‹ Œuvres complètes de Fénelon, archeveque de Cambrai. Précédées de son histoire littéraire (volume 2)Chapitre 345 sur 422 · LU · texte numérisé non relu

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Dispositions de madame de Mainlenon k l'égard de Fénelon et du duc de Beauvilliers.

f/événement justifia la prévoyance du duc de Fiourçogne. Aussitôt que ce prince eut les yeux fermes, I^ouis XIV ordonna qu'on lui remit à luimême tous les papiers qui se trouvoient dans sa

1 Voytz Irs Piices jii.ilijicalivei de h\Tc sepliéinc ii. ii. Nous y rapporloiis coiiuiienl te inaiiuscril a Ole iuiju iiuc vers 4734.

cassette , et il en fit un examen curieux et inquiet. M. de Beauvilliers, instruit de cet ordre, s'adressa à madame de Maintenon pour réclamer ses écrits et ceux de l'archevêque de Cambrai ; madame de Maintenon lui répondit ' : « Pour vous mettre l'es- » prit en repos , j'ai tiré des copies de tous vos » écrits , et je vous renvoie tout , sans exception. » On vous auroit gardé le secret ,• mais il peut ar- » river des occasions qui découvrent tout; nous » venons d'en faire une triste expérience. Je vou- » lois vous renvoyer tout ce qui s'y est trouvé de » cous et de M. de Cambrai , mais le Bai a voulu » le brûler lui-même. Je vous avoue que j'y ai eu » un ijrand regret , car jamais on ne peut écrire )) rien de si beau et de si bon ; et si le prince que » nous pleurons a eu quelques défauts, ce n'est pas » jjour avoir reçu des conseils trop timides , ni » qu'on l'ait trop jlatté. On peut dire que ceux qui » vont droit ne sont jamais confus. »

C'est ainsi que madame de Maintenon rend enfin une justice tardive à Fénelon. Cet aveu est d'autant plus lemarquablc , qu'il vient d'une femme, autrefois son amie, devenue ensuite son ennemie ; et Ton sait assez que lorsqu'un de ces sentimens succède à l'autre . on s'irrite encore plus contre l'objet de sa prévention, pour se justifier à soi-même ses propres variations.

On voit que madame de Maintenon afiecte dans cette lettre une grande estime pour la franchise courageuse de Fénelon, et de grands regrets sur la perte des écrits que Louis XIV venoit de brûler. Il est difficile de juger jusqu'à quel point ces regrets furent sincères.

Fénelon avoit fait sentir au duc de Chevrense • combien il étoit à désirer que le duc de Beauvilliers se rapprochât de madame de Maintenon, pour dispose]' le Roi à adopter, de son vivant, toutes les mesures propi'es à prévenii' les malheiu's qui dévoient suivre sa mort. 11 ne se flattoit pas sans doute que madame de Maintenon ^ >( agit ni par » grâce, ni même avec une certaine foice de pru- » dence élevée , -mais il désiioit qu'on pût s'en » servir, comme Dieu se sert des plus foibles ins- » ti'umens , au moins poui' empêcher de certains » malheurs. »

11 exhortoit M. de Beauvilliers, à tâcher de lui persuader * « que ce n'étoit point en épargnant » chaque jour au Roi la vue de quelques détails )) épineux et affhgeans, qu'on tiavailleroit solidcw ment à le soulager et à le conserver; que lesépi- » nés renaitroient sur ses ])as à toutes les heuirs ; >• (ju'ii ne pouvoit se soulager qu'en s'exécutant » d'aboid à toute rigueur. »

Fénelon , bien convaincu de l'insurmontable piéventiou de madame de Maintenon contre lui, demiuidoit à .M. de l!cau\ iilii'is de le sacrifier luimême , i)our ne laisser aucun ondMage sur leurs lapporls d'estime , de confiance et d'opinions. 11 exigiMMt de lui (pi'il dédaiât nettement k madame de .Maintenon •'', » (|u'il lui pa'rloit sans intérêt, ni

1 15 lunis t7J-2. Cinri'spund. de l'ciietoii , I. vu , p. 3'G. Nuus avons ceUe répuiisc de la main de niadaiiic de Maintenon. Les premières lifjncssonlciracC'CS, mais elles se trouvent ri^tablies dans une copie que nous avons également de la main (lu duc de Chcvrcuse. — * Par sa lettre du 8 mars 1712. Ciirrcsp. df Fénelon, t. vu, p. 37.^. — ' Voyez, les (IF'iivres de Fénelon, t. vu, p. 191. — * Jbid. — » Ibid.

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