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François, duc de Saint-Âignan , i)ère du duc de Beauvilliers," se fit distinguer par son esprit , son goût et sa politesse. Il fut auprès de Louis XIV un protecteur éclairé des gens de lettres et de tous les hommes de mériie. 11 étoit né en octobre 1610, peu de mois après la mort de Henri IV; il eut d'un second mariage , à l'âge de soixante-quatorze ans , un fils connu également sous le nom du duc de Saint- Aignan, qui n'est mort qu'en 1776, sous le règne de Louis XVI , âgé de quatre-vingt-douze ans. Ainsi deux générations dans une même famille ont rempli un inteivalle de cent soixante-six ans.
Le duc de Saint-Aignan avoit eu de son premier mariage deux fils, outre le duc de Beauvilliers, qui n'étoit que' le troisième. L'ainé, connu sous le nom de comte de Séri, donnoit les plus grandes espérances, et mourut en 1666, à l'âge de vingt-six ans, sans avoir été marié. Le second, appelé le chevalier de Saint-Aignan, eut le malheur, en 106.3 , de se laisser engager dans le fameux duel des Lafrette contre le prince de'Chalais, le duc de Noirmoutier , messieurs d'Antin et de Flamarens. Ni la faveur du duc de Saint-Aignan, son père, ni la considération de son nom ne purent fiéchir Louis XIV. (>e prince , fidèle à ses sermens et à la ferme résolution de réprimitr la fureur des duels par une infiexihle sévérité, ne voulut faire aucun usage de son autorité pour soustraire les coupables à la
On trouve dans le Conaervfiteur, publié en 1800, tome II, page 379, un Portrait de Fétieloti, par d'Aguesseau. Ou le donne comme inédit; mais il étoit imprimé dès 1789, dans le tome XIII des Œuvres du chancelier d'Aguesseau , page 167.
Il coiivient pour l'honneur du chancelier d'Aguesseau, comme pour celui de Fénelon , de rectifier une faute essentielle de l'éditeur du Conservateur.
Cet éditeur a inséré . dans le portrait que le chancelier d'Aguesseau a laissé de Fénelon dans ses Mémoires, ce passagi,' remarquable :
« L'abbé de Fénelon , depuis archevêque de Cambrai , » étoit de ces honmics singuliers qui se font admirer plu- » tôt qu'estimer, qu'on désespère d'imiter, et auxquels on » seroit peut-être encore plus fâché de ressembler. Jamais » homme n'a mieux su réunir en lui des qualités contraires » et incompatibles dans tout autre ; simple et délié, ouvert I) et i)iofond , modeste et ambitieux , sensible et indiffé- » rent; capable de tout désirer., capable de tout mépriser; » toujours agité , toujours tranquille ; ne se mêlant de rien. » entrant dans tout; siilpicien , missionnaire même et cour- » tisan; propre à jouer les rôles éclatans, propre à vivre » dans l'obscurité; suffisant à tout , et se suffisant encore » plus k lui-même ; génie versatile , qui savoit prendre tous » les caraclèi'CS, sans jamais perdre le sien. »