‹ Œuvres complètes de Fénelon, archeveque de Cambrai. Précédées de son histoire littéraire (volume 2)Chapitre 281 sur 422 · XY · texte numérisé non relu

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nisconrs dft Fénelon au sacre d<^ l'élcctenr de Cologne.

Le seul sermon que Fénelon ait cru devoir composer par écrit , et selon la méthode ordinaire, est le discours qu'il prononça le \^' mai 1707, pour le sacre de Joseph-Clément de Bavière , électeur de Cologne ', Il crut devoir cette espèce de forme respectueuse au rang d'un prince qui avoit vivement désiré de recevoir l'onction épiscopale de ses mains , et à la présence de l'électeur de Bavière son frè)"e ^ Ce sermon étoit un discours d'appareil pour ime grande cérémonie , et non pas un objet d'instruction poin- les simples lidèles ; mais il suffit pour permettre de penser que Fénelon auroit pu UKjnter à la suite de Bossuet et de Boui'daloue dans la tiibune sacrée, s'il n'eût pas préféré à la gloire de l'éloquence le mérite d'instruire avec simplicité , les fidèles confiés à sa charité pastorale. « La première partie du discours pour le " sacre de l'électeur de Cologne est écrite avec » l'énergie et l'éhn ation de Bossuet ; la seconde » suppose une sensibilité qui n'appartient qu'à Fé- » nelon ■-. » C'est le jugement qu'en a porté M. le cardinal Maury ; et un tel ténîoignage , rendu à Fénelon par un admirateur éclairé de Bossuet , et par un des oiateurs de notre siècle , qui a offert les meilleurs préceptes et les plu'^ beaux modèles d'éloquence , peut bien balancer l'opinion de ceux qui pensent qu'il n'étoil pas donné ù Fénelon d'être orateur.

Fénelon n'a pas laissé , il est vrai , la réputation d'un oraleur , dans le sens qu'on attache communément à celte expression. On a vu que ses principes sur Y éloquence de la chaire sembloient même lui interdire ces grands mouvemens oratoires 4 <( qui forcent les esprits , entraînent les » cœurs , et ne permettent que l'admiration et le » silence. » L'étonnante facilité avec laquelle il parloit et il éciivoit , se seroit soumise a\ ec peine a cette laborieuse composition qu'exige l'ambition de revêtir d'images éclatantes des pensées fortes et sublimes. 11 est même assez remarquable que l'homme de son siècle , qui a passé pour avoir le plus d'i'Sjjrit 5 , n'a jamais voubi faire parler son rsijril ; c'étoil toujours son ame qui parloit à l'ame de ses lecteurs ou de ses auditeurs. C'est probablement par cette raison que son style a toujours la même couleur dans ses sermons , dans ses lettres et dans ses écrits. S(m accent et sou langage sont toujours l'expresrion du sentiment; et lorsque , dans une ame vertueuse , le sentiment n'est point exalté par la passion, son expression est toujours calme, douce et pure comme la vertu.

Il falloit que ce caractère paiticulier de Fénelon

' .Ioi,(|ili-(;i<'nieiil cil- Havicie. cle. leur .le ColoRUe, évi^que lie Lieije , .le Ralisli.mne el (IHilileslieini . niiirl le 12 novembre 1723. — * Miviiuilien-Euiniauuel , iit* le H juin 1ti(>'2, eleiteur de Havii're depuis 1679, mort le 26 It^vrier 1726 , iigé <\f ('.4 ans — ■* Kssui siir l' Eloquence de la chaire. n. 74. — * Kloge de Bossuet par l'abbe de Ctioisi , devant l'Acadf^inie française , en 1704. — * C'est Bossuet lui-niùme qtii l'a l'ill entendre.

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