà guerre, elles s'arrêtoient dans leur marclie triomphante pour prott>ger les fonctions paisibles et religieuses de l'archevêque de Cambrai , Louis XW eut peut-être la Ibiblessc de regarder comme une insulte à sa gloire cet hommage éclatant rendu à la vertu (l'un de ses sujets.
Lettri- (le M. le duc de Bourgoçiie à Fénelon, -22 décciiiliie 1701.
On peut se faire une idée de l'opinion que l'on avoit généralement de la prévention de Louis XIV contre l'auteur du Télémaque , par les précautions que le duc de Bourgogne, son élève, étoit obligé de preudi'e pour entretetenir avec lui une correspondance souvent interrompue et toujours gênée. Nous avons la première lettre qu'il lui écrivit depuis sa retraite de la cour , après une absence et un silence de quatre ans : elle peint en même temps la tendre reconnoissance du jeune prince pour son précepteur , le singulier ascendant du précepteur sur son disciple , quoi- ([u'il eût été arraché bien jeune encore à ses leçons , les sentimens religieux dont M. le duc de Bourgogne étoit profondément pénétré , et l'étonnante dépendance oîi Louis XIV avoit su maintenir toute sa famille pai' le seul respect de son nom et la seule crainte de lui déplaire.
«Enfin, moucher archevêque ' , je trouve une « occasion favorable de roî/»/J7"e le silence ou j'ai •» demeuré depuis quatre ans. J'ai souO'ert bien >) des maux depuis ; itiais un des plus grands a » été celui de ne pouvoir point cous témoigner ce » que je senlois pour vous pendant ce temps j et i> que mon amitié augmentait par t'os malheurs » au lieu d'en être refroidie. Je pense , avec un » vrai jd'.iisir . au temps où je pourrai vous re- » vuir ; mais jr crains que ce temps ne soil encore « bien loin. Il faut s'en remettre à la volonté de 1) Dieu , de la miséricorde duquel je rei^ois tou- » jours de nouvelles grâces. Je lui ai été plusieui-s » fois infidèle depuis que je ne vous ai vu ; mais » il m'a toujours lait la grâce de me rappeler à » lui , et je n'ai, Dieu luerci , point été sourd à » sa v(ii\. Depuis (juelquc temps, il ineparoitque .' je me soutiens uiieux dans le chemin de la ver- » tu ; demandez - lui la gi'àce de uie confirmer -) dans mes bonnes résolutions , et de ne pas per- » mettre que je red<-'viemie son emiemi , mais de » ui'enseigner hii-iilême à suivre en tout sa sainte )' v()1ohI('. Je continue toujours h étudier tout » seul, (juoi(|U(\je ne li; fasse plus en forme depuis » deux ans ; et j'y ai plus de goût que jamais. ■>) Mais rien ne me fait plus de plaisir cpie la mé- 0 taphNsiqneet la morale, et je ne saurois me » lasser d'y travailler. J'en ai fait quelques petits >' ouvrages , (|ue je voudrois bien être en état de >) vous envoyei" , afin que vous les corrigeassiez, >' comme vo'us faisiez auti'cfois à mes thèmes. » Tout ce que je vous dis n\'.^\ pas bien de suite, >■> mais il n'importe guèi'c;. Je ne vous dirai point
' Cor, es I,.
liia<luiii(; di-
(1« Ciiïhis, 1717.
MVRR OrATRIÈME.
» ici combien /> suit vècolié mai-ui^mf conlrr » tout ip qu'on (I fait à rolir éiiarri ; mais il faiil >' se souin(Hti'c à la volontP do Dieu , oi cioire <[\\e » tout crlii est arrivé pour notre, bifii. .\c mnnlrfz V cptli' li'ttre à personne au inontic , r.rrppté u » l'nithp dp. Lanypioii . s'il est achipltrincnl a Cain- » brai , rar jp suis sur île s<ni snrpt ; et faites- » lui mes cumpliiaeiis , l'as^uranl (|ue Tah- » sence ne diminue point mou amitié pour lui. » A> ui'ii faites /joint non jjIus de rpponsp, à moins » que (■" ne soil par ijuphfup raii'. tres-s-ûrp , et eu » mettant rotrp letirr dans le paquet de M. di^ » lleanrillirrs , cnnimp je mets la mienne ; car il » est le sp)il que j'aie nu's dp la ronjidt nce , sachant » comhii-n il lui serait nuisiblp qu'an te sut . Adieu, )> «ion cher archpvpqup : je. vous embrasse de » tout won cipur , et ne trouverai peut-être de » bien long-temps l'occasion de vous écrire. Je » vous demande vos prières et adre bénédiction. «
L(.l!IS.
