‹ Œuvres complètes de Fénelon, archeveque de Cambrai. Précédées de son histoire littéraire (volume 2)Chapitre 29 sur 422 · DU MÊME AU MARQUIS DE BARBESIEUX · texte numérisé non relu

DU MÊME AU MARQUIS DE BARBESIEUX

Sur les raisons qui l'ont empêché de donner uu Mandement touchant la condamnation du livre des Maximes, après oon assemblée provinciale.

A U'ssines , 30 st'pUuibi-e 1700.

Je viens de recevoir la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire en date du 1 7 de ce mois. C'est avec le plus profond respect et le zèle le plus sincère que je veux me conformer aux intentions du Roi : mais je dois vous dire avec sincérité, que ce n'est nullement par oubli que je n'ai pas fait un second Mandement sur la condamnation de mon livre. Il m'a paru qu'il ne pouvoit être question de faire deux fois la même chose. Mon Mandement n'étoit point , comme il semble, monsieur , que vous l'avez cru , un simple acte de soumission au Bref du Pape. Un Mandement est un acte d'autorité épiscopale. En adhérant , dans le mien, au jugement de mon supérieur , je condamnois mon livre avec les mêmes qualificrtions ; j'en défendois la lecture sous les mômes peines ; en un mot , je faisois par avance ce que notre assemblée provinciale a réglé dans la suite que chaque évêque feroit par son Mandement particulier. Ce qui étoit alors à commencer pour tous les autres évèques étoit donc déjà fini par avance pour moi. Un Mandement qui contient tout ce que la délibération de l'assemblée provinciale et la Déclaration du Roi demandent , ne satisfait pas moins à ces deux actes , en les prévenant, qu'en les suivant. H est même beaucoup plus fort que tous les autres , en ce qu'il a prévenu la règle. Aussi avois-je fait clairement entendre dans notre assemblée , qu'il ne n)e restoit [)lus rien à faire après ce que j'avois fait. Voici, monsiem-, mes propres paroles dans le procès-verbal : « M. l'archevêque à dit que, » pour lui . il n'avoil point à délibérer pour » savoir s'il recevroit la constitution en forme ï> de Bref , puisqu'il l'a déjà reçue avec tout le

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CORRESPONDANCE SUR L'AFFAIRE DU QUIÉTISME

» respect et la soumission due au saint siège , » par un Mandement qu'il a publié le 9 du » mois dernier dans son diocèse. »

Au reste , la publication de mon Mandement ne pouvoit être pins forte que je la lis [)onr ne m'épargner en rien. J'en lis faire deux •'■dilions, l'une Irancaise et l'autre latine . dont je distribuai à mes dépens plus de sept cents exemplaires, .l'en envo\ai à tous les doyens de districts , |)our en faire part à fous les curés de ce diocèse. De pins , l'imprimeur en vendit un très-grand nombre. Quinze jours après , on en lit encore deux autres éditions , lune à Bruxelles et l'autre h Louvain , qui furent d'abord lépanclues dans tout le pays.

Dans la suite , je lis imprimer le procès-verbal de notre assemblée provinciale, avant qu'on l'eût im[)rimé à i'aris , et j'y insérai tout du long le Bref du Pape avec mon IMandeu)ent. Ainsi celte publication du procès-verbal fut une publication réitérée du Mandement même. J'y avois inséré le Bref, pour me conformer plus exactement par celte circonstance à la délibération de notre assemblée.

Enfin j'ai ajouté la dernière formalité qu'on pouvoit attendre de moi , savoir, l'enregistrement du Bref au greffe de notre officialité. Si on veut le vérifier , on le trouvera précisément en sa place.

Ainsi, monsieur , j'ose dire que jamais cbose de celte nature n'a été consommée avec plus d'exactitude et de bonne foi. Il ne me reste donc rien de réel à exécuter, pour satisfaire ni à la délibération de notre assemblée ni à la Déclaration du Roi. Mais je n'expose tout ceci que pour justifier la droiture de ma conduite : il suffit que Sa Majesté souhaite que je recommence , pour m'engager à recommencer. Je paierai sans peine une seconde fois la dette que j'avois payée d'abord {»ar avance de si bon cœur. J'envoie dès aujourd'hui à Cambrai les ordres nécessaires , afin qu'on publie dans toutes les églises, sans attendre mon retour, un Mandement ' où le Bref sera inséré en français, et afin que vous en puissiez recevoir au plus tôt deux exemplaires.

Pour M. l'évèquc d'Arras , tout ce qui le regarde m'est entièrement inconnu, et ne peut être mis sur mon compte.

Je suis, monsieur, etc.

' C.v s>'<^.iiil Mniidciiinut csl impriiiii' I. m des Œtitrtis, p. 419.

fi-?;elon. tomf x,

DCLXIII. (DCLXII.)

DU MlvME A M. HÉBERT ,

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