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Articles arrêtés dans les conférences d'issy , et signés le 10 mars 1695, par M. BOSSUET, évêque de Meaur , M. de NO/tllXHS, évêque de Chùlons-sur- Marne , M. de FÉNELON , nommé à l'archevêché de Cambrai , et M. TRONSON, supérieur généra/ de Sai7it-Sulpice.
Tout chrétien en tout état, quoique non à tout moment, est obligé de conserver l'exercice de la foi, de l'espérance et de la charité , et d'en produire des actes , comme de trois vertus distinguées.
Tout chrétien est obligé d'avoir la foi explicite en Dieu tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, rémunérateur de ceux qui le cherchent, et en ses autres attributs également révélés; et à faire des actes de cette foi en tout état , quoique non à tout moment.
Tout chrétien est pareillement obligé à la foi explicite en Dieu Père, Fils, et Saint-Esprit, et à faire des actes de cette foi en tout état, quoique non à tout moment.
Tout chrétien est de même obligé à la foi explicite en Jésus-Christ Dieu et homme, comme médiateur, sans lequel on ne peut approcher de Dieu , et à faire des actes de cette foi en tout état, quoique non à tout moment.
Tout chrétien en tout état, quoique non à tout moment esi obligé de vouloir , désirer , et demander explicitement son salut éternel , comme chose que Dieu veut , et qu'il veut que nous voulions pour sa gloire.
Dieu veut que tout chrétien en tout état, quoique non à tout moment , lui demande expressément la rémission de ses péchés, la grâce de n'en plus commettre, la persévérance dans le bien, l'augmentation des vertus, et toute autre chose requise pour le salut éternel.
En tout état le chrétien a la concupiscence à combattre , (pioique non toujours également; ce qui l'oblige eu tout état, quoique non à tout moment, à demander force contre les tentations.
Toutes ces propositions sont de la foi catholique , expressément contenues dans le Symbole des a|tcHres, t-tdans l'Oraison dominicale , qui est la prière commune et journalière de tous les enfans de Dieu ; ou même expressément définies par l'Eglise, comme celle de la demande de la ré-,
PIECES JUSTIFICATIVES
mission des pédié? , et du don de persévérance , et relie du combat pe la convoitise, dans les conciles de Carthage , d'Orange et de Trente : ainsi les propositions contrair.es sont formellement hérétiques.
ses bienfaits, et pour autres fins semblable?, sont proposées pour exemples à tous les fidèles, même aux plus parfaits , et la doctrine qui les en éloigne , est erronée et approche de l'hérésie.
Il n'est pas permis à un chrétien d'être indifférent pour son salut, ni pour les choses qui y out rapport. La sainte indifférence chrétienne reparde les evénemens de cette vie (à la réserve du péché) et la dispensation des consolations ou sécheresses spirituelles.
Les actes mentionnés ci-dessus ne dérogent point à la plus grande perfection du christianisme , et ne cessent pas d'être parfaits pour être aperçus, pourvu qu'on en rende grâces a Dieu, et qu'on les rapporte à sa gloire.
Il n'est pas permis au chrétien d'attendre que Dieu lui inspire ces actes par voie et inspiration particulière ; et il n'a besoin pour s'y exciter que de la foi qui lui fait connoitre la volonté de Dieu signitiée et déclarée par ses commandemens , et dt'S exemples des saints , en supposant toujours le secours de la grâce excitante et prévenante. Les trois dernières propositions sont des suites manifestes des précédentes , et les contraires sont téméraires et erronées.
Par les actes d'obligation ci-dessus marqués , on ne doit pas entendre loujoursdes actes méthodiques et arrangés; encore moins des actes réduits en formule et sous certaines paroles, ou des actes inquiets et empressés-, mais des actes sincèrement formés dans le cœur , avec toute la sainte douceur et tranquillité qu'inspire l'esprit de Dieu.