Nous avons la min. île originale de la réponse de Fénelon. Elle reui\'rini' les exhortations les plus tendres au jeune prime , pour raffermir dans ses sentimens de religion ; mais il n'y mêle aucune réflexion sur tout <.e qui s'étoit passé depuis quatre ans , ni sur toutes les irijustices qu'il avoit éprouvées , et dont il étoit encore la victime ; il termine sa lettre par ces seuls mots • : » Je ne vous parle que de Dieu et de votis ; il » n'est pas question de moi. J'ai, Dieu merci , le » cœur en paix; ma plus rude croix est de ne vous » point voir , mais je vous porte sans cesse devant » Dieu dans une' présence plus intime que celle » des sens. Je donnerois mille vies , connue une » goutte d'eau , pour vous voir tel que Dieu l'ous » veut )>
Telle étoit cette correspondance que M. le duc de Bourgogne et son vertueux instituteur étoient obligés de voiler des ombies du mystère par respect pour les préventions de Louis XIV ; elle auroit peut-être suffi , s'il en eût eu connoissance , pour le désabuser des idées sinistres qu'on lui avoit inspirées contre l'autinu- du Télémaque.
La prévention de Louis XIV contre ce livre étoit si connue , on craignoit tellement d'offenser son oreille en pi-ononçant seulement le nom de Télémaque, qu'après la mort même de Fénelon, seize ans après la publication du Télémaque , lorsque ce livre étoit répandu dans toute l'Em-ope , et traduit dans toutes les langues , M. de Boze , qui succéda à Fénelon à l'académie française , n'osa parler du Télémaque dans son discours de remercîment à racadémic et dans l'éloge de l'archevêque de Cambrai , ni M. iiacier, directeur de racadémic , dans sa réponse à ^L de Boze : c'étoit au mois de mars JTln ; Louis XIV régnoil encore.
On nous dispensera sans doute de justifier Fénelon d'une imymtation aussi odieuse que celle d'avoir voulu faire la satire d'un giand roi dans un ouvrage écrit pour son petit-fils. Le caractère et la vertu de Fénelon suffi roient pour repousser
un pareil .soupçon , quand même nous n'aurions pa< les preuves les plus certaines qu'il n'a pu en avoir ni l'intention ni la piMisc-e ; les faits mêmes résislenl à celle supposition. Les rédacteurs de la liibliotltpijup britannique ont observé , avec l'aison , ipTil ifavoil pu composer- son Télérna- </'/(' cpi'à une .•po(|uc ou il jouissuit encore de la faveur . et oii il occupoit à la cour la place la plus honorable ; dans un temps oii Louis XIV paroissoif le distinguei- par les témoignages d'eslime les plus (lalleurs , et l'élevoit au\ premières dignités (le rL';lisi'. Fénelon n'a cessé de professer, dans toutes les (tccasions, un ^éritable attachement |)Our ce p/ince ; et la veille même de sa mort , dans une lettre où il <léposa l'expression de ses derniers sentimens , il i)i-oleste .solennellement « qu'il a toujours eu pour la personne de » lM\iis XIV et pour ses vertus , une estime et » un respect prof nul. Sans doute , ajoutent les ré- » dacteurs de la ilihliothequr hritannique , on doit » croire sur une déclaration de cette nature un » évêque , un évoque comme M. de Cambrai , et )) un évêque mourant. «
U semble en effet qu'une déclaration solennelle dans ces derniers momens on l'on ne peut plus être inspiré par aucun motif de crainte ou d'espérance , où l'on n'a plus rien à attendre ni à redouter des rois de la terre, oii Ton est près decomparoitre devant le seul juge qui lit dans les cœurs, devroit toujours être acceptée conmie un témoignage de la vérité; mais les hommes .sont si inconséquens dans leurs jugemens , qu'ils se flattent de la sui-prendre plus facilement dans les momens où l'on est ému par la passion ou conduit par Fintérêl. C'est surtout dans les correspondances secrètes et intimes de l'amitié, qu'ils cherchent à démêler les véritables expressions de la haine , de l'estime ou de l'affection.
C'est parce que nous retrouvons Fénelon toujours fidèle à la reconnoissance envers Louis XIV, dans ses lettres les plus confidentielles , que nous sommes convaincus qu'il n'eut jamais la pensée d'offenser la gloire d'un prince dont il honoroit sincèrement les grandes qualités. JNous voyons même que , dans les temps où tout autre nue Fénelon auroit cru avoir le droit de se plainare des effets delà prévention que ses ennemis étoient parvenus à lui inspirer , il n'en parle aNCc ses amis les plus intimes que pour rendre hommage à ses bonnes intentions et à son zèle pour La religion